‹ Gaultier-Garguille, comédien de l'Hotel de BourgogneChapitre 23 sur 32 · ET DE PERRINE, SA FEMME · texte numérisé non relu

ET DE PERRINE, SA FEMME

COMME il n'y a rien de si chatouilleux au bas du ventre qu'une femme, ny qui puisse mieux luy faire frétiller les mentibuUes de la matrice qu'un demy piedde la vive resemblance du Laboureur de natiure, de mesme Gautier Garguille, homme de respect, in utroque jure, scilicet, d'yvrognerie, de gausserie, et sic de cœteris, n'ayant plus pour object ny pour rebut qu'un demy grain d'honneur dans l'antichambre de la conscience; considérant que la fortmie des Putains est semblable aux exhalaisons de la terre, qui s'anéantissent par les moindres rosées; enfin, touché de ce vif esperon, voyant que Perine sa femme n'aquesroit rien en son mestier que des héritages dont les lots et ventes se payoient aux Chirurgiens, et qu'au bout de l'an il ne se trou voit au poul allier que bestes à four âge, comme Poulains, Fouaines et autres, dont la nourriture envoyé son possesseur à l'hospital, il fut résolu de luy faire une leçon en trempant les soupes, portant ces mots : Ma mie, ma fille, Perine, foy de corporal (i), je suis homme d'honneur; je suis le dernier et le premier fils de Putain de ma race; vous estes du mestier il y a plus de trois sepmaines : vous sçavés que j'en ay le courage ofïencé jusques au crevé. Croyez-moy, je vous en prie, j'ayme mieux accroistre l'ordinaire de demy septier de citre (2) que de plus vous voir ainsi roder tantost d'un costé, tantost de l'autre; vous sçavez quel prof fit vous avez eu chez mon compère Bonaventure; vous sçavez quel honneur j'ai receu depuis que vous

(i) Corporal, pour caporal.

fï (2) CÀtre, pour cidre.

La querelle de

Gaultîcr-Garguille,

^ de Pcrnnc (à femme.

'v/wr^ U/ertertce de fe parât ion ah tri'cuA:Jcriuuâ

A VAV GIRARD,

Vit acioii, A l''*'^!çjgnedcjtroii riucj

i'ac simili' du litre.

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