UN ANCÊTRE D’HARPAGON
Racontar du poète satirique Caïus Lucilius (180- ' 103).
L’avare Hermocrate, mourant, s’inscrivit sur son testament pour hériter de tous ses biens. Dans son lit, il calcula ce qu’il aurait à donner au médecin pour honoraires en revenant à la santé, et ce que, malade, il dépensait. Or, il trouva qu’il aurait une drachme de plus à payer après sa guérison : « Mieux vaut mourir », dit-il, et il expira. On l’exposa, n’ayant
rien de plus qu’une obole(l) ; mais ses héritiers, avec quelle joie ils se partagèrent ses dépouilles !...
REMÈDE héroïque CONTRE LE MAL DE DENTS
Rappelons, sans la recommander, la recette singulière à laquelle Henri IV eut recours, bien malgré lui, pour se débarrasser d’une rage de dents.
Pierre de l’Estoile raconte ainsi l’événement et l’accident, où le Vert-Galant faillit se noyer dans la Seine, près de Neuilly, le 9 juin 1G03 :
« Ce jour, le roi et la reine, passant au bac, faillirent à être noyés, principalement la reine, qui but plus qu’on ne voulait, et sans un valet de pied et un gentilhomme nommé Lachataigneraie, qui la prit par les cheveux, s’étant jeté à corps perdu dans l’eau pour l’en retirer, courut fortune inévitable de la vie. Cet accident guérit le roi d’un grand mal de dents qu’il avait, dont le danger étant passé, il s’en gaussa, disant que jamais il n’y avait trouvé meilleure recette ; au reste, qu’ils avaient mangé trop de salé au dîner, et qu’on les avait voulu faire boire après. »
(1) L’oliole pour Charon.
OAYETEZ d’eSCULAPE