LA BARONNE , GASPARD
caspard, entrant pAle et dans le plus grand désordre.
Mina!... Frédéric!... snuvcz-moi , sauvoz-moi !
C’est luil dans quel état... Gaspard, mon ami, qu’avez-vous ?
caspard, s’éloignant de la baronne.
I Où suis-je? qui êtes-vous? Ahl je vous recon- | nais, madame... Vous m’appelez votre ami... et i c’est vous... vous qui m’avez conduit ici... c’est vous qui m’avez dit : Aie confiance en mon père... suis-lc... Votre père... mais... c’est lui qui a tué Schwartz 1 El ce château est à votre père... n’estce pas ?
la baronne.
FRÉDÉRIC
Oui, madame, je le connais; et ce n’est pas
assez pour lui d’avoir torturé pendant dix-huit ans
sa victime, ce n’est pas assez de la mort de Schwartz, quand un seul ami, un seul protecteur reste encore au pauvre Gaspard, il l’éloigne, car il lui faut sa proie seule et sans défense : car il craint que son bras tremble et ne faiblisse, s’il rencontre deux cœurs A frapper au lieu j
d’un. !
la baronne.
Mais, quel est donc cet homme ?
Frédéric, hésitant.
Cet homme... c’est...
Sans doute.
GASPARD
Tout est à lui... tout, jusqu’aux souterrains où l’air manque, où la vie s’éteint. Veut-on m’y faire descendre encore? Oh I madame, obtenez plu lé t qu’on me lue... qu’on me lue d’un seul coup, comme Schwartz...
LA BARONNE
Mais qu’avez-vous donc vu ?
Gaspard , la regardant.
Oh ! je me trompais... vous n’avez pas de haine pour Gaspard... vous ne le trompez pas... il peut tout vous dire, comme à Mina, comme à Frédéric... C’est étrange... quand je suis près de vous, j’ose à peine vous parler... et pourtant je sens là que je vous aime , comme j’aime Frédéric et