Castelnau, Mém, in-f^, t. I, p
point, est plus explicite que Castelnau. « La reine-mère, dit-il, » après la mort duc de Guise, qu'elle regarda comme un bonï> heur, n'omit rien pour conclure la paix. Pour cet effet, elle ]p eut h Saint-Mesmin un entretien avec Éléonore de Roye, prin- » cesse de Condé; elle l'embrassa tendrement et lui donna de )i> très grandes marques de bienveillance et d'affection. On croit )i> même qu'elle lui fit espérer que le prince aurait auprès du roi, » et par conséquent dans tout le royaume, le même rang que le > roi de Navarre, son frère, avait eu * . »
Éléonore de Roye connaissait trop bien Catherine de Médicis pour se laisser prendre à ses démonstrations affectueuses et à ses promesses en faveur de Condé. Touchée des unes et des autres dans une certaine mesure, elle sut, avec son tact habituel, les réduire à leur juste valeur. Sans doute, elle crut à la sincérité du désir qu'exprima la reine mère de conclure la paix, parce qu'elle l'y savait intéressée, au point de vue de la çonsof lidation de son pouvoir ; sans doute aussi, elle aspirait ardemment, pour sa part, à la réalisation d'un traité de paix qui rendrait Louis de Bourbon à la liberté, et peut-être même le * porterait à la lieutenance générale du royaume ; mais à titre de fervente chrétienne, dévouée de cœur à la cause de la liberté religieuse, Éléonore était incapable de condescendre à un pacte qui sacrifiât ou seulement restreignit celte sainte liberté. Dès lors, fermement attachée à l'édit de janvier, pour le maintien duquel son mari avait pris les armes, elle n'avait pas pu, dans son entretien avec Catherine, laisser croire à celle-ci que le prince achetât jamais la paix, sa liberté personnelle et les prérogatives promises, au prix d'une mutilation quelconque de cet édit. La seule paix acceptable, aux yeux d'Éléonore, était, ainsi qu'elle l'avait déclaré dans sa correspondance avec Catherine, une paix qui fût à la gloire de Dieuy de telle sorte que par tous