‹ GazaliChapitre 52 sur 102 · Movnqidf texte, éd. Schmoelders, Essai, p · texte numérisé non relu

Movnqidf texte, éd. Schmoelders, Essai, p

iitèiiie lesjoit'sdu monde les plus nobles coiiimc cel!*^ que peut jfoùter un maître dont renseignement est applaudi, ne lui aient paru vides, futiles et jusqu'à un certain point coupables. — Tout ton savoir est vaiii, lui criait la vois de la religion, et comme elle l'a dit tant de fois par l'organe des prédicateurs chri^tiens : si tu ne songes pas maintenant à l'autre monde, quand y 9ongoras-tn? si tu ne brises pas tout de suite les liens qui t'attachent à la chair, qunnd les déchirerasfu? — Et cependant Satan répliquait : Ces attraits quo tu ressens pour la vie mystique sont fragiles; ils s'évanouiront dès quo tu seras entré dans cette voie, et tu auras perdu une situation honorable, dans laquelle tu faisais du bien et que tu ne retrouveras plus. — C'est là une forme typique du travail de la vocation dans le christianisme. — Nous pensons que Gazali a vraiment subi ce conflit intérieur, puisqu'on fait il quitta sa chaire et se retira fort loin de liagdad pour mener une vie pénitente; il dit d'ailleurs avec précision que cette lutte dura prés de six mois. De même plus tard, à la suite d'un travail analogue mais de sens inverse, il devait être arraché par Dieu, dit-il encore' selon une formule chrétienne, à la retraite et rendu à sa chaire et à l'apostolat.

Gazali alla donc chercher l'illundnalion et l'extase en Syrie, terre classique pour l'apprentissage du soufisme; et je ne vois pas non plus conmient Ion pourrait douter

^ I. Moitnqid, ]!. ■

qu'il ne les ait rencontrées dans une cