‹ Gaultier-Garguille, comédien de l'Hotel de BourgogneChapitre 14 sur 32 · STANCES · texte numérisé non relu

STANCES

Frénétiques esprits, huiiieiirs mortes et sombres. \'isages déterrez qui feroient peur aux ouibres.

\'()icy le remède approuvé, yui, dégageant vos cueurs de la mélaueholie,

Lorscpie vous l'aurez esprouvé.

\'ous tirc-ra des maux (iu'a])i).)rtc la tolii-.

I/es meilleurs médecins (jui dedans cette ville Règlent nos j)assi()ns et font mourir la bile

Par tant de diverses fa(;ons.

Ne pourroiciil ])as chasser cette tristesse noire,

lùi c()m])araison des Cliau.sons Oui vieuneiit obliger aujourd'iuiy la Mémoire.

Ce .sont des ans de cour (|ue Tans idolâtre.

Qui .sont les ])a.s.se-tem])s (juOn rencontre au Théâtre,

l^t les deliies de nos jours; lui un mot. Uur be.iute ue peut estre exprimée

(,2ue ]) ar la bouche dis Amours \'X par 11- bon refit (|u'eu tait la RenomnuV.

Ivlles poiMioii ut cJj.iriiuT l'oreille dim M<»u inpie. Ke.ssuscitir nu mort, t'.nre rire la l'ar«jue.

\ttuer le marbre et le fer Ivlles pourroieiit enfui eslever un trophée

Sur les puissances de l'enfer.

Que n'emp )rta jamais la uiusitpie d'Orphé*c.

82 r.AUI/riER-GAlKlUILLE

Gaultier aura l'honneur que les plus belles Dames Emprunteront ses vers pour descrire leurs flames,

Et le dieu des neuf Sœurs Apprendra ses Chansons pour donner des Oracles,

Car leurs charmes et leurs douceurs N'ont que trop de pouvoir pour faire des miracles.

Curieux qui cherchez des fleurs en toutes choses, Qui forcez la Nature à nous donner des roses

Dans la plus stérile saison.

Recevez cet Autheur dont on n'a peu mesdire

Dans les termes de la raison, Bien qu'il donne toujours quelque sujet de rire !

(i) Cette signature D. M. est très probablement celle de Philippe de ]\Iondor, le compagnon de Tabarin à la farce, sur les tréteaux du Pont- Neuf, et l'un des amis les plus chers sinon le parent de Gaultier-Garguille.

DE

kJJo^ <=Ço «ajo

Un jour en me j)()uriiRiiaiit Dans l'espois d'un verd bocage, Trouvay Philin et Philis yui faisoient un Ix'au niesnage.

La la la la, ne riez pas tant.

Vous en feriez bien autant (i).

D.ms un lieu j)eu deseouvert.

Tourtant ouvert à ma veiie.

Ils se servoient, l)()ur liil vert.

D'une butte fort herbue.

La la la la, ne riez ]>as tant.

\'<nis en feriez bien autant (j).

riiilis baisoit son IMiilin.

riiilin en f.iisoit de mesnie.

Ivt, luy touchant son tetin.

Monstroit une ardeur extrême.

La la la la. ne riez pas tant.

\'ou.s en feriez bien autant.

^^^^■^^■^i>^.»K/»^^<^VVW^^^^^VWWW^^%

(i)II l'st fait nuiitioM, <laus l'ordir aI|>h.i)H-(it|ur, tic orltc chun,'*«»n et «Ir ton U'S celles <|ui v«uU suivre. iLuis le Suf'f^liPHCtU lir Ut l'aNf du itutnsonniff ( Uritmbtiult (ISihl. nai.. ins. n" 1^738).

(.;) On trouve o' refr.iiu «l.uis uti k^'^'xI ttouihrr dr il Mie

V. notaïuiiietit, L'iuiHsot^s /olas/rrs et f^iohfiuts, Uittt ^ dro-

latiques lien coméJteHs Itançom... X^m le sieur de JBelloane, lOii, Lk^uon X.

84 GAULTIER-dARGUILLE

Mais helas ! que vey-je au poinct Que conmiençoit l'escannouche ?

Plustost que ne vey-je point?

Amour, dy-le de ta bouche.

La la la la, ne riez pas tant, Vous en feriez bien autant.

Je les veis, tous deux pasniez Après un si doux martyre, Les yeux à deniy fermez Se regarder sans rien dire.

La la la la, ne riez pas tant.

Vous en feriez bien autant.

Mais Pliilin, qui de plus beau Veut r'attaquer l'entreprise, Trouve là que son oyseau Bst poltron à la remise.

