LARREY, CANDIDAT A L’INSTITUT
Un jour, le comte de Laborde reçut la visite du fameux chirurgien Larrey, qui venait lui demander son suffrage pour l’Institut.
«.( Que n’êtes-vous arrivé plus tôt ? répond l’académicien; je me suis engagé. — Eh bien ! ce sera pour une autre fois, dit Larrey, prenant son parti. Mais qu'avez-vous donc? vous paraissez souffrir? — Eh, oui ! j’ai là un rhumatisme qui me désole. » Et le bon M. de Laborde montrait son genou enflé. « Bah ! bah!
r.AYETEZ d’eSCULAPE
ce n’est que cela ! Soyez Iramiuillc. Ou’on lui applique le nioxa. » On obéit, ou plutôt Larrey lui-inômc lait l’opération et le laisse dans des douleurs atroces, qui mettent le patient aux abois. Celui-ci jette les hauts cris ; sa l'emine accourt. « Qu’y a-t-il? » Il exl)lique l’alTaire : (( Mais comment, lui dit-elle, vous ô tes-Yous laissé prendre d’assaut? — Eh ! que voulez-vous ? je lui avais rcrusc ma voix ; })ouvais-je lui refuser mon f>-enou ?
HOUKRU HIENFAISANT
M. Malouin, célèbre médecin de la Faculté de Paris et membre de l’Académie des Sciences, était devenu le médecin à la mode. Il était surtout recherché par les gens de lettres et les savants; mais il voulait ({u’ils ne se permissent aucune observation sur ce (ju’il prescrivait. 11 exigeait une confiance entière, une soumission aveugle, et il se brouillait avec ses meilleurs amis, lorsqu’il leur arrivaitde faire quelque j)laisanterie sur la profession de médecin. L’un d’eux, avec leijuel il avait rompu pour cette raison, étant tombé dangereusement malade, le docteur se rendit chez lui d’office et lui dit: «Je vous hais,- je vous guérirai et je ne vous verrai plus. » Il tint parole sur tous les points .
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Une autre fois, un philosophe célèbre l’étant venu remercier au bout de ciJ.iatre ans, comme guéri par un remède qu’il lui avait indiqué et qu’il avait eu la
l’esprit des célébrités médicales
patience de pratiquer aussi longtemps, il l’admira et s'écria : « Embrassez-moi ; vous ôtes digne d’être malade ! »