LA LUTTE POUR LA VIE
Grûce à la création continue d’écoles de médecine a côté — Associations des Dames françaises, des l’emmesde France, etc. — et à l’existence de corps d’états accessoires de l’art de guérir, — Ambulanciers, Salutistes, Brancardiers, Inlirmiers, Ventouseurs, Masseurs, Somnambules, Herboristes et sur-
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tout Pharmaciens, — chacun a la prétention d’en
(1) Tirée de Deux contre un ou Les Suites d’une consultation. Divertissement Moliéresque et médical. Texte par Ernest d'Hervilly, dessins de Robert Tinant. Ch. Delagrave, édit.
remontrer aux professionnels, et cependant les bienfaits de la Médecine ne s’affirment-ils pas, avec les progrès de la science et de l’hygiène, par la diminution des maladies et de la mortalité ?
Le nombre des médecins s’accroît en raison inverse de celui des malades — il n’y a toujours que trop de chiens autour d’un os — et si cette poussée continue, bientôt on en viendra aux mains, pour se disputer un client : le Deux contre un, d’Ernest d’IiERviLLY (fig. 40), dont on va lire un passage, ne sera plus, hélas ! une fiction.
« Misérables! je vais rendre l’ànae! » — Alors, preste. En proférant ces mots. Monsieur Jourdain s’enfuit ; Mais, prompt comme l’autour, chaque docteur le suit
Pi g. 40.
GAYETEZ d’eSCULAPE
Et le rattrape, hélas, par les bras de sa veste. ^ Humérus tire à dia, Gaster tire à hiiraii,
Et, pour changé qu’il soit, c’est toujours un supplice ;
Dans son ardeur, Gaster est d’Humérus complice.
Qui des trois restera, vainqueur, sur le carreau ?
— « Làchez-le !» — « Je le tiens !» — « Lûchez-le !» — « Je
[le garde ! »
— <■ Il est à moi, lâchez! » — « Lâchez, il m’appartient ! »
Et chacun, tel un loup fait de l’agneau qu’il tient.
Tire à soi le malade. — » A la garde ! à la garde ! »
— « Non ! nous vous guérirons ou vous direz pourquoi. »
— « Maître Humérus !» — « Jamais ! » — « Maître Gaster! „
[— « Qu’il cède ! »
— « Mon pauvre habit, ils vont le déchirer ! — à l’aide !
« Mais vous m’écartelez ? — c’est l'estrapade ! — à moi ! »
Quand celle scène tragi-comique se réalisera, alors seulemenl les malades auronl raison de se plaindre
des médecins ; mais jusque-là un simple examen de conscience leur montrera qu’ils manquent de gratitude.