‹ Gaspardo le pêcheur: drame en quatre actes et cinq tableaux, précédé d'un prologueChapitre 21 sur 42 · SCENE H · texte numérisé non relu

SCENE H

CONTARINI, FRAJNCESCO, puis GASPARDO.

FRANCESCO, à part Pourquoi tant de détours...

C0]\TARIIVI, après açuir fermé les parles. Tu ne savais pas que ie mari veillait, Francesco,. tu ne savais pas que mes soup- "çoiis avaient mis cette nuit des espions sur te» pas; et tandis que tu me croyais encwe étuojrdi par le plaisir, tu venais lâchement touchera mon honneur... imprudent!

FRAi\€aESCO, Comte, j'ainkais Blanche de ViacoiLli quand un sacrement la fit ta femme. J'aurais dû re&pecter les lois de réalise et àt^ hommes... }e n'en ai pas eu la for**-. Tw veux une réparation ? Tii k V'ois, je &tti$ 3ansi aii»e. ». tirais l'épée d'un des gardies de ]»iiit rewkplaeera celle du commandant... Viens... et si le ciel est pour toi... mon stang lavera Hnjure.

ÇOXTARINI. Tu ne swtirasplus d'ici , Francesco...

FRAiieESCO. Et que veux-lu donc ?

C^iNTARirMï. Te punir.

fRANGjESCO, Mais©» homme d'honneur?

GONTÀRliMl. En hoiwm© qui v ient se venger.

f RANCESCQ. Bkxime-moi donc une épée.

CO.\TARL\|. J'aurai >ph:is tôt fait de te frapper sans pr^nckie di'ahoi,d la peine de te désarmer.

FRANCESCO. Tu veux donc m'assassii>er?

CONTARINI. Je veux que tu meures.

FRANCESCO , regardant autour de lui. Et ces portes sont fermées !

CONTARINI. Tu voudrais fuir... n'est-ce pas ?

FRANCESCtK. Non pas fuit... mais aller voler ou mendier un© épée, et revenir , tête et poitrine déca^ivertes , me battre à mort contre toi bardé de fer... voilà ce quejie xoutdraiis...

CONTARINI. Tun€ sortiras pas...

FRANCESCO. Oh ! ... ce n'est pas l'épou x qui vient se venger ici... c'est le procurateur qui vient assassiner le commandant, qu'il n'osaitprovoquer en face. . Ce n'est pas d€ i'auit^ur de ta kinme quç ti^es jaloux.

Contarini, c'est de celui du peuple... et tu n'as pas d'aujourd'hui résolu ma mort , mais du joui où tu m'as vu passer triomphant sous les fenêtres de ton palais, n'est-ce pas?... Tu parles de ton honneur... mais ce n'est pas tan honneur offensé qui t'a mis ton épée au poing... à loi qui vois chanceler le trône où tu espères monter... c'est ta frayeur de lâche... et c'est elle aussi qui t'a couvert de cette cuirasse... car tu crains encore que la victime, en se débattant, ne t'arrache la poitrine de ses ongles.».,

CONTARINI. Tu m'outrages encore ?

FRANCESCO. Je veux jusqu'au dernier soupir te jeter l'insulte.

CONTARINI. Si près de la mort $ong€ plutôt à ton ame ; car tu es tombé dans le piège, et le piège est mortel. ( Tirant son ^/?ee.) A genoux, si tu veux mourir en chrétien..,.

FRANCESCO. J'aurais l'air de te sup-.

plier... {Cwi-ani (kufoud de ia seè»e^ et pas d'issue... ukon Dieu !.. pas d'issue...

CONTARINI y séhuçani sur lui l'épée It i^ét. Yain espoir > Fi ancesco î . . .

UASPA«J>0 y çittmni rapidcnuiii parla pem tite f^rte ^i cwtduit à la chapelle , et préci^ pitunt le commandant hors de la chambre. Par ici î. .. commai^dant... allez I I...

(Il 1 eferme brusquement la |x>rte, laisse tomber son manteau, tire son épee, et marche sur Gontarini, qui recule interdit.)

CONTARINI, le ifçonunissaat. Gaspardo

GASPARDO. Gaspardo, qui vient de sauver le commandant J^'rancesto...

CONTARINI. Misérable I... va, les lois le flétriront demaitu.. et toi..,

GASPARDO. Les lois ne le flétriront pas.

CONTARINI. Qui l'empêchera ?

GASPARDO. Moi.

CONTARiivi. Toi ^ misérable valet l

GASPARDO. Je suis autre chose encore qu'un valet.

CONTARINI. Quoi donc?

GASPARDO. Je suis le père de Frances- ^ co...

CONTARINI. Toi r son père?

GASPARDO. Moi, père du commandant que Milan croit le fils du connétable.

CONTARINI. Francesco !... fils d'un manant... Je ne le tuerai pas... mais je lui 4 arracherai le commandement... je le ferai descendre à ton niveau. ..

GASPARDO. Et savez-vous, maintenant , pourquoi je vous ai confié ce secret?

CONTARJNI. Pourquoi ?

GASPARDO. Parce que je sais que vous avez juré la perte de moii enfaat... parce

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que je sais qu'il ne vivra que si vous mourez , et que j'ai voulu, en m'enfermant avec vous ici, commencer par prononcer un mot qui m'obligeât à ne plus vous en laisser sortir vivant.... Et maintenant, défendez-vous...

C0.\TARINI. Contre toi!...

GASPARDO. Contre le père qui vient arrêter le bras qui se lève pour poignarder son fils... Défends- toi !.. .

CONTARINI. Pour répondre au valet qui le provoque... {il court ouvrir une Jenêlre) un noble appelle ses gardes.

GASPARDO, se jetant sur lui. Tu n'appelleras pas!...

CONTARINI, cherchant à se défendre. Arrière I...

GASPARDO, le rens>ersantd'un coup d'épée. Avec mon secret... la mort !... [Levant les mains au ciel. ) Seigneur, il fallait qu'il mourût pourque mon enfant puisse vivre.

Quand je t'amenai dans la pirogue, Contarini î tu as dit à Riccardo : Quand j'ouvrirai la fenêtre qui donne sur le lac, vous accourrez pour attester devant les gardes que j'aurai tué le commandant pour venger mon honneur... Tu ne savais pas qu'en appelant les espions tu préparais ma fuite. . . Gontarini ! merci!...

(Il monte sur la fenêtre, met son epec dans ses dents, et se jette à Tcau.)

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