. . La la la la, ne riez pas tant,

Vous en feriez bien autant (i).

Mon compère a une fille, Donne l'y, donne l'y de l'cstrille,

Qui coud, qui brode et qui file.

Ha ! qu'il est heureux qui coud !

Donne l'y, donne l'y de l'estrille,

Kt de l'avoine au poinct du jour.

Qui coud, qui brode et qui file.

Donne l'y, donne l'y de l'estrille.

Quand son père est à la ville.

Ha ! qu'il est heureux ({ui coud !

(i) Gouriet: Personnages célèbres dans les rues de Pam, précité, I, 2^ part. p. 143 et 415, reproduit cette chanson et la suivante.

Jai\jucmtn JjJot, co^ncdicn de l Hotcl de liour^o^^rie h'apri's uni' rsump«< i1<< l.o ltl<>nil (Riltlimlicime Nnlionaloi

Donne l'y, donne l'y de l'estrille, ; Et de l'avoine au poinct du jour.

Quand son père est à la ville, ', Donne l'y, donne l'y de l'estrille.

, Klle s'en va jouer aux quilles.

Ha ! qu'il est heureux qui coud !

^ y I Donne l'y, donne l'y de l'estrille,

Bt de l'avoine au poinct du jour.

' Elle s'en va jouer aux quilles,

, I Donne l'y, donne l'y de l'estrille,

I Avecques son voisin Gilles,

î ' Ha ! qu'il est heureux qui coud !

Donne l'y, donne l'y de l'estrille, / Bt de l'avoine au poinct du jour.

■ Avecques son voisin Gilles,

, ■ Donne l'y, donne l'y de l'estrille,

Qui sans cesse la frétille.

Ha ! qu'il est heureux qui coud !

Donne l'y, donne l'y de l'estrille, Bt de l'avoine au poinct du jour.

Qui sans cesse la frétille.

Donne l'y, donne l'y de l'estrille, f , Du bout de sa grosse esguille.

Ha ! qu'il est heureux qui coud !

Donne l'y, donne l'y de l'estrille,

Bt de l'avoine au poinct du jour.

Du bout de sa grosse esguille, , Donne l'y, donne l'y de l'estrille.

, . Bile a tant dressé sa quille.

Ha ! qu'il est heureux qui coud !

Donne l'y, donne l'y de l'estrille, I Bt de l'avoine au poinct du jour.

Elle a tant dressé sa quille, Donne l'y, donne l'y de l'estrille.

Qu'il luy a faiet unt- fille.

Ha ! qu'il est heureux (|ui coud î Donne l'y. doinie l'y de l'estrille,

Ivt de l'avoine au poinct du jour.

iir

Quand Guillot vient (K- mâtine (i).

() le bon niary. ma voisine,

Il baloye la cuisine,

]\i mt' va (juerir de l'eau.

() 11- bon niary. ma voisine.

Il en faudra garder la peau.

Il baloye la cuisine.

() le l><)n mary. ma voisine.

Il me va (pierir clio])ine, Ivt si m'osle .son i'ii.i])eau.

( ) le bon mary. ma v()i.^ine, Il en laudr 1 garder la peau.

Il me \a ([lurir iliopine.

( ) 11- bon mary. ma voisiui-.

Le ])lu.s st)uvenl il divim- Comme un Almanaeli nouvi-au.

( ) K- bon mary. ma voisine.

II en faudra ijarder la ])eau.

Le l)lus .souvint il devuu-.

() le bon mary. ma voisine, La miiit. entre les i't»urlim\s.

Qinuul je veux taire de l'eau

^^«^^<Am"«A/^MWV^A^«^>^»^'M^^S/S^V«^^

(i) Oit trouve ct'ttcehiui*»in diins //»W»o</i#'7M# ;V«/., «M. n* I9i43,f*i8iv •

.S8 (iAULTIER-GARGUILLE

O le bon mary, ma voisine, Il en faudra garder la peau.

La nuict, entre les courtines, O le bon mary, ma voisine, Il me donne la terrine, Kt me faict le pied de veau.

O le bon mary, ma voisine, Il en faudra garder la peau.

J'ay acquis une Maîstresse, (bis)

Qui n'a rien que quatorze ans,

Le matin je la caresse,

Je luy donne sur la fesse,

Nous restons tous deux contens.

Et venez venez, fille fille, folle folle. Fille folle, venez tous à mon cschole,

Je vous en feray autant.

Quand ma Maistresse est malade, (his)

Je luy sers de Médecin, Pour la rendre plus gaillarde Je luy mets ma pastanade (i) Dedans son petit bassin.

