‹ Gasparo Gozzi, JournalisteChapitre 28 sur 69 · SENTE · texte numérisé non relu

SENTE

miracle opéré par saint Benoît sur un pauvre infirme et sur un enfant agonisant. Neuf personnages de grandeur naturelle, ou presque, composent cette toile. Suit la description de ces personnages dont les expressions sont toutes différentes, et une appréciation technique; « le dessin, au dire des connaisseurs, est d’une correction absolue. Pour le coloris, il a encore ennobli la manière de son maitre. toutes les attitudes sont naturelles, bien qu’embellies et rendues agréables par la hardiesse dans le pittoresque. En un mot, Majotto, en toutes choses, s’en est tenu à limitation de la nature, maïs il a choisi ce qu’il y a de meilleur et de plus beau en elle (46). »

Quel est celui d’entre nous qui, lisant le récit de cette scène, n’a évoqué la foule élégante et bigarrée s’arrêtant, curieuse, et ne s’est alors souvenu de Francesco Guardi exhibant en pleine place, non loin des tables de «Floriano Caffetier >, ses toiles pour les vendre au plus offrant ? Gozzi fera une autre allusion à ce Majotti, dont une œuvre magistrale illustra un épisode de la vie d'Antoine, telle que le rapporta Plüutarque, et où l’artiste « voulut unir le charme et la grâce de son pinceau à la manière robuste qu’il avait apprise de son maître (47 ». Continuant à traiter ce même sujet, Gasparo, rappelle l’anecdote rapportée par Elien au sujet d’un peintre nommé Theon,

(46) Ed. cit., p. 81, n. XVII.

(47) Ed. cit., p. 425, n. XCV.

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