LA FACULTÉ DE SIGÜENZA
Sigüenza paraît avoir été autrefois une de ces petites villes vouées aux plaisanteries et tournées en ridicule par les auteurs, comme aujourd’hui, chez nous, Carpenlras, Pont-à-Mousson ou Quimper-Corentin. Cervantes nous dépeint le curé d’Argamasilla, qui condamna au feu les romans de chevalerie de l’ingénieux hidalgo de la Manche, comme un homme docte et gradué à Sigüenza. On pourrait croire, d’après ce passage, que l’Université de Sigüenza était purement imaginaire ; il n’en est rien, et sa fondation remonte, assure-t-on, à l’année 1441. Elle existait môme encore vers la fin du siècle dernier, si nous en croyons un voyageur du nom de Vago Italiano (le père Caimo), qui as.sista à une thèse puhli(|ue et d’anatomie, dans laquelle on agita la question de savoir : « de quelle utilité ou de quel préjudice serait à l’homme d’avoir un doigt de plus ou un doigt de moins... »
Le Tour du Monde, 1872.