Ht venez venez, fille fille, folle folle, etc.. Pour dancer les matassins (2).

(i) Pastanade, mot populaire dont il n'est pas nécessaire de souligner le sens.

(2) Danser les matassins, danser mie sorte de danse extrêmement folâtre. On dit aussi matassinade pour fnlâtrerie. \ . Lettres choisies du sieur de Balzac, 1652, p. 358, A. M. Costar. I/entretenant de Sa\rron, Balzac écrit : '< Il ne s'estoit point encore trouvé d'esprit (jui sceust danser la sarabande et les matassins dans im corps paralyti(|ue. » V. aussi Sorel: Francion, édit. Colombey, 1877, p. 267 : « Outre cela, l'on voyoit (ju'ils se battoient de

Si:S CHANSONS

Décor de Sylvanirc, tragédie de Mairct.

|)■a|l^(••^ Ir in;inii-<crit île .Maln-lol. {Bil'li"llirt|iie .\;ilii»n;il<>».

La friiiiiR' est (l'iiiK- nature (^is)

Difiieik- à roiiteiiter.

Il luy faut la eoutîture

\'ivt (le rou^e teinture,

Ivlle meurt sans en .t;<)usler.

Et venez venez, fille fille, folle folle, etc..

Je vous eu feray tasler.

l'u jour, iloiinant un l'iistère (bis)

A iiu i^ros jeune fessier.

On me dit : (Jue veux lu faire?

(iros lourdaut d'apoticaire, Mets le pilou au mortier.

Ivt venez venez, tille tille tolK follr. ite. Je vous en feray j^ouster.

!a nusmo Un,tm *{\\v s'ils rMss*Mt dansé le IvUlct «los matassins où Von fait cliqm'ler les ipiTS les UUr«i i.mln 1< >; .uitti s n- <|iii rsi hd .iKn'i-v «li- 'a iLiuh»urimS' des aneiens. »

Un beau matin je rencontray Margot le long d'une prairie, Tout soudain je luy demandai D'où venoit sa melancholie.

Klle dit qu'elle n'avoit pas De chair pour faire un bon repas.

Je luy offris mon petit cœur.

I/a petite se prit à rire,

Me protestant qu'à mon humeur

Klle ne treuvoit rien à dire.

Mais certes je n'a vois pas

De quoy luy faire un bon repas.

Je luy mis dans sa belle main Une poignée de pistoles.

Klle me dit qu'elle a voit faim, Qu'à mon argent et mes paroles lya pauvrette ne treuvoit pas De quoy luy faire un bon repas.

Après avoir bien recognu L'intention de cette belle.

Je luy feis voir mon corps à nud.

Ah ! Monsieur mon amy, dit-elle, Asteure (i) je ne doute pas De faire un excellent repas.

La mauvaise ayant bien repeu, Klle faict de la desplaisante.

{i) Asteure mis pour: A cette heure. On trouve fort souvent, dans les lettres autographes de cette époque, des exemples semblables d'orthographe phonétique.

SES CHANSONS 'Jl

^loy f{iii ay faict cv cjiie j'ay peu Afin (le la rendre contente, Elle jure que je n'avois pas Pour luy faire un antre repas.

Un jour allant voir ma mie, l'n jour allant voir ma mie, De ehier me prit envie:

Je m'escorchay tout le trou.

Jamais en jour de ma vie Je ne diiray (pie debout.

Je m'assi.s sur une ortie, Je m'a.ssis sur une ortie.

Au cul lue vint la vessie.

Je me })ic (piay par le bout.

Jamais en jour de ma vie Je ne cliiray (pie debout.

Souftlez-y sans (pi'on lU ne, vSourtle/.-y sans (pi'on vu rie.

Afin (pie ])lus je ne crie.

Je .seray i^uery du tout.

Jamais en jour <le ma vie Je ne cliiray (\uv dclnuit.

Ou lèche m y. je i en ])rie.

Ou lèche m'y. je t'en prie.

Tout homme cpii ]H*tte et chie N'a ])as torche-cul lou.sjours.

Jamais eu toute ma vie Je ne cliiray (pie debout.

92 GAULTIER-LIARGUILLE

Coinnient filerois-je ?

Je suis sans fusée.

Mon mary me bat la la,

J'en suis bien faschée; Mais plus il me battera Je feray tous jours cela.

File Margot, file file conmie moy.

Comment filerois-je? Je n'ay point de laine.

Mon mary me bat la la.

Trois fois la semaine; Mais plus il me battera Je feray tous jours cela.

File Margot, file file conmie moy.

