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ner un gage, je vous investis de la grande sénéchaussée de France. — Quelle courtoisie! dit Naimes. Remerciez-en l’empereur devant tous les barons. » Gaydon s’incline profondément et s’apprête à baiser les pieds de Charles, qui le relève et veut oublier le passé. — L’empereur et le duc, ainsi réconciliés, font leur entrée à Angers au son des cloches qui sont mises en branle par toute la ville. Arrivé au palais de Gaydon, Charles lui demande où est Claresme. « Elle est belle, lui dit-il, elle est courtoise et bien apprise; elle a une grande terre et de puissants amis. Faisons vos noces, pardieu ! » On amène la belle. L'empereur la prend par la main et lui demande si elle consent à accepter Gaydon pour époux. — Que Jésus vous bénisse, Sire, répond-elle : je serai à lui, si telle est sa volonté. — Il ne me déplaît point, dit le duc. — Eh bien, reprend Charles , puisque tous deux sont d’accord, unissons-les. » On se rend au moutier en grande cérémonie et on les marie au nom de la Vierge. — Les noces durèrent huit jours; le neuvième jour la cour se sépara. Charles s’en retourna en France ; il dit adieu à Gaydon, et tous deux pleurèrent en se séparant. Gaydon resta à Angers avec sa femme; mais leur union ne fut pas de longue durée , car elle mourut moins d’une année après. Gaydon eut une telle douleur de cette perte, qu’il ne put s’en consoler. Il fit le serment de renoncer à sa seigneurie, et l’histoire dit qu’en effet il se rendit dans un désert où il se fit ermite. Lorsqu’il mourut , son âme s’en alla blanche et pure devant le Créateur de toutes choses. Quant à Gui, il rentra en grâce auprès de Charlemagne /par ses richesses, par ses belles paroles et par la puis-
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sance de sa parenté. A force de présents, le traître maudit reprit sa place parmi les familiers de l’empereur, et le trompa encore plus d’une fois.
Ici se termine la chanson de Gaydon. Qui vous en dira plus long l’inventera. P. 325-328.