De Bèze, Eût. eccL, t. II, p
» mesmes, y exposent leurs vies tous les premiers, et puis -p tous leurs biens, de sorte que nul d'entre eux ne se peut
> vanter d'un pouce de terre. Cependant courant avec eux en » un mesme danger, vous vous devés fortifier comme eux en » l'équité de la cause et en l'espoir du secours céleste, lequel y> enfin nous appert si manifestement, que nous ne saurions D nier les miracles évidens de Dieu qui, de jour en jour se font, i> h l'honneur et avancement de son Église, et à la ruine et con- 7> fusion de ses ennemis. Les principaux chefs des adversaires » sont morts miraculeusement la pluspart, les autres nos pri-
> sonniers, les autres malades et en désespoir de leur santé. La » meilleure part de Normandie et la plus forte est nouvellement ï> réduite, et le reste est en chemin de pareil espoir. Bref, la )) faveur de Dieu envers nous est pour le jourd'huy si apparente » par la continuelle prospérité de nos affaires, qu'outre l'espoir » que nous avons de l'autre vie, nous pouvons certainement et y> en bref attendre plus que suffisante récompense en ce monde, D- mesmement de si peu de biens qui sont par nous dispensés, i> quittés ou perdus en la suite de sa juste cause.
» Pourquoi, que chacun s'efforce plus que jamais, comme 3> desjà approchant du bout de la course; ceux qui ont bien fait y> continuans de bien en mieux, et ceux qui se sont portés froide- 3> ment se reschauffans, de sorte qu'une mesme ville ne soit plus 3> qu'un mesme corps; et si quelques membres s'en sont aucune- :& ment séparés, se réunissent pour leur propre conservation. En y> quoi faisant ne vous faudra jamais l'ayde et secours que je vous y> pourray faire, comme je me suis par cy-devant tousjours raonsy> tré principal appuy et vray protecteur de vostre ville. »
Coligny venait d'apprendre la mort du duc de Guise, mais « il ne savoit encore ni qui avait fait ce coup, ni comment il » avoit esté fait* d.
i. De Bèze, Hist. eccL, t. H, p, 290.
c Quelques jours plus tard fut apportée la déposition de
> Poltrot par un gentilhomme allemand, prisonnier à la jour- » née de Dreux, relasché par le sieur de La Valette, pour faire
> ce message , accompagné de grandes menaces. L'amiral » doneques ayant reçu ceste déposition, laquelle, au commenî cernent, il pensoit estre entièrement contrefaite, assembla
> avec le mareschal de Hessen tous les principaux seigneurs et
> gentilshommes de sa suite, le i2' du mois (de mars), devant
> lesquels il déclara son innocence, advouant toutesfois ce qu'il » y avoit de vray en la déposition, et voulut que, suivant ce » qu'il en avoit dit, sa response sur chacun poinct d'icelle fust î couchée par escrit, voire mesme imprimée, signée de Chas- » tillon et de Larochefoucauld; après lesquels fut aussy octroyé -h à Théodore de Bèze d'insérer sa response sur ce qui le con- » cemoit* . >
Les passages suivants de la déclaration de l'amiral donneront la mesure de la précision et de la fermeté de ses réponses,* dans leur ensemble.
€ Ledit seigneur admirai respond en vérité, devant Dieu et
> les hommes, que le susdit propos (sur la prétendue excitation
> à l'assassinat) est faussement et malheureusement controuvé,
> Et d'abondant, afin que tout le monde sache comme il s'est
> porté envers ledit seigneur de Guise, il déclare franchement ï> que devant ces derniers tumultes, il en a sçeu qui estoient
> délibérez de tuer ledit seigneur de Guise, pour le mescon- » lentement qu'ils en avoient : mais tant s'en faut qu'il les y » ait induits ni approuvés, qu'au contraire il les en a desmeus » et destournés, comme peut mesmes sçavoir madame de
> Guise, laquelle il en a suffisamment advertie en temps et ^ lieu. Vray est que depuis le faict de Vassy, après les armes
> prises pour maintenir l'authorité des édicts du roy et dé-