Comment filerois-je ?

Je n'ay point de chanvre.

Mon mary me bat la la,

Dedans nostre chambre; Mais plus il me battera Je feray tous jours cela.

File Margot, file file connue moy.

Connnent filerois-je ?

J'ay mal à la teste.

Mon mary me bat la la, Ce n'est qu'une beste; Mais plus il me battera Je feray tous jours cela.

File Margot, file file connue moy.

Belle, je vous offre uu oyseau Qui est eschapé de la mue (i), Mais il luy manque le cerveau Et la plus grand'part de la queue.

Si vous le muez (2) à loisir, Il vous donnera du plaisir.

Cet oyseau, roide et bien volant, Faisoit merveille à son servage.

Asteure (3), en Caresme-prenant, Belles, mettez-le dans la cage.

Si vous le muez à loisir, Il vous donnera du plaisir.

Ce brave oyseau, fin et subtil, Aymé le poil connue la plume.

Mais quand il vole le connil (4), Il est si aspre qu'il s'enrume.

Si vous le muez à loisir.

Il vous donnera du plaisir.

Nostre oyseau ne se perdra jxMnt, Il a de fort bomies soimettes.

Ayez-en tant soit peu soucy.

Il servira tant que vous estes.

Surtout, muez-le de loisir.

Il vous donnera du plaisir.

Il est Ijouffon au dernier jx)int, Car aussi tost qu'il void le leurre

(i) Mue. Terme de vannier. Sorte de cage sans fond où l'on place la poule avec ses poussins. {Dict. de Richdet).

(2) Muer, mettre en cage.

(3) Asteure, v. p. 90, note.

(4) Connil, lapin. {Dictionnaire étymologique de Ménage.)

Il Vient roidc dessus le poiiij^, Et tiint soit peu qu'il y demeure , Il vous donnera du plaisir Si vous le nuiez à loisir (i).

Vous pouvez faire la belle, (t>is)

Mais de passer ])our j)ucelk'

Cela vous est interdict,

Car vous estes ])lus eognuë

Qu'une fille retenue (2),

Mon petit doigt nie l'a dit.

\'()us lairtes de la finette, (bis)

Ivn touchant une esjnnette.

Dont le son nous estoiirdit.

\'otre (k sir vous propose

1)0 toiulur (luelcpie aulri.' eliose,

Mon ])ctit (loi.Lît nu- l'a dit.

X'oiis estes de lu-Ile taille; (f>is)

Pour i()iul)attri- à la balailir.

Tousjours k- l'd'ur vous in »lit.

\'otre helle humeur m- hutli-

Ou'à faire la lulk -hutte.

Mon prlit doi.ut me l'a dit.

Souvent vous mette/. 1.» pieee (t>isi

Pour reeevoir les eansses

(i) CoinpiUrr Cfttr eliau.soM avrc un .<«>iiiu-( paiii »lin> l.'Liii< ttfi /H>rM«'j hcroujHCi> et dtiillonir.s ilt if l<mps, S. 1)., j>. <)0.

Mitdamc, ff fvM«5 offrt un ovsMu pour f.strrotr^

(2) Ki-ti'tui i\ iviiKiiumut ici le sctis âv licnuiruse ou Jissolur.

De quelque jeune estourdy, Oui va disant par la rue Qu'il vous a veue toute nue, Mon petit doigt me l'a dit.

Vous faites souvent la chose (his)-

Que votre cœur se propose

Avecqucs cest estourdy,

Kt puis après il se vante

D'avoir bouché vostre fente,

Mon petit doigt nie l'a dit.

Vous avez la gorge belle; (bis)

Cupidon en sentinelle,

De là chacun assaillit.

Mais quand on vient à la touche

On voit que ce n'est que mouche,

Mon petit doigt me l'a dit.

I^'autre jour dans un boccage, (bis)

Un garçon du voisinage

Sur l'herbe vous estendit,

Et, vous ayant descouverte.

Vous donna la cotte verte (i),

Mon petit doigt me l'a dit.

Blanchefleur est résolue, (bis)

Quand la cour sera venue.

D'employer tout son crédit,

Et si on ne la marie

Elle fera la folie,

Mon petit doigt me l'a dit.

(i) Donner la cotte verte, badiner avec une fille sur l'herbe. « Cette expression est empruntée des aventures des bergers qui, rencontrant leur bergère sur l'herbe, se prévalent du moment favorable.» (D/c/ionnaty^ de Furetiàre).¥uretiére n'ajoute pas que la bergère emporte sur sa robe les traces vertes de l'herbe qui servit de tapis à ses ébats.

