‹ Gaspardo le pêcheur: drame en quatre actes et cinq tableaux, précédé d'un prologueChapitre 33 sur 42 · BLANCHE, /7M/5 RAPHAËL · texte numérisé non relu

BLANCHE, /7M/5 RAPHAËL

BLANCHE , seule. Quel peut être le sens des paroles de cet homme ? oh ! . . me voilà encore en proie à cette horrible anxiété. .. peut-être encore forcée de lutter secrètement contre mon père et son sénat... Oh! pourquoi suis-je entraînée par cette force irrésistible et par ce pressentiment, qui me dit sans cesse, que si le commandant mourait... je mourrais aussi.

RAPHAËL, entj'iint vivement, suioi de plusieurs dames du Rosaire. Je viens à vous, ma fille, de la part du duc de Milan, qui a appris ou deviné votre amour pour le commandant.

BLANCHE. Grand Dieu!

RAPHAËL. Mais, ainsi que le confesseur, le père a compris que cet amour mérite plus d'indulgence que de colère... et sa prudence veut vous éloigner.

BLANCHE. Il veut m'éloigncr ?

RAPHAËL. D'après ses ordres, vous vous retirerez au couvent des Dames-du-Ro-

saire, et vous reparaîtrez à la cour après l'expiration de votre deuil.

BLANQIE. Mon père, qui sait mon amour, se hâte de m'éloigner, parce qu'il craint que sa fille le supplie d'épargner le commandant.

RAPHAËL. Le commandatit n'a plus rien à craindre.

BLANCHE. Mon père !.. le familier Mi chielU vient de me conseiller de ne pas détruire cette promesse.

RAPHAËL. Que veut-il dire?

BLANCHE. Je n'ai pu obtenir de lui d'autre explication.

RAPHAËL. Je viens de voir un vétéran de l'armée causer dans le palais ducal avec Riccardo... Qu'a-t-il à dire au justicier ? que vient-il faire ici ?. . Est-ce qu'il y aurait trahison?

BLANCHE. Que dois-je faire, mon père?

RAPHAËL. Obéir au duc de Milan , ma fille, car il y a pour vous, dans ses paroles, la volonté d'un père, et les ordres d'un souverain. Il faut partir , et m 'abandonner cette promesse, avec laquelle, s'il y a lieu, j'agirai en votre nom.

BLANCHE, lui donnant le parchemin. La voici, mon père... je partirai... mais promettez-moi , oh ! promettez-moi de faire tout pour qu'il vive.

RAPHAËL. Fiez-vous à moi, ma fille.

(Une dame du Rosaire s'approche de Blanche.)

BLANCHE. Je vais vous accompagner, ma sœur. {A Raphaël.) Vous viendrez me visiter, n'est-ce pas, mon père ?

RAPHAËL. Je l'espère, ma fille , avant peu.

(Après un regard d'intelligence avec le franciscain, Blanche sort avec les dames du Rosaire.)

RAPHAËL, mettant le parchemin dans sa poitrine. Et maintenant il faudra bien que Michielli m'en dise davantage .

(Il sort à gauche.)

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SGEINE V.

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