Disc, polit, et milit,, p
]» de rempeschement : ce qui le fit envo]fef vers le dit seign^ir^ ^ hû mandant qa'il s'avançast diligemnsient pour le soust^r, et » qu'il y avoit apparence de venir aux armes. Or, tous ne voulant
> perdre un si bon morceau qu'estoit celui-là, demandoîent non ]» seulement à trotter, mais à courir : et ce qui fut dit fut aussi- ^ tost fait. Car à six lieues de là l'esbranlement commença, ;> ayant M. le prince alors tant en maistres qu'en valets environ 3> deux mille chevaux : et s'estant lui-mesme mis à la teste, et
> pris le grand galop, tout ce corps fit le semblable, jusques à
> ce qu'on fut à la porte, Innumérables gens se trouvaient par
> les chemins, tant estrangers qu'autres, qui alloient à Paris,.
> qui voyans le mystère de ceste course, sans que nul leur de- » mandast aucune chose, la plus part jugeoit du commencement
> que c'estoyent tout les fols de France qui s'estoyent assemblez^
> ou que ce fust quelque gageure : car il n'estoit encores nou- » velle de guerre. Mais après y avoir davantage pensé, et consi-
> déré le ndmbre et la noblesse qui là esioit^ ils entrèrent en
> admiration, mais en telle sorte qu'ils ne se pouvbient garder j> de rire d'un mouvement si impétueux, qui n'abattoit pas les » arbres, comme les vents de Languedoc, mais qui plus tost y> s'àbattoit soy mesmes. Car par le chemin on voyait ordinairey> ment valets portez par terre, chevaux, esboitez et recreus, malles y> renversées : ce qui causoit mesme à ceux qui couroient des 3) risées continuelles. i>
Condé et sa troupe n'étaient plus qu'à une lieue d'Orléans,^ lorsqu'ils apprirent que d'Andelot venait, « sans aucune playe donnée ni reçeue *, y> de s'emparer de cette grande cité, qui devait à laspécialité de ses conditions topographiques d'être considérée,
1. Bèze, Hist. eccL, t. H, p. 9. — c Bidaô maximis itineribus Aareliam Veni- » mus adeo tempestivè et nuUo negotio, et dira certamen^ nondùm videlicet > ingresso hostium praesidio, simas ingressi. » Beza Galvino (op. Calvini, t. XIX, p. 383, no 3769. — Beza ad Turicenses et Bernâtes, 12 avril 1562 ap. Baum, app., p. 178).
après la capitale^ comme la place la plus importante de France.
€ Lors, rapporte Th. de Bèze S comme le prince reprenoit ha-
» leine, les mieux montés piquèrent deyanl, et luj avec l'amiral et
> grand nombre de seigneurs et g^tik hommes et autres arriva 1 finalement en la ville, environ les onze heures du matin, sans 1 trouver aucune résistance, passant par les rues pleines de
> ceux de la religion réformée chantant des psaumes à pleine voix, 1 de sorte que toute la ville en retentissait. Etant descendu près
> l'Ëstappe en la maison' appellée la grande maison, Monterud
> luy venant au-devant faire la révérence ', luy demanda quant » et quant congé de se retirer : à quoy luy fut respondu par le
> prince qu'il n'estoit aucunement venu pour le troubler en son
> gouvernement, ains pour bonnes et justes raisons concernantes 1 le service du roy duquel, dit-il, vous n'ignorés que je n'aye cest
> honneur de luy estre serviteur et parent : et s'offroit mesmes de 1 leÉavoriser en son gouvernement s'il en avoit besoin. Ce néant-
> moins Monterud dès lors partit de la ville bien fasché, s'excu- 1 sanl sur ce que là où il y a un prince du sang il n'estoit rai- "> sonoable qu'un simple gentil homme commandast. Peu après
> arrivèrent* les sieurs de la justice et de la ville pour luy dire 1 qu'il estoit le très bien venu, et cependant le supplier d'avoir
> esgard h la tranquillité et seureté d'i celle sous l'obéissance de
> sa majesté, et de ne trouver mauvais si, à l'instant, ils adver-
> tissoient sa msgesté de l'arrivée du dit seigneur prince et de
> ce qui estoit advenu. La response du prince fut qu'ils se » pouvoient asseurer que le seul service de Dieu et du roy l'avoit
> amené là, tant s'en falloit qu'il y (ïlst venu pour aucune mau-
> vaise fin, ni pour endonunager aucun, ni pour esmou voir aucun » trouble en ce royaume : les priant aussi d'empescher de leur