MINA, GASPARD, FRÉDÉRIC
Gaspard sort de la maison : ce n'est plus le Gaspard de l'acte precedent : un costume simple , mais gracieux, a remplace Us lambeaux de vêtement qui le couvraient, son regard est plus calme, sa voix pins assurée et plus douce, il y a encore de la naïveté sur tous ses traits et dans son accent, mais plus d'idiotisme.
GASPARD
Mina I Frédéric t ( Allant à eu». ) 11 y a bien long-temps que vous m’avez quitté... (il leur prend le» main» ) c’est quanl je suis ainsi entre vous deux... c’est quand je tiens vos deux mains dans les mienues que jo suis heureux... quand l'un de vous me quitte , c'est 1a moitié de mon bonheur qui s’en va ., vous m’avez dit que c’était Dieu qui nous donnait la vie... est-ce que je vivais dans cette nuit horrible d’où vous m’avez tirée?... La vie... mais c’est voir, sentir, entendre... et c’est par vous que je vois, que je sens, que j’entends... la vie, c’est le beau ciel, qui m’inonde do sa lumière, c’est cet air pur qui rafraîchit mon front, la vie enfin, c’est la liberté... et c’est vous qui m’avez donné tout cela... Qu’avait donc fait pour Gaspard ce Dieu que vous voulez qu’il adore.. ? Mina, Frédéric, mon Dieu, ma religion, ma croyance, c’est vous ..
MIMA
Tout ce qui s’est fait, Gaspard , s’est accompli par la volonté de ce Dieu dont vous doutez, de ce Dieu que je prie tous les jours pour vous... et ce soir ma prière sera plus fervente encore, car uc nouveau danger vous menace.
caspard, qui n’a pas compris , s'éloigne de Mina pour aller regarder des fleurs qui sont devant la maison du pasteur.
Regarde donc, Mina, comme tes fleurs sont belles...
Il n’écouta pat la fia do la scène.
FRÉDÉRIC
Il no vous a pas compris, Mina... mais ce danger, moi, jo cours le prévenir...
11 sort.
MAGASIN THEATRAL
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