CHAPITRE IV
L*année catholique et celle des réformés s'avancent à la rencontre Tune de Tantre.
— Conférence de Tkoury. £Ue échoue. — Conférence de Talsy, également saivie dUnsuccès. — Des négociations, on passe à Faction. -' Camisade. — Reprise de Beaugency. — Envoi de Soubize, de Larochefoucauld et d'autres chefs réformés dans les provinces. — Missions de Briquemault en Angleterre et de d'Ândelot en Allemagne. — Orléans est décimé par la peste. Héroïque dévouement de madame Tamirale, de la princesse de Condé et de plusieurs autres femmes en présence des ravages exercés par le fléau. — Mort du fils aîné de Coligny, à Orléans. — Lettre de Tamiral à sa femme. — Arrêt du parlement de Paris contre les réformés. Protestation de Condé. — Arrivée et séjour de la comtesse de Roye à Strasbourg.
— Démarches de d*Andelot en Allemagne pour y lever des troupes. — Siège de Bourges. -^ Goligny «tlaqqe avec succès, prèc de Châte|iudun, un fort convoi de l'ennemi. -— Reddition de Bourges. — L'armée catholique se dispose à assiéger Rouen.
Le 4" juin 4562, Antoine de Bourbon prit, en sa qualité de lieutenant-général du royaume, le commandement de Tarmée catholique, et, accompagné des triumvirs, il se dirigea vers Montlhéry, où la reine mère ne tarda pas à le rejoindre.
Condé sortit alors d'Orléans à la tête de ses troupes, i
Tandis que les deux armées s'avançaient à la rencontre l'une de l'autre, Catherine fit proposer à Condé une conférence avec elle et le roi de Navarre.
Coligny, conseillant au prince de ne point accéder à la proposition insista sur l'avantage qu'il y aurait pour lui à attaquer immédiatement, avec des troupes telles que les siennes, parfaitement disciplinées * , aguerries et pleines d'ardeur, l'armée
4 \oy. Appendice, n» 17,
eonemie, numériquement plus forte, sans doute, mais moins bien organisée, moins solide, et ne pouvant pas encore utiliser les renforts considérables qu'elle attendait des pays étrangers.
Gondé ne suivit pas le sage conseil de son oncle. Accordant une aveugle confiance à des intentions conciliantes et à un bon vouloir dont il supposait que son frère et Catherine étaient animés, il se rendit à Thoury, localité de la Beauce désignée pour la conférence i .
Là, « il s'arresta sur deux points : le premier, que le duc
> de Guise, le connestable et le maréchal de Saint-André, qui,
> de leur authorité privée, avoyent pris les armes, troublé le 1 repos public et enfreint les édicts du roy, se retirassent en
> leurs maisons, offrant, de sa part, faire le semblable ; le se-
> cond, que l'édict de janvier, mis en avant sur le faict de la
> religion, fûst gardé inviolablement* i>. La ténacité avec laquelle Gatherine et Antoine de Bourbon couvrirent de leur approbation sans réserve les actes des triumvirs et s'opposèrent au maintien de l'édit de janvier, rendit toute entente impossible.
Soubize, qui n'attendait rien de bon de la conférence, dit àd'Andelot : « Eh bien, monsieur, qu'êtes-vous résolu de faire?
> De ma part, répondit le sieur d'Andelot, je suis résolu de
> combattre, quand je n'aurais que mes troupes. Oh ! que je
> suys ayse, lui dit le sieur de Soubize, en l'embrassant, de
> vous voir en ceste résolution? Je vivray.et mourray avecques
> vous, et vous prie, quand il n'y auroit que nous deux, que ï nous persistions en ceste volonté ^. >
1. Voy., sur la conférence de Thoury, de Lanoue, Disc, polit, et milit,^ p. 664 à 666 ; — de Bèze, Hist. eccl., t. II, p. 76-77 ; — Calend. of State pap> A>ret^:9jiiinl562,Throckmortontothequeen; U juin 1562, id. to. Challoner ; 24 juin 1562, id. to the queen; — de Lafemére, le xvP siècle et les Valois, p. 68,70.
1 DeBèie» HûU eecL, t. H, p. 77.