I. Edmond et Jules de Gontourt, p
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main devint froide... C'était fini... J'ai voulu user ma douleur... Je ne suis pas sorti d'ici, je n'aurais jamais pu y rentrer . . On peut crier, la maison peut brûler 5 j'ai un : qu'est-ce que ça me fait !.. . qui est sublime. . . Je peux même me casser le cou », et sa parole s'arrêta. Nous faisons un tour dans le jardin. « Dites donc, Gavarni, c'est bien nu, là entre ces arbres? — Ah! ça?... maintenant qu'est-ce que vous voulez que j'en fasse ? C'était le jeu de ballon de mon enfant... »
Cette propriété dans laquelle Gavarni avait perdu son fils, où il avait trouvé, dans ses jours de découragement, le repos qu'il ne trouvait nulle part ailleurs, cette propriété qu'il avait remuée en tous sens, transformée, arrang-ée, puis dérang-ée cent fois, il apprit un jour qu'il lui faudrait la quitter pour n'y plus revenir. Un décret d'expropriation l'avait atteinte. Un boulevard devait passer là où Gavarni s'était retiré, croyant, en s'éloignant du centre de < Paris, échapper ainsi aux exigences de la société. La décision était sans recours, il fallut s'y soumettre. Considérant ce déplacement forcé comme un malheur irréparable, Gavarni
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tomba dans un marasme qui effraya sérieusement ses amis. Tandis que les ouvriers démolissaient sa maison et bouleversaient son jardin, il s'était retiré dans une sorte de hangar d'où il assistait à la destruction de ce qui avait été depuis quelques années son unique distraction. Ne pouvant songer à habiter longtemps ce réduit malsain et insuffisant, il chercha un refuge où il espérait au moins trouver le calme. 11 acquit, avenue de l'Impératrice, une maison dans laquelle il passa deux années, sans pourtant avoir jamais trouvé le temps de s'y installer définitivement. Il loua ensuite sur la route de Versailles, à Auteuil, dans la villa de la Réunion, une petite maison qu'il n'habita que quelques mois. C'est là qu'il mourut le 24 novembre 1866. Le seul fils qui lui restait, M. Pierre Gavarni, absent de Paris, fut prévenu à temps et put recevoir le dernier soupir de son père.
Le surlendemain de la mort de Gavarni, tous les amis de l'artiste, présents à Paris, accompagnaient à sa dernière demeure le corps de cet homme que jadis tout Paris avait applaudi. Ceux qu'il avait amusés aussi bien que
ceux qu'il avait enrichis tinrent à honneur de hii dire un suprême adieu. Ses œuvres, que quelques fidèles avaient seuls de son vivant songé à rassembler, sont recherchées avec ardeur par les amateurs les plus difficiles ; à côté des renseignements précis qu'elles fournissent sur notre société moderne, elles possèdent par elles-mêmes des qualités assez sérieuses au point de vue de l'art pour mériter pleinement l'estime qu'on se décide à leur accorder, et qui, à aucune époque, ne leur fera défaut, sans nul doute. L'histoire de l'art ne fournit aucun exemple d'un homme qui ait réuni en lui seul un talent de dessinateur aussi remarquable et une aptitude aussi particulière à condenser en quelques mots une pensée. De tous les peintres de mœurs de notre temps, Gavarni est certainement celui dont le nom risque le moins d'être mis en oubli. N'est-il pas en tout cas associé, dès à présent, aux noms qui semblent devoir le plus sûrement survivre dans l'ordre littéraire? La place de Gavarni est marquée à côté de Balzac qu'il commente à sa manière et qu'il complète, et l'avenir qui est réservé à l'auteur du Médecin
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de campa fçm\ des Parculs pauvres et A' Eugénie Grandet ne peut manquer d'appartenir aussi au peintre des Etudiants de Paris, des Lorettes et des Enfants terribles.
Fl N.
PARI». J. CLAYl:, I M f U I M t i; H , ?. Il U K S A I N T - B F. N O I I . [1U79)
NC Duplessis, Georges
U99 Gavarni