La Caliste n'est pas sa duppe, Laissant couler vSouz sa Juppé Un lièvre qui la poursuit, Et, craignant qu'on le descou\Te, Elle le met dans son Iy(mvre, Mon petit doigt nie l'a dit.

(bis)

hccdf de l'yramc et l'hishc, tra^cdic de ihcophilc de \ lau. Dafufs 1«> mannsiTit île Mali«;lot (liil>liolln>(|uo Nutionalo.^

J ay trouvé celle i{nv j'ayiiu- Avec lui visagi" hksim- Laiiguissaiil (k'd.ins un liet.

Je orov qu'ilK- a voit i iivie D'avoir (U tuoii rau «K- vie, Mon pitit (loii^t iiu' l'a «lit.

Mesnus dipuis iii lailuttr \'ous lompistcs xnw i-oiulutti- Uotit \v «lebris s'i-nlen<lit, ]-.[ durant cette manie

(htsj

Vous estiez en compagnie.

Mon petit doigt me l'a dit.

Caliste, la chaste dame, (bis)

A quelque chose dans l'âme

Qui la travaille un petit.

Qu'elle n'aye point de honte,

Je sçay bien que c'est un comte.

Mon petit doigt me l'a dit.

Propre à tout, tu fais du sage, (bis)

Mais l'on t'a veu en dommage,

Au logis de la Petit.

Tu voulois lever la cotte

De la belle huguenotte.

Mon petit doigt me l'a dit (i).

A l'ombre d'une fougère, (bis)

Tout proche d'un jeune bois,

J'ay tant foulé l' herbe tte Que j'en suis presque aux abois

J'ay rencontré une fille (bis)

Qui chantoit à haute voix, J'ay tant foulé l'herbette Que j'en suis presque aux abois.

Au son de la chansonnette (bis)

Respondit un villageois.

(i) Sur cette chanson, V. De la Borde: op. cit., IV, 150. Nous la

publions d'après le texte des Chansons récréatives du Nouveau Parnasse

des Muses, 1634, texte beaucoup plus complet que celui du volume de

^Gaultier-Garguille. I^e relevé des chsinsons reproduites par ce recueil ayant

té fait par Foumier, nous ne le recommencerons pas.

J'ay tant foulé l'herbette Que j'en suis presque aux abois.

En jouant sur sa Musette, (bis)

Luy disoit en son patois,

J'ay tant foulé l'herbette Que j'en suis presque aux abois.

En foulant l'herbe mollette (bis)

Baise moy cinq ou six fois, J'ay tant foulé l'herbette Que j'en suis prescjue aux al)ois.

La fillette fut follette, (bis)

Luy donna sur soîi minois, J'ay tant foulé l'herbette Que j'en suis prescjue aux abois.

ICt ])uis il fit la chosette (bis)

Qui luy a duré neuf mois,

J'ay tant foulé rherbt-ttr Que j'en suis presque aux abois.

I/autrr jour un ,i4«.'nlil ^. il. nul Si- ])laij^noit à sa bclU'-mére Que sa femme se va plaignant.

La larme à l'œil ;\ sa ronuuére.

Que ce luy est chose bii>n amère De le faire ainsi miict et jour, l'Vsse/. fessez, ce dit la mère.

La ]Hau (lu lu! rrvirtit lou.sjours.

M.i MUTr. Cl- (lit K- bran fils.

Jamais je n'en veis de si fiére.

100 <;aultieii-(iar(;uille

L'autre dCvS jours quand je luy fis Elle tournoit le cul arriére.

Mais elle est bonne niesnagère, Voila qui est tout mon recours.

Fessez, fessez, ce dit la mère, La peau du cul revient tous jours.

Quand je reviens du cabaret, Elle faict sabbat de sorcière, Et moy d'un manche de balay Je vous luy taille des croupières, Puis Barbiers et Apoticaires Tirent tout l'argent de chez nous.

Fessez, fessez, dit la commère, La peau du cul revient tousjours

En m'en revenant de Gascogne

Je passay par le Poictou,

Je r'encontray un pauvre honune

Qui geloit dessoubs un chou.

Je le vey, je le vey, ma connnère.

Je le vey dur comme un caillou.

Je r'encontray un pauvre honune Oui geloit dessoubs des choux, J'eus peur que, la nuict venue.

Il ne fust mangé des loups.

Je le vey, je le vey, ma connnère, Je le vey dur comme un caillou.

J'eus peur (]ue, la nuict venue, Il ne fust mangé du loup.

Je le mis soul)S mes esselles Et le chargeay sur mon cou.

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