‹ Gayetez d'EsculapeChapitre 210 sur 233 · L’ESPRIT D’ALPHONSE GUÉRIN · texte numérisé non relu

L’ESPRIT D’ALPHONSE GUÉRIN

II était chauve depuis sa jeunesse, mais chauve à un rare degré. Il savait en rire au besoin.

Un jour qu’il rencontrait son ami Gérôme, le grand artiste, il s’avance, se campe devant lui, en indiquant d’un geste bref les cheveux du peintre qui, drus et rebelles, ont de la peine à ne pas envahir le front... — « Eh quoi? Monsieur, serait -ce une critique ? »

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Pie IX, depuis de longues années, souffrait d’une affection rebelle des jambes, d’ulcères variqueux, peut-être, que ses médecins ordinaires n’avaient pu guérir. Alph. Guérin fut plus heureux. Son malade lui en marqua une reconnaissance profonde ; il le couvrit de titres et de croix : « Vous ôtes le plus grand médecin du monde ! » lui dit-il, et Guérin de répondre, d’une voix spirituellement ironique : a Je dois vous croire : Sa Sainteté n’est-elle pas infaillible ? » Et un jour que Guérin l’avait ausculté : — « Je me garderai bien de dire à mes compatriotes que ma tête s’est appuyée sur votre poitrine ; je connais mes Bretons, ils me couperaient les oreilles pour s’en faire une relique ! »

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