‹ GaydonChapitre 7 sur 15 · SOM M AIRE · texte numérisé non relu

SOM M AIRE

sur la tête de Ferraut, qui le pare avec son écu. Le coup glisse, n'atteint que le cheval du baron et lui fait fléchir les jambes. Le cheval se redresse, Ferraut tire son épée et de sa lame d’acier fait voler la tête du portier à plus de sept pieds de là jusque sur le froc de l’abbé de Cluny, qui en est tout ensanglanté. « Nomini Dame! (i) s’écrie l’abbé, il ne fait pas bon ici. » Pendant qu’il prend la fuite avec ses moines, Ferraut met pied à terre, attache son cheval à un olivier, se désarme, se signe et se dirige vers le donjon. P. 104-106.

Charles est à table avec ses barons. Près de lui sont assis le puissant duc Naimes, Thierry, Salomon, le preux Ogier, Gautier de Dijon, Eudes de Langres et Girard de Laon, avec bon nombre des parents de Ganelon. Ferraut s’avance sans crainte devant l’empereur, monte sur un perron et parle ainsi à haute voix : « Que le Dieu de gloire qui s’incarna en la sainte Vierge, souffrit la passion pour son peuple et fut martyrisé par les Juifs, sauve et protège le puissant duc Gaydon, le plus loyal chevalier qui jamais ait chaussé l’épéron ; qu’il sauve le duc Naimes et le preux Haidelon, le duc Garnier et Milonson fils, etSanson, le noble duc de Valence! Que tous leurs amis soient bénis! Mais que maudits soient et confondus Alori et Fouques avec tout leur lignage ! Puissent-ils recevoir en ce monde et en l’autre le loyer dû aux traîtres ! Roi, écoutez maintenant ce que nous avons à vous dire : Gaydon vous mande de lui envoyer Guimart et Alori, Milon et Haguenon, et Fouques et Gui , et

t • Au nom du Seigneur.

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Amboin et Haton, et toute cette engeance qui ne fit jamais que le mal. Il pendra chacun d’eux par la nuque pour les punir de la grande trahison dont Thibaut d’Aspremont a été l’instrument. Ou livrez-lui tous ces coupables, ou faites-les brûler vous-même. Si vous n’y consentez, Gaydon a juré par saint Simon de n'être plus jamais ni votre ami ni votre homme et de mettre à feu et à sang tout votre royaume. » Charles entend ces paroles et se tait, tant est grand son étonnement. « Sire, fait le duc Naimes, ne soyez point marri de ce langage; laissez-le dire tout ce que bon lui semble. Nous répondrons sur le même ton. Je . le connais bien; son nom est Ferraut; il est parent de Gaydon et c’est un chevalier de grand renom. Si vous le permettez, je vais lui parler. » P. 106-107.

De l’aveu de l’empereur, le duc Naimes quitte la table, court embrasser Ferraut, puis lui dit : « Sire cousin, il faut que vous sachiez que Charles, mon seigneur, a envoyé un messager à Gaydon pour lui mander de venir sans tarder. Si l’on a fait tort au duc il obtiendra justice de l’empereur aussi complète qu’il la pourra désirer. — Point de débat, répond Ferraut; si Charles refuse d’envoyer les traîtres à Gaydon , qu’il les fasse brûler, ou tout au moins qu’il les bannisse du royaume. Il n’a pas d’autre parti à prendre. » A ces mots, l’empereur se borne à hocher la tête. Mais les traîtres sont en grand courroux et ne songent qu’à se venger. De l’avis d’Alori, cinq d’entre eux quittent sans bruit le palais pour aller s’embusquer sur la route d’Angers : ils surprendront Ferraut à son retour et le mettront à mort. Ferraut, cependant, continue à parler haut et à menacer le fils de Pépin.

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