‹ Gayetez d'EsculapeChapitre 45 sur 233 · COLIQUE HÉPATIQUE, SIMULÉE PAR COQUETTERIE · texte numérisé non relu

COLIQUE HÉPATIQUE, SIMULÉE PAR COQUETTERIE

de Sévigné raconte une scène de comédie jouée, à Vichy, par la ducliesse de Biussac, où elle était

(1) Louis de Fontenettes, dans son Hippocrate dépai/sé, en vers français {Paris, ICâ l, in-4»), parle ainsi de cette maladie :

Grand bien fait ce mal de sainct Fiacre Qui veut dire autant que l'ratre Quand on vuidc le sang du Q,

A gens mornes comme un cocu A la iihrénésie arrangée,

Par le Q la teste est purgée.

GAYETEZ d’eSCULAPE

venue pour une colique fort douteuse, au dire de la mordante épistolière, mais plutôt pour se rendre intéressante et faire valoir ses charmes, à l’aide d’une parade où elle mit en jeu tous les artifices de la coquetterie.

« Elle avait donc la coliipie aujourd’hui, jeudi (21 mai 1676); elle était au lit, belle et coiffée à coiffer tout le monde ; je voudrais que vous eussiez vu l’usage qu’elle faisait de scs douleurs, et de ses yeux, et des cris, et des bras et des mains qui traînaient sur sa couverture ; et les situations, et la compassion (jifellc voulait qu’on eût pour elle. Chamarrée de tendresse et (l’admiration, je regardais cette pièce de comédie, et je la trouvais si belle, que mon attention a dû paraître saisissante, dont je crois qu’on me saura fort bon gré. Et songez que c’était pour Saint-liérem, pour Plancy, que la scène était ouverte, pour l’abbé llayard aussi, tpii est le druide Adamas (1) de ce pays. En vérité, vous êtes une wuie pilaude, ma fille, quand je pense avec quelle simplicité vous ôtes malade.

« Ce n’était pas fini : après la pièce admirable de la colique, on donna aux spectateurs celle de la convalescence, une convalescence pleine de langueur, fort bien accommodée au théâtre, un dernier acte digne des premiers. »

Ainsi, il n’était pas permis à ce « chef-d’œuvre des cieux », suivant le qualificatif de la reine des médisantes, d’avoir sa colique comme le premier laideron venu, tant il est vrai qu’il n’y a d’imaginaire et de ridicule que la maladie des autres.

(1) l^u roman de VAslrée. Ce druide consolait les bergères du Lignon de leurs infortunes.

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