‹ Gaspard de ColignyChapitre 64 sur 226 · Édit. Le Lab. t. IV, p · texte numérisé non relu

Édit. Le Lab. t. IV, p

}) sonne affligée n'ayme guières ceste veue ni visilation. — î J'euz pourtant crédit de le voir assis près d'un feu, faisant D démonstration grande de sa douleur et d'une appréhension y> grande. On luy porta à soupper, et souppa; puis, tout le i> monde retiré, et M. de Guyze se voulant coucher, il donna » congé à un chascun, non sans avoir demeuré longtemps ^ assis près du feu, h causer de la bataille parmi nous, où cha- :» cun y estoit reçèu pour son escot et son dire. — Luy et mon- > sieur le prince couchèrent ensemble, et l'endemain nous alj> lasmes à son lever. Il se mit à escrire au roy et à la royne le D plus brièvement qu'il put, et sortit voir le champ de bataille, y> non trop loin pourtant, car il disna et y alla après à bon es- » cient. — Cependant le prince se leva, qui estoit encore au D lit quand nous estions en sa chambre, les rideaux tout tirez » au dedans. S'il fust esté pressé de se lever, il fust esté bien » estonné,cedisoit-on. Puis, quand fallut desloger, M. de Guyze y> le redonna à M. Damville à le tenir en bonne garde, et pour y> faire l'eschange de luy et de M. le connestable, ainsi que le ^ porte le droit de la guerre. »

Le lendemain de la bataille, on conduisit Louis de Bourbon, du campement du duc de Guise à Dreux, où il fut incarcéré et soumis à une stricte surveillance. Ainsi le voulait Catherine de Médicis, qui, sous le nom du roi, se chargea, dès le surlendemain, 21 décembre, de fixer les attributions de Damville, par une commission en forme de lettres-patentes * . A cette commission se rattachait un règlement signé par Charles IX et par sa mère* .

La journée du 21 s'était passée sans qu'Eléonore de Roye eût encore appris quoi que ce fût de précis, au sujet du prince. Le 22, lui parvint un message que son oncle, l'amiral, s'était empressé de lui expédier, la veille. Se trouvant à Auneau, il

i. Bibl. nat. mss. f. fr. vol. 3 194, M. — Mcm. de Condé, t. IV, p. 181. 2. Bibl, nat. mss. f. fr. vol. 3 194, f» 2. — Mém. de Condé, t. IV, p. 18^. II. 12

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axait reçu quelques informations coacenaanl Coudé : ce iîat de œ village qu'il les transmit aussitôt à sa nièce dans une lettre empreinte d'afifedion. Il la consolait c sur la captivité d^icelu; 3 prince, avec déclaration de la bonne et entière volonté de :» Tannée encores assez roide et forte pour le délivrer et pour ) venir à bout du reste des ennemis; à laquelle lettre les mi- » nistres du camp adjoustèrent les leurs qui servirent grande- 1 ment à fortifier, cette bonne et vertueuse princesse ^ . »

De ce même village d'Anneau, Coligny écrivît à Warwick, le 21 décembre, * et, le 22, il adressa, à la reine d'Angleterre, vers laquelle il députait Briquemault, la lettre suivante ^ :

c Madame, sinon qu'il nous lault recevoir patiemment tout 1 ce qu'il playt à Dieu nous envoyer, et nous conformer, en 1 toute chose, à sa saincte volonté, je désirerais bien d'avoir 1 ung meilleur subject pourescrire à vostre majesté, que celuy » qui se présente, qui est que le xix* de ce moys, M. le prince » de Gondé, désirant mettre une fin aux troubles et désolations

> qui sont en ce royaulme, approcha de si près nos ennemis que,

> sans regarder à l'advantage du lieu et au nombre de gens de i> pied et d'artillerie qu'ils avoient, il leiur donna la bataille en

> laquelle Dieu a permis qu'il ayt esté pris; mais ce a esté avec }» si grande perte et ruyne de leur cavallerie, que la plus » grande part de leurs chefs et principaux capitaines ont esté

> prins, tuez etblessez, et la nostre, qui est demeurée entière et

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