RELEVAILLES FUNÈBRES
Marcellin Pellet, dans Naples contemporaine, donne des extraits expurgés du recueil italien connu sous le nom de Manuscrits de Coronna : c’est sous forme de successi, le tableau des scandales de la société Napolitaine, du xv® au xvn® siècle.
En 1501, une des beautés de Naples, Vitloria délia Solfa, recevait ses visites de relevailles. Dans la chambre se trouvaient, avec le beau-père de l’accouchée, Jean del Tul'o, vieillard à la barbe blanche, quelques familiers de la maison, notamment Gaspard d’Aquin, le plus obèse, et F. Carafa, le plus têtu des gentilshommes de la ville. Don Rodrigue de Séville entra, et alla se mettre à genoux devant le nouveauné, dont il baisa les langes en disant : « Je suis ici dans la sainte Crèche. Voici le bœuf (il montrait Gaspard d’Aquin) : voici l’êne (il désignait Carafa) ; et voici saint Joseph. » Il indiquait Jean del Tufo, appuyé sur une longue canne (le bâton est, en Italie, Taccessoire obligé du mari de la Vierge). Carafa entendait peu la plaisanterie : le soir même. Don Rodrigue de Séville était assassiné.