‹ Gayetez d'EsculapeChapitre 199 sur 233 · AVEU DE MODESTIE · texte numérisé non relu

AVEU DE MODESTIE

J. Goulin, dans ses Mémoires littéraires et antiques, pour servir à l'histoire de la médecine (1775), fait, au vingt-sixième et dernier cbapitre, l’aveu de quelques fautes qu’il a commiseset rapporte un trait également honorable pour la mémoire de Marescual et de Mor.vnd.

« M. Mareschal, premier chirurgien du roi, fit en 1726 avec le plus heureux succès, en présence de M. Morand, qui était jeune alors, et de plusieurs consultants, l’ouverture d’un abcès au foie à M. le Blanc, ministre de la guerre : j’accompagnois M. Morand,

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et j’eus la satisfaction de voir faire cette opération. Dans l’instant où M. Mareschal portoit le bistouri sur la tumeur pour en faire l’ouverture, M. Morand y [)Osa le bout du doigt; M. Mareschal lui fit signe de l’ôter; M. Morand le réappliqua, en regardant fixement M. Mareschal, et lui indiquant des yeux et du doigt (|ue c'était là où il falloit ouvrir, M. Mareschal fit l’incision au lieu marqué, et pénétra dans le foyer de l’abcôs.

« Le ministre, parfaitement rétabli, donna un grand repas à sa famille, ety invita MM. Mareschal et Morand. Dans ce cercle, oii la joie était peinte sur les visages, le ministre prit M. Mareschal par la main, et dit à ses convives : Voilà celui à qui je dois la vie. — « Vous vous trompez, monseir/neur, répondit M. Mareschal, et en montrant M. Morand, c'est à ce jeune homme que vous la devez ; car, sans lui, je vous tuais. »

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