VISCONTI, RICCARDO, GASPARDO
VISCONTI. Que nos archers se portent sur la cathédrale.
RICCARDO. Ils sont en route.
VISCONTI. Je veux passer en revue mes gardes.
RICCARDO. Je viens de leur envoyer l'ordre de se réunir dans la cour du palais.
VISCONTI. Bien, Riccardo... toujours
MAGASIN THÉÂTRAL
prévoyant. Tl faut, à présent, découvrir qui a gagné Michielli.
RICCAUDO. Nos espions le découvriront.
GASPARDO , élevant la voix. Celui qui a gagné Michielli est un homme dont , il y a vingt-cinq ans, Marie Visconti a déshonoré la fiancée; celui qui a poignardé Brabantio.. l'espion, est un liomme dont, il y a vingt-cinq ans, Marie Visconti a déshonoré la sœur...
VISCONTI. ]\Iais quel homme es-tu donc, toi qui a tous les secrets... toi, l'homme obscur pour qui le peuple s*arme , qui estu 7
GASPAUDO. Je suis Gaspard© le gondolier... Gaspardo le proscrit... Gaspardo le pêcheur de Plaisance, dont, il y a vingtcinq ans, le gouverneur a tué la femme... Insensé, qui as pu croiie que les trois hommes frappés du même déshonneur ne se vengeraient pas.
VISCONTI. Malheur à vous tous I
Gaspardo. Le ciel est pour nous.
VISCONTI. Non , car il te laisse en mon pouvoir.
GASPARDO. Les deux autres sont libres.
VISCONTI. Je t'arracherai leurs noms.
GASPARDO. M'arracher leurs noms... je défie ta torture et ton inquisition.
VISCONTI. Et moi , je t'y condamne.
Qu'on trahie cet homme à la torture... {les soldais le saisissent) et demain , je serai vengé. Déjà la cloche a cessé de sonner. N'est-ce pas, Gaspardo, que ce silence est efïrayant, et te fait pressentir que mes archers se sont emparés de tes complices.
GASPARDO. Vous vous trompez , duc Marie Visconti... mes complices ont repoussé vos archers.
(La cloche commence \\ sonner avec vigueur.)
VISCONTI. Malédiction !
LE CAPITAINE , entrant. Duc , je vîenf d'amener trois compagnies de vos gardes dans la cour du palais.
VISCONTI. Bien, capitaine Fabricio... je vous suis. ( A Riccardo. ) Conduis cet homme, Riccardo, ne le quitte pas... Ah ! je crains une nouvelle trahison.
RICCARDO. Je vous réponds de lui, mon prince,
GASPARDO, levant les yeux au ciel. Seigneur ! laissez-moi vivre encore un jour.
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