‹ Gaspardo le pêcheur: drame en quatre actes et cinq tableaux, précédé d'un prologueChapitre 12 sur 42 · SCENE M · texte numérisé non relu

SCENE M

Les Précédens, LE PROCURATEUR CONTARINI, BLANCHE DE VISCON- TI, LE FRANCISCAIN RAPHAËL.

CONTARINI, entrant par le fond (Wec Blari" che. A peiue arrivée, comtesse, vous vous occupez déjà de votre prompt départ?

BLANCHE. Comte , j'ai cédé à vos désirs et aux instantes prières de votre favori Riccardo, en quittant ma solitude au bord du lac, ma madone et mon prie-Dieu, pour venir à cettefète.. Il estjuste qu'à votre tour vous cédiez aux miennes, en me permettant d'aller retrouver bientôt ce que je n'ai quitté qu'à regret.

CONTARINI. Je cède, madame... mais je m'étonne souvent, je l'avouerai, que vous, la fille du duc de Milan, et la femme du procurateur de Saint- Pierre, soyez si rare au palais Contarini. (^Aperccoanl Brahant'io.) Ah! vousvoilà, 'Qv?(h'à\\\\o\ [Brabantio s' incline. A Michielli. ) Et que veut Michielli?

MICHIELLI. Seigneur, combien d'arqué busiers prendront les armes pour saluer, leur arrivée, le connétable et le commandant Francesco Sforce?

CONTARINI. Deux compagnies.

MICHIELLI. Autant que pour le duc de Milan?

CONTARINI. Nous donnons une fête cette nuit à cause de la victoire remportée sur le comte de Carmagnola... Le commandant Francesco commandait notre armée... le peuple attribue à l'habiletéduclief un succès qui n'e^t dû qu'à la bravoure de nos soldats... et nous voulons, ce soir, mentir avec le peuple, et recevoir les Sforce avec une magnificence triomphale.

MICHIELLI. C'est bien, monseigneur.

CONTARINI. Maintenant va dire à Gaspardo, le patron de mes gondoliers, que je l'attends ici... allez. [Michielli et Brahan^ iio sortent ; à Blanche.) Vous le voyez, comtesse... je vais donner des ordres pour votre départ.

BLANCHE. Je vous en remercie.

GASPARDO, entrant. Vous m'avez fait appeler, monseigneur ?.. .

CONTARINI. La comtesse retournera cette nuit même à notre villa; qu'à minuit ses rameurs soient prêts , que sa gondole soit sous cette fenêtre.

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MAGASIN THEATRAL

GASPARDO. Esl-ce tout, monseigneur?

CONTARINI. C'est tout... {Gaspardo soH ; après avoir regarde par la Jejiêtrc.) Je vois déjà sur le canal Tesineïlo des gondoles de nobles et de sénateurs qui se rendent à notre bal... A voir ainsi les canaux se couvrir de gondoles illuminées, qui semblent se poursuivre, on se croirait au sein de Venise la belle. . . mais déjà les gondoles s'arrêtent à l'entrée du palais... et, pour en faire les honneurs... je vous devance, madame... en vous attendant bientôt.

(Il lui embrasse la main, et sort.)

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