FRANCESCO, GASPARDO
GASPARDO , entrant par laporle de droite. Les nombreux invités sortent déjà du palais. . . le bal s'achève. . . Raphaël et Piétro ne vont pas tardera venir ; en les attendant ( regardant dans le h al ) , si j e pouvais entrevoir le commandant.
(Il s'arrête près des portes du fond et semble chercher des yeux.)
FRANCESCO , sortant de sa rêverie. Mais, en revanche... Dieu m'a donné l'amour de Blanche... et cet amour sera désormais ma compensation... ma vie... Sa faiblesse l'a fait me fuir... ma volonté ira au-devant d'elle... non pas demain... ce serait trop tard pour moi... mais cette nuit... à l'instant =. Où trouver une gondole? (^Apercevant Gaspardo.) Ah ! voici le patron des gondoliers du comte... ( // va à lui et lui frappe sur V épaule.) L'ami !, .
GxVSPARDO fait d'abord un geste d'impatience , puis , reconnaissant Francesco , il sourit et se découvre. Que vous faul-il de moi, commandant?
FRANCESCO. Une gondole.
GASPARDO. Volontiers...
FRANCESCO. L'air est frais... c'est une belle nuit. Je veux me promener sur le canal Tesinello.
GASPARDO . Yous accompagaerai-j e ? . .
FRANCESCO. Je ramerai moi-même..* Ce qui serait un travail pour toi ne seia que délassement pour moi.
GASPARDO. Je vais vous donner ma nacelle; elle est légère et file comme un oiseau... on l'appelle t Hirondelle.
FRANCESCO. Merci !.. Et si jamais, gondolier, tu as besoin d^ la bourse ou de la [)rotection du commandant Francesco Sforce, viens franchement lui demander l'une ou l'autre.
GASPARDO. Je n'ai besoin de rien , moi... pourtant si... j'osais... je vous demanderais...
FRANCESCO. Parle... que veux-tu?
GASPARDO. Votre main.
FRAi\CESCO, mettant sa main dans celle de Gaspardo. De grand cœur, mon ami.
GASPARDO, balbutiant de joie. Ah !...
c'est que je vous aime... moi... commandant...
FRAKCESCO. Et pourquoi cela?...qu'al«' je fait pour toi ?... [Gaspardo déconcerté ne sait que répondre. ) Réponds ?
GASPARDO , après une hésitation . Ce que vous avez fait pour tous les gens du peuple^ qui tous vous sont dévoués.,. {^ Avec précipitation. ) Mais... je vous ai promis ma nacelle... commandant... venez! suivezmoi... je vais vous montrer le chemin.
(Il sort à droite.)
FRANCESCO, le suivant. Maintenant....
à la villa du comte.
RICCARDO , qui a tout observé, quittant la table de jeu et traversant ta scène. Le commandant et Oaspardo viennent de sortir unsevaYAc. fS'approclKtnt de la fenêtre.^ Oui.... les voici .... le commandant entre dans une nacelle. Gaspardo partirait-il avec lui ?... non , le comnmndant prend les rames... il s'éloigne... {Descendant la scène.) A toi, comte, à achever la partie que je viens d'engager avec tant de succès... ( Regardant dans le fond. ) Déjà les salons se dégarnissent . . . laissons d'abord partir le duc de Visconti , puis nous ébruiterons parmi quelques nobles le soupçon du procurateur, qui, glissant de bouche en bouche sera bientôt connu du peuple, etlamortdu commandant paraîtra d'autant plus juste à tous , qu'elle aura été prévue. . . ( Voyant Gaspardo qui rentre.) Ah! voici Gaspardo; songeons à tout ,.. (A Gaspardo ) Avant une heure, ton seigneur aura besoin d'une gondole ; que tout soit prêt.
GASPARDO. Lui faudra-t-il sa gondole pavoisée?..
RICCARDO. Non, une pirogue qui puisse glisser rapidement et sans bruit.
GASPARDO. Combien de rameurs?
MAGASIN THEATRAL
RTCCARDO, s'en allant. Un seul... toi.
GASPARDO. C'est bien.
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