‹ Gavarni; étudeChapitre 3 sur 14 · GAVA H M · texte numérisé non relu

GAVA H M

garnison à Bordeaux; (javarni, resté seul, ne tarda pas à perdre courage à son tour; il j)aticnta quelque temps encore, mais, contraint de subir les exigences d'un homme avec lequel les rapports devenaient de jour en jour plus difficiles, il suivit l'exemple de son ami et se décida à abandonner la carrière dans laquelle il était entré. Ne voulant pas habiter plus longtemps une ville où il se trouverait pour ainsi dire face à face avec les souvenirs de ses ennuis, Gavarni songea à voyager et se dirigea vers les Pyrénées. Après avoir traversé, le sac au dos, plusieurs villes ou villages dans lesquels il ne s'arrêtait que pour coucher, il arriva un soir à Tarbes. C'est là qu'après quelques jours d'inquiétude et de misère il va ^trouver une tranquillité, momentanée du moins, à laquelle il aspirait sans avoir toutefois bien conscience de ce qu'il voulait, sans se rendre un compte bien exact de sa situation. Ne pouvant pas satisfaire aux exigences de la vie matérielle, livré à lui-même, sans ressources et souvent sans espoir, Gavarni hésitait à décider de quel côté il tournerait ses pas. Le peu d'argent qu'il avait apporté avec lui disparaissait ;

sa famille, qui ne savait pas exactement où il se trouvait, ne pouvait lui envoyer aucun secours; aussi accepta-t-il avec empressement la proposition d'im de ces amis de rencontre, comme le hasard, parfois, en fournit aux voyageurs, qui lui offrit de le mettre en rapport avec le directeur du cadastre des Hautes-Pyrénées. « Présenté sans aucim but chez lui, et seulement parce que j'avais dit que j'irais, par un individu assez insignifiant, M. Leleu m'a d'abord reçu assez brusquement ; une heure après j'étais son camarade, et le lendemain m'a vu établi chez lui^ »

Ce directeur du cadastre dont Gavarni nous apprend le nom, M. Leleu, avait été, dans sa jeunesse, lié avec beaucoup d'artistes et il avait conservé de son existence passée un souvenir qui lui était cher. Gavarni , absolument inconnu encore, mais possédant déjà ce don dé séduction qu'à certains jours, à la fin de sa vie, on se prenait à retrouver en lui, avait rappelé à cet homme de goût, adminis-

Page 1