‹ Gaston ParisChapitre 3 sur 7 · LA CHANSON VI DE JAUFRE RUDEL · texte numérisé non relu

LA CHANSON VI DE JAUFRE RUDEL

il a exponctué vescoms d qu'il avait écrit, et a mis à la place coms de :

Le coms de Toisa l'entendra.

Dans le manuscrit C, le dernier rameau de l'arbre que nous avons essayé de reconstruire, on a l'intervention d'un véritable remanieur. Pour III, 4"6, comme on l'a vu, la leçon de C était peut-être déjà dans y; mais c'est bien à C qu'appartient la variante IV, 3-6 ; il a gardé de la leçon d'y (= M) la rime cami, et il a repris le vers 5 avec la rime assasi (ou ancessi) pour le transporter dans l'une des deux strophes qu'il ajoutait (vers 5 de la première). Ces deux strophes (VI et VII de l'édition Stimming) ont été données plus haut, et on a vu avec quels éléments le jongleur à qui on les doit les avait composées.

Les manuscrits du groupe z portant tous des marques plus ou moins grandes de l'intervention des copistes ou des remanieurs, tandis que les manuscrits E e n'oiîrent rien de par'îil, c'est le texte d'E e que je donne, et qui paraît s'éloigner fort peu de l'original ; l'utilité de e est de compléter le manuscrit E, dans lequel plusieurs passages de notre chanson sont devenus illisibles. Les manuscrits utilisables pour l'établissement du texte de cette chanson présentent donc les rapports suivants :

O Ee(a)

I. No sap chantar quil so no di, Ni vers trobar quils motz no fa, Ni conois de rima cos va 3 (3)

Si razo non enten en si ; Mas lo mieus chans comens' aisi, Com plus l'auziretz mais valra a a. 6 (6)

II. Nulhs hom nos meravilh de mi S'ieu am so que ja nom veira, Qu'el cor joi d'aulr' amor non a 3 (9)

Mas d'aissella que anc non vi ; Ni per nulh joi aitan no ri, E no sai quais bes m'en venra a a. 6 (12)

III. Colps de joi me fer, que m'auci, E ponha d'amor, quem sostra

La carn, don lo cors magrira ; 3 (i5)

Et anc mais tan greu nom feri,

Ni per nulh colp tan non langui,

Quar no cove ni no s'esca a a. 6 (18)

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