‹ Gaspard de ColignyChapitre 48 sur 226 · De Bèze, hisL, eccLy t. II, p · texte numérisé non relu

De Bèze, hisL, eccLy t. II, p

3) dont ceuk de Genefve veullent estre respondans; car si je les » pouvois avoyr dedans le vingtièsme de l'autre moys, vers la y> frontière de Lorraine, où jedoys faire une monstre, ce me seroit » asseurance d'avoir de quoy payer tous mes gens, de quoy je D crains de demeurer ung peu court, pour en avoir plus levé 3> que je n'en avois proposé au commencement, et si je me trouj> voys argent de reste, je croy qu'il se trouvera au lieu de la i> dite monstre, plus de mil hommes de guerre, soyt de pied y> ou de cheval, et selon que je verroys le mérite et esquipage y> des personnes,je y employeroys de l'argent. J'espère me trouver 3> le 9 ou 10 de l'autre moys à Francfort *. Je vous prie que en 3) ce temps, je puisse entendre de bonnes nouvelles, etc., etc. De s> Cassel, ce 27' d'aoust i562, vostre bien bon amy, Andelot. »

Le lendemain du jour où cette lettre était adressée à Calvin, d' Andelot écrivait à l'avoyer et au conseil de Berne* :

> Messieurs, pour ce qu'ayant (ousjours faict paroistre de i> vostre part du bon zelle et singulière affection que vous portez i> au bien des affaires dé la France et encores en ce temps-cy à » la liberté du roy et de la royne sa mère et maintenement delà y> religion qu'on s'efforce par tous moyens d'y esteindre, vous ]> pouvriez avec bonne occasion entrer en quelque mesconten- ^ tement de moy de ne vous avoyr jusques icy aucune chose 3> départy du faict de ma négotiation pardeçà pour le secours de » monseigneur le prince de Condé armé contre les perturbai> teurs de Testât du dict royaume, comme il vous est assez y> cogneu ; à ceste cause, pour vous lever tous les scrupules i> qu'en auriez pu concevoir, je n'ay voulu faillir de vous en 3> escripre la présente, par laquelle vous entendrez premiè-

1. De Bèze, hist., eccl., t. ]I, p. 136 : Andelot fut surpris d'une fièvre qui

> l'arresta tout court.... Les deniers furent conduits près de Worms, la place

> monstre (revue) fut arrestée à Baccarat, terre de Févesché de Metz, au pre-

> mier d'octobre. >

2. Lettre du 28 août 1562. Archives de Berne. Frankreich, vol. 2 ann. 1551 bis 1569.

> remenl Toccasion d'une telle longueur de vous escripre, 3 qui a esté pour beaucoup de difficultez survenues au faict

> de ma dicte négotiation, devant que d'en venir à une résolu-

> tioti à laquelle je remectois tousjours à vous en mander :

> et puysque, grâce à Dieu, ayant démonstré par plusieurs

> grandes apparences qu'il veut prendre la protection des

> siens, j'ay trouvé tous les princes et seigneurs de ce pays à 3 qui je me suis adressé, si fort affectionnez à la tuition et dé- 3 fense de nostre cause, que par leur moyen, faveur et*bon

> ayde, j'ai déjà distribué l'argent de la levée de trois mil cinq 1 cens chevaulx et quatre mil hommes de pié, lesquelz gens 3 de pié je mène plus tost pour l'escorte et seureté passaige 3 de ceulx de cheval, tant par la Lorraine que la France jus- 3 ques au lieu où est mondit seigneur le prince, que pour 3 autre occasion, m'ayant tousjours le dit seigneur escript 3 avoir de si bonnes trouppes de gens de pié assemblées en 3 tous les endroictz de la France, que avecques deux mil che- 3 vauk davantaige qu'il n'a, il se sent assez fort pour com- 3 battre ses ennemys. En quoy Dieu monstre de plus en plus 3 combien il nous veult favoriser, avec laquelle trouppe tant 3 de cheval que de pié qui commence déjà à marcher, j'espère 3 d'approcher bientost de la dite Lorraine, n'ayant tenu que à 3 moy que je ne la mène plus grande, s'estant présentez gens 3 de tous endroictz. Sur quoy vous laissant à considérer, mes- 3 sieurs, les frais que nous supportons il y a desjà longtemps,

> à l'occasion de ceste guerre, et qui nous seront encore plus

> grans à l'avenir, je vous supplie bien affectionnément, con-

> linuans en vostre bonne et accoustumée affection en l'en-

> droict de la France et regardant en pitié avec la captivité de 3 son jeune roi et prince naturel et de la royne sa mère les

> effectz plains d'exécrables et barbares cruautez qui se font ^ contre leurs volontez, ainsi qu'ils le sçauront hardiment dire

> quand il aura pieu à Dieu les délivrer, pour ruyner et ren-

y> verser du tout la religion de laquelle vous faictes profession » comme nous qui nous en soinmes rendus deffenseiirs,de nous

