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tabatières précieuses, d'importants papiers. Dans le n° 7 paraît l’annonce suivante: «Pière si l’on retrouve un manchon de velours, orné de renard, de Papporter à la « Bottega del Caffé », nel Campo. Il sera donné un sequin en remerciment.» Et, peu après: «Le manchon a été retrouvé ».
La rubrique « Maisons à louer » est toujours des mieux fournies. Il y en a de toutes les manières, de la plus modeste au plus riche palais, et non seulement à Venise, mais encore là où il était de bon ton de villégiaturer. Ces fameuses villégiatures qui ont inspiré à Gozzi comme à Goldoni des pages d’un comique savoureux (16), n’étaient en réalité qu’un prétexte à rivaliser de luxe et d’élégance et cette « manie » causa la ruine de plus d’une famille patricienne.
Au chapitre: « Objets d’art et curiosités », il y a vraiment des occasions merveilleuses dont devaient s’empresser de profiter les amateurs vénitiens au goût si raffiné. Ici, c’est un clavecin de Celestini et peint par Véronèse et Palma il Vecchio; là, ce sont des tableaux signés des plus grands maîtres italiens: Raphaël, Véronèse, Titien; ailleurs, c’est un bijou d’une finesse exquise; un cercle d’or, et de rubis, surmonté d’une petite croix de diamant, et renfermant un simple noyau de cerise où l’artiste Brustolon avait sculpté avec une minutie extraordinaire les
(16) (Cf. G. Gozzi, Sermone, n° VI, « Del Villeggiare », et IC. Goldoni: «Le Smanie delle Villeggiature ».
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traits du Pape Benoit XIII. Ailleurs encore, c’est une collection de bibelots anciens formée par Andrea Cornaro Zeno, patricien vénitien et frère utérin d’Apostolo Zeno (17).
Les manuscrits rares ne manquent pas. En voici un, autographe, de Ludovico Castelvetro, qu’un étranger a retrouvé parmi ses livres. « Le manuscrit de cent dix pages commence à: il nome della presente poesia et finit par: che ho detto della sposizione della Poetica d’Aristotile, phrase qui termine le commentaire de la vingt-quatrième stance du chant vingtneuvième de la Comédie de Dante, intitulée l’Enfer (18).»
Voici maintenant un « Decamerone » de 1527, très bel et unique exemplaire de parchemin, mis en vente à 30 sequins (soit environ 300 francs).
Le libraire Antonio Groppo offre, pour le prix de 200 sequins vénitiens, une collection de tous les drames représentés dans les théâtres de Venise depuis 1637 (19).
Si nous passons ensuite aux « demandes d’emplois », nous lisons qu’un étudiant de l’Université de Paris désire donner des leçons de français à prix tout ce qu’il y a de plus modique, avec une méthode claire et simple. Quelqu'un d’autre offre d'apprendre
(17) Ed. cit., p. 59.
(18) Ce manuscrit a été publié en 1886 par Giovanni Franciosi. 1bid., p. 375, note 40.
(19) Ed. cit., p. 115. Ce même libraire devait publier une nouvelle édition de la « Gerusalemme liberata », cf. p. 156.
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aussi le français, mais aux dames plus spécialement, « col metodo più breve »: pour ne pas les impatienter, précise-t-il. Nombreux sont les gens qui vantent leurs propres talents, qu’il s’agisse des restaurer des tableaux, de recoller des pierres précieuses, de graver le verre, de faire repousser les cheveux sur les crânes les plus chauves ou de guérir les blessures au - moyen d’une huile merveilleuse (et ici l’inventeur n’est autre qu’un gondolier).
Dans les « offres d’emplois », on demande des professeurs de latin, de mathématiques, de musique, des organistes.… voire un chapelain, âgé de 38 à 50 ans. « Si quelqu'un remplissait le conditions requises, qu’il se présente au Sig. Vicario, qu’il écrive, ou bien qu’il se fasse recommander par il Sig. Paolo Colombani, libraire ».
La Gazzetta Veneta combine aussi des entrevues matrimoniales. Le numéro du 23 février renferme l’annonce suivante: «< Homme de situation aisée, âgé de 51 ans, sans défauts physiques, veuf, ayant une fillette de 11 ans. 1.500 ducats de rente. Propriétaire d'une maison. Désire se marier avec veuve de 40 à° 45 ans, ou jeune fille du même âge, bonne éducation, qui consentirait à s'occuper de la petite fille. aucune dot exigée, mais seulement un trousseau complet. » Le numéro du 1” mars contient la réponse: « La personne qui annonce dans le numéro 6 de la Gazzetta Veneta vouloir se marier est priée d’aller chez la Sig. Zanetta Stefani, au bureau du « Lotto >» n° 1,
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à San Bartolomeo, où elle trouvera une veuve de bonne famille qui remplit exactement les conditions requises. >» Et voici la conclusion de cette idylle: « Dans une des premières feuilles que j'ai publiées, j
à une plaisanterie. Cependant, après avoir vu plu-
ai vu qu'un homme cherchaïit à se marier et l’on crut
sieurs femmes, il en choisit une et ce ne fut pas Punion d’un homme et d’une femme, mais bien plutôt celle de deux pigeons tant leur vie est heureuse et paisible. »
La Gazzetta Veneta se préoccupait aussi, s’il faut en croire la note suivante, de la réussite des mariages qu’elle organisait: « Votre serviteur, Domenico Bernardi Astrologo Zingarello, vous fait savoir qu'ayant appris par la rumeur publique que de grandes maisons et d’autres moins nobles, s’éteignent par la faute de la stérilité des époux, il peut vous confier si vous tenez à lui, un secret particulier, grâce auquel vous aurez des enfants dans le courant de l’année. S’il n’accomplit pas sa promesse, il se déclare prêt à subir le châtiment qu’il plaira à Votre Seigneurie (20). » L’on pourrait ainsi multiplier les exemples de ces informations si souvent amusantes, puisque A. Zardo qui cite seulement quelques-uns des précédents, en donne, dans sa préface à l’édition de la Gazzetta Veneta de 1915, bien d’autres qui ne figurent pas ici.
(20) Ed. cit., p. 28.
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