‹ Gastronomie pratiqueChapitre 214 sur 226 · REIN · texte numérisé non relu

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Je l'ai conseillé également, en le mitigeant un peu, à des dames qui, sans être positivement oÉèsss, étaient grasses et empâtées : je les ai engagées à diminuer simplement la quantité de pain, à supprimer les pâtisseries, les potages et la boisson à table. Grâce à ces seules modifications dans leur régime alimentaire, elles ont diminué en huit mois de 12 à 15 kilogrammes de poids, de 12 à 15 centimètres de tour de ceinture, ce qui a suffi à leur ET le charme qu'elles avaient perdu. Je citerai en particulier le cas d’une dame copieusement fessière, comme aurait pu dire Rabelais, qui, au bout de dix-huit mois de régime bien observé, a vu son tour de taille passer de 93 à 70 centimètres et son tour de bassin de 1",40 à o",98!

Si l’on examine d’un peu près les courbes des poids et des tours de ceinture, on voit, d’une part, qu'elles varient parallèlement et que, le plus souvent, à une diminution de poids d'un kilogramme correspond une diminution de tour de ceinture d’un centimètre ; d'autre part, l'amaigrissement ne se produit jamais d’une manière continue, mais par à-coups, séparés les uns des autres par des oscillations.

Les variations diurnes atteignent normalement quelques centaines de grammes ; exceptionnellement, elles peuvent dépasser 2 kilogrammes, mais alors l'élévation du chiffre tient, en partie au moins, à une grande variation de l’état hygrométrique de l'air.

La diminution de volume est toujours proportionnellement plus grande que la diminution de poids, surtout lorsqu'il y a longtemps qu'on suit le régime.

Voilà les résultats de l'expérience, et je devrais peut-être m'en tenir là. Mais, si je ne faisais pas au moins un essai de théorie, j'aurais l’air d’être incomplet et de ne rien comprendre au mécanisme intime du phénomène, ce qui, tout en étant rigoureusement vrai, est plutôt vexant. Le démon de la métaphysique me tente et s'il me faut une excuse pour me faire pardonner mon imprudence, la meilleure est que ma théorie concorde assez bien avec les faits observés ; il est impossible, à la vérité, d'en démontrer l’exactitude, mais il me semble impossible aussi de prouver qu'elle est fausse.

Pour moi, l'obésité des gourmands ne correspond pas à un vice organique de nutrition. Tout dans le développement de l’affection et dans sa disparition se passe comme si l'appareil régulateur du poids était simplement faussé sous l'influence de la suralimentation et comme si le régime agissait en permettant à cet appareil de reprendre son fonclionnement normal. L'obésilé des gourmands ne serait donc qu'une névrose ; il faut bien convenir que sa curabilité sans médicaments est en faveur de celte hypothèse.

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