AVANT-PROPOS
Le volume que nous prëseutons aujourd'hui au )cc- [ leur sous le lilre de Gazali, se relie élroitement à celui que nous avons publié il y a deux ans sur Avicentte. I 11 eo forme le complément, le pendant et la contrej partie. Dans Avicenm; nous avons étudié le passage I de la tradition phîlosopliiiiue grecque dans l'islam, la I secte rationaliste des Motazcliles et la brandie orienftale de l'école des Pliitosoplies proprement dits. Dans Gazait, nous traitons des théologiens orthodoxes et des théologiens spéculatifs dits Molékallim, dos moralistes, ' des mystiques ou Soufis. Il ae reste en dehors du I cadre de ces ouvrages que l'histoire de la branche oc- [ cidentaie de l'école philosophique, comprenant celle I des rapports de la scolastique arabe avoc la philoso- I phie juive et avec la scolastique chrétienne. Ce troi- Lsième moment de riiistoirc de la pliilosophie dans I l'islam, où domine le nom d'.4 wrrws, est déjà connu I da public par le livre de Renan.
Nous devons faire remarquer aux lecteurs non orien- I lalistes que ce volume sur Gazali a un intérêt actuel.
VI AVAST-PROPOS.
Il est sans doute conçu à la Taçon d'un ouvrai,'e liistorique; mais Gazali et la plupart des autres écrivains dont il y est fait mention, sont aujourd'tiui les auteurs classiques de l'islamisme; leurs livres, fort répandus en Orient, sont lus et étudiés dans les écoles et dans les mosquées; c'est en eux que se forme encore de nos jours l'ùme mahoraétane. Leur examen est donc nécessaire à quiconque veut acquérir la connaissance complète de l'esprit et de la vie inlérieure de l'islam.
Aux érudils nous avouerons ce fait que, en rédigeant notre livre, nous avons dû constater, et non sans quelque surprise, que le sujet en était encore beaucoup trop imparfaitement connu. Il subsiste nombre de points obscurs dans cette matière, qui est pourtant intéressante et aisément accessible. Certes nous avons ren-' contré dans notre Avicenne de ces passages ténébreux ; mais là l'obscurité tenait surtout à l'absence de documents, et de documents dont rien en ce moment ne fait prévoir la découverte; au lieu qu'ici, dans Gazali, les documents, sur plusieurs points, surabondent; des livres relatifs à ces matières sont imprimés et circulent en Orient, d'autres se trouvent en manuscrits dans nos bibliothèques. Seulement ces ouvrages n'ont jamais été soumis à une analyse méthodique, à un examen approfondi. Nous avons eu soin d'indiquer ce qui nous paraissait le plus urgent à faire dans cet ordre d'études.
Ainsi, outre l'œuvre de construction générale de
AVAKT-PROPOS. VII
ces deux volumes, outre ce travail de clarificalioa et de mise en ordre qui en constitue la principale raison d'être, nous avons, dans ces livres, fait le relevé de nombreux morceaux, caractéristiques et dignes d'être notés, poussé plus avant l'analyse de diverses œuvres, montré dans quelles directions devait se porter l'activité des chercheurs, tAché d'amorcer l'étude des questions dans ces différentes voies et de payer nous-mème d'exemple. Nous espérons avoir par là bien mérité de la science.
Voici quelques corrections & noire Avkmne :
Page 16, n. 2, I. dernière, au lieu de 528, lire îiiS. — Pages 88-90; le livre de la Création et île Chisloirr ae (Jeut plus ilre attribué à \bou Ziïdel-Balkhi: il est d'un certain M otalihar ibn Tiliir el- UaqdisI, inconnu d'ailleurs; l'ouvrage a été écrit eu 3S!>; AbouMd, I à qui il avait 6ié attribue dès le iiiC siècle de notro ère, cal mort eo322H. V.JoumaMïirt((r/uc, 1901, t. Il, p. 16 elsuiv. - l'âge li2, I ; une erreur noua a lait mettre 58 au lieu de 1)3 que nous avions I l'Intention d'Écrire. Djouidjiliii, que nous avons suivi, fait mourir [ Aviceane à l'âge de 5.3 ans ; le philosophe étant mort en 428, serait I alors né en 3TS. D'après les autres sources, Aviceune est mort à I l'âge de 58 ans et né en 370; ces derniers chiffres sont généralement acceptés. Cf. H. Derenbourg. Ifs tlanuscHts arabes de ta 1 tollection Scliefer, journal des sariiuls, 1901, p. 33. — Page 148, I- 15, lire tnailjdi au lieu de moitjiii '.
I. Sou» avons fait UMge, daû» Avicentie, d'une transcription très som- I mUre, afin de no pas in utilement Tatlgui^r les lecteurs non 'arabisants, les I* transcrits étant d'ailleurs tels qu'Us pouvaient ftre reconnus avec la J plus KTaude facilité par tout arabisant. Dans Ga^ali, il se rencontrait B "^elques titres, quelques mots techniques qui auraient pu donner lien à 1 ielé^kte» hésitations; aussi avons-nous un peu précisé la transcription ' U les mots mia en italique, et oolainmenl distingué le q{if cmpliatique, I an nojta iv la lettre g .
AVA.NT-l'ROpnS.
Oq peut lire comme introUudion aux deux volumes qui nous oc cujienl notre livre intilulé Le Mahoméliame, le génie sémitique e le '/énie art/en dnns l'inlani. Un important mémoire aynnl irait at même sujet a paru dans les Abhandlungen d. Konigl. fiegelUck. dei Wi«e«sc/i. SH Gàltingen: Die reliyi-is -poUtischen opposîliotu par teiea im alten Islam, par J. WellhauseD, Berlin, 1901. Surla doc triae des Pôles mystiques, V. E. Blochet, Éludes sut' ii^totérism' mtuulmati. Journal Asialiiuc, 1902, t. II. H. Tj. de BotT a i^digi un manuel sur l'histoire de la philosopliie arabe : Geschichte de. philosophie im Ulam, Stuttgart, lODt. M. L. Gauthier a protessd il l'iïcole des lettres d'Alger, un cours sur la P/iilosuphie miu' • mane; le(;on d'ouverture, Paris, Leroux, 1900. On sait qu'un savaa espagnol, M. Miguel Aain, a publié récemment un bel ouvrage n Gazali [ï, p. i'J); nous avons tenu à garder une complète iodlpcn danco par rapport à cet ouvra^'e, notre point de vue et notre plai ayiiut été aDlcrieurenienl déQuis par la publication A'Avicenne.
Il ne nous reste qu'à remercier nos lecteurs de l'accueil bienveillant qu'ils ont fait à notre livre sur Avicenn'c Évidemment, en de telles matières, un ituteui écrit surtout par goût, et pour satisfaire, selon ui mode qui lui convient, son besoin propre d'activité Néanmoins l'approbation des esprits d'élite, le témoignage qu'ils nous donnent, qu'ils apprécient commt nous des pbases ou des attitudes de la pensée bumaim qui nous ont semblé belles, sont encore des salis factions dignes d'être estimées et auxquelles on ne peu demeurer insensible. Plusieurs lecteurs nous ont donni de ces marques de sympathie : nous leur en sonune reconnaissant.
B. DE Vaiix.
llieux, se|)tembre 1902.