LE CAFÉ DES MALADES
Méry allait rarement au café. Je lui en demandai un jour la raison : |
— Que voulez-vous, me répondit-il; rien de ce qu'on boit dans les cafés ne saurait me convenir. Vous savez que je suis malade.
— Vous ? m'écriai-je avec étonnement.
— Certainement, fit-11 d’un air sérieux.
Et il continua :
— Ah! si les cafés entendaient mieux leurs affaires ! Si, au lieu de breuvages excitants et destructeurs, on y débitait des cordiaux salutaires et des philtres apaisants ! Si, régénéré par une direction exclusivement médicale, le café, tout en conservant ses avantages de distraction, pouvait devenir une succursale du foyer domestique! (Ge serait charmant ! Quelle idée honnête et riante que la fondation d’un Café des Malades !