‹ Gaspard de ColignyChapitre 190 sur 226 · Bibl. naU mss. fonds Colbert, V* vol. 24, f · texte numérisé non relu

Bibl. naU mss. fonds Colbert, V* vol. 24, f

» choisir et nommer afin d'esclaircir davantage ledit dernier y> mémoire, et leur satisfaire aussy quelques poincts qui estoient j> portez par un autre mémoire précédent, envoyé de leur part à 1 Sa dite Majesté, par le s' de Combault sur ce mesme faict; —

> Sa dite Majesté, après avoir ouy lesdits s" de Telligny et Com- » bault sur tout ce que dessus, et veu les lettres de mondit sieur

> le prince de Condé et l'instruction par escript par luy donnée » audit sieur de Telligny, a bien voulu faire entendre au sieur D prince de Condé et à ceulx de sa compagnie que, ne voulant

> rien obmectre pour l'entière réunion de ses sudjectz et paci-

> fication de son roïaulme, il est toujours très content de leur j) accorder et octroyer le contenu ausdicts derniers aiticles qu'il ^ a tousjours estimez assez amples et intelligibles, sans qu'il soit 3 besoing pour ce regard d'aucune assemblée de depputez. Et » toutesfoys sy sur iceulx il y a quelque doubte ou interprétais tion à faire dont ils désirent estre satisfaicts. Sa dicte Majesté, j^ commeen se^ présence elle a faict arrester ledict dernier mé- D moyre à eulx envoyés sera contente que les dessusdicts sieurs » nommez par ledit sieur prince ou autres telz qu'il vouldra D choisir, puissent présentement venir en toute liberté et seureté y> là part où sera Sa dicte Majesté, pour, en sa présence, estre y> esclairciz et faire l'interprétation nécessaire sur ledict méj> moire, ausquelz par Sa dicte Majecté sera donnée toute gra- » cieuse audience et seur accez et toute raisonnable satisfaction D et contentement. — Et pour l'effect que dessus sa dicte Ma- » jesté leur fera délivrer les saufs-conduictz nécessaires tant 2> pour l'aller que pour le séjour et retour aussitost que ledict j> s' prince luy fera entendre qu'il vouldra recevoir ce moyen, i> si mieulx il n'aime, pour éviter h toute longueur, prendre j> ledit sauf-conduit de monsieur le duc d'Anjou, son frère. •»

11 avait été convenu que pendant la durée « du voyage de » Téligny en cour », aucun acte d'hostilité ne serait commis de part ni d'autre. Le 21 décembre, Coligny qui, avecl'avant-

garde, était à Notre-dame-de-rEspîne, se plaignit d'une violalion de la convention au duc d'Anjou, en ces termes * :

« Monseigneur, le s' de Chirniervan, que vous despeschastes » hier devers monseigneur le prince de Condé, passa là où » j'estois, lequel medist de vostre part que vous entendiez, qu'en » attendant le retour de M. deTelligny auquel vous avez donné i> congé d'aller trouver le roy, vostre armée ne passast point » deçà la rivière de Marne, et qu'il ne se feist nul acte d'hosliy> lité. Touleffoys contre cela sont venuz quelques-ungs de vostre » armée, ceste nuict, donner à ung logis auquel il y avoit quel- » ques gens de cheval logez de ceste avant-garde: chose que je » ne puis penser, monseigneur, que vous entendiez. Et pourtant » vous suppliay-je très-humblement de m'en vouloir faire raison, » et vous pouvant asseurei^ que, quand il se fûst présenté toutes i> les plus belles occasions du monde, je n'eusse souffert que » l'on eûst rien entrepris contre la parolle qui m'avoit esté

> donnée de vostre part, comme j'ay donné chaîne à ce gentil- » homme, présent porteur, vous faire entendre, et lequel pour » tant je vous' supplieray très-humblement de vouloir escouler

> etcroyre. »

Le 23 décembre, Téligny quitta la cour, reçut du duc d'Anjou la réponse à Condé, que le roi avait communiquée au duc, et l'apporta au prince *,

Condé, Coligny et les autres chefs, acceptant cette réponse comme satisfaisante, décidèrent que le cardinal de Chaslillon, accompagné, non de Larochefoucault et de Bouchavanes, dont la présence à l'armée était jugée nécessaire, mais seulement de quelques gentilshommes, irait conférer avec le roi, ou ses représentants.

Le 25 décembre, le duc d'Anjou envoya, du camp de Vilr}-

Page 1