IL Y A POULAINS ET POULAINS
Jacques Colin, abbé de Saint-Ambroise, le compère de Jean Marot, était un joyeux compagnon, sur le compte duquel, malgré son titre d’abbé, circulait plus d’une histoire de haut goût. C’était lui qui professait, entre autres maximes, que « l’on doit se garder également du devant d’une femme, du derrière d'une mule, et d’un moyne de tous costez » (Tabourot, Bigarrures, ch. vi). Un jour, un avocat se permit de citer ce propos, au grand divertissement de l’audience, comme étant de « saint Ambroise », parce
que l’on appelait ainsi Jacques Colin, du nom de son abbaye.
Nous tirons encore delà môme source l’anecdote suivante : « Beaucoup de gens furent merveilleusement scandalisez pour ce que on fit bruit qu’à son l’elour de Rome, Jacques Colin auroit donné deux poulainsà une demoiselle ; mais, ajoute Tabourot, sa chasteté ne laissa pas de demeurer en bonne réputation, car on sceul au vray que de tels poulains n’estoient pas des tiercelets de vérolle, mais que c’estoient deux beaux jeunes poulains du haras de l’abbaye, dont cet abbé estoit assez libéral. »
Marot, édit. Guiffrey.