> vouloir, ayder et secourir pour mieulx soustenir ceste 3> tant juste querelle, selon les bons moyens que vous en avez î> de quelque bonne somme de deniers pour subvenir à 10 l'advénir à l'entretenement des gens de guerre que je ]) mène de ce dit pays, qui font une partie de nos forces » à l'occasion du grand nombre de cavallerie , qu'il y a, )> refusant par mesme moyen à nos ennemys et les vostres y> Tayde et faveur que je suys adverty que couvertement y> ilz recherchent de vous, tant d'argent que d'armes, ainsi" » qu'il vous sera plus amplement proposé par le docteur Hoi> toman *, selon la charge qui luy en a esté donnée. Oullre y> cela, messieurs, M. de Soubize avant de se joindre àmondit s> seigneur le prince de Condé ou ailleurs, selon qu'il luy sera » ordonné, avec les Suysses de vos cantons- et autres gens de D guerre françoys, tant de cheval que de pié, qu'il pourra as- 3) sembler des environs de Lyon, je vous supplieraytrèsinstami> ment encore d'une chose, qui est de vouloir renforcer sa » troupe de cent chevaulx de vostre ville, qui nous sera ung i> bon renfort et bien à propos, s'approchant la saison de nous 3> évertuer jusques au bout à sortir des peines et misères dont

1 . Voir une lettre de Hotmân à ravoyer et au conseil de Berne, du 30 août 1562 (Archives de Berne, Frankreicli vol. 2 ann. 1551 bis 1569.

2. Voir, sur les troupes suisses venues dans le Lyonnais, les lettres : 1° de l'avoyer et du conseil de Berne, aux syndic et conseil de Genève, du 8 juillet 1562 (archives de la ville de Genève, n® 1 716); 2*» du colonel Nicolas de Diesbach aux mêmes, du 8 juillet id. ibid, n*» 1 716) ; 3° de Soubize à Tavoyer et au conseil de Berne, du 3 août 1562 (archiv. de Berne, Frankreich, vol. 2 ann. 1551 bis 1569) : c Je suys, y dit de Soubize, empesché avec vos gens pour ce que

> jusques icy ils se sont rendus difficiles et insoumis... Mais d'autant que les » Valesans et ceulx de Neufchastel ont esté prests à marcher et faire leur

> debvoir, il a semblé que les vostres reculassent. Cependant il s'est perdu

> de telles occasions, lesquelles Dieu veuille qu'on puisse recouvrer... Je vous

> prie donc bien affectueusement mander à vos gens qu'ils se rendent plus

> trailables, etc., etc. >

» VOUS veoiez la pauvre France emplie, qui nous presse d'imï plorer Tayde de tous endroiclz, comme nous faisons icy le ï vostre à ung si grand besoing, que pouvez assez juger, Tcn- » tretenement desquels cent chevaulx vous viendra à peu de

> despense, et en ce faisant vous ferez ung service très agré-

> able à Dieu et obligerez infinis, pauvres fidèles de la France

> cruellement tourmentez à vous ayder et secourir en autre

> endroict, ayans affaire de leyr faveur, dont le seigneur par

> sa bonté infinie vous veuille préserver, faisant prospérer voz j affaires, etc.' Cassel, le 28° jour d'août 1562. Vostre bien bon

> et affectionné amy,ANDEL0T*. »

Non moins énergique à Orléans que d'Andelot en Allemagne, Coligny, voyant Bourges assiégé, cherchait à inquiéter rarmée ennemie réunie sous les murs de cette dernière ville et à lui couper les ressources en vivres et en munitions qu'elle attendait. Le 1" septembre, à la tête de sa cavalerie, il attaqua àl'improviste, non loin de Châteaudun, un fort convoi qu'escortaient quatre compagnies de gendarmes et plusieurs enseignes d'infanterie. Il tailla en pièces une partie de l'escorte, mit l'autre en fuite et détruisit la grande quantité de poudre et d'approvisionnements dont il venait de s'emparer.

« Ce jour donna occasion de grande joye à ceux d'Orléans, i> espérant que la délivrance de Bourges s'en ensuivroit. Mais

> les nouvelles arrivèrent tantost que, ce mesme jour, Bourges

> avoit esté rendu par composition, tellement que les larmes » suivirent le ris de bien près *. y>

Il y avait lieu, en effet, de se lamenter, car d'Ivoy, chargé de défendre Bourges jusqu'à la dernière .extrémité, avait sans justes

1. On peut apprécier d'après les fragments ci-dessus, reproduits de la correspondance de d'Andelot avec Calvin et le gouvernement bernois, Tintérêt qu'eût présenté celle qu'il entretenait, à cette même époque, avec l'amiral et Condé, s'il eût été possible d'en réunir les éléments; mais ils ont jusqu'à présent échappé à nos recherches.

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