De Thou, hist. miv., t. IV, p
y> venir à un accommodement, il nie semble qu'il n'y a point de y> meilleur moyen dé raffermir, que de faire un traité qui cony> tienne, de part et d'autre, tous les sujets de Sa Majesté, en ï) leur rendant également justice, sans faire aucune distincUon D de religion; et que le roi, suivant les mouvemens de la bonté y> qui lui est naturelle, partage entre eux les dignités, les » honneurs, les grâces et les magistratures, en sorte qu'il oe y> paraisse faire que ce qu'il lui plaît, mais cependant avec y> raison, avec justice, et avec équité. y>
Odet ajouta que, poui^ faire évanouir les défiances, il fallait congédier toutes les troupes étrangères et toutes les nouvelles levées, puisque c'était la crainte seule des unes et des autres qui avait causé la seconde guerre et forcé les réformés à prendre les armes, attendu qu'ils n'avaient pas d'autre ressource, pour mettre à couvert leurs biens et leurs vies. « Voilà, dit-il * le » vrai et le seul moyen d'établir une paix solide. Qui que ce » soit, gentilhomme ou autre, ne sortira jamais de sa maison, » lorsqu'il croira que sa conscience, sa liberté, sa vie, sa for- » tune, sa charge et son emploi seront en assurance. Il est aisé » de prouver cette vérité par l'exemple d'une multitudeinnomy> brable de gens que ce seul motif fait, tous les jours, venir y> en foule auprès du prince de Condé, dont ils connaissent à » peine le nom, qui n'ont jamais reçu de lui aucun bienfait, et y> qui n'en espèrent aucun; très résolus à retourner chacun » chez soi, dès que le roi aura bien voulu les maintenir sans D crainte dans la paisible possession de ce qu'ik ne peuvent 2> s'assurer par les armes, qu'en risquant beaucoup. y>
Florimond Robertet, secrétaire d'État, ayant mis par écrit ce discours du cardinal, la reine mère promit à ce dernier d'en parler au roi, et s'en alla.
Le lendemain, Morvilliers vint trouver le cardinal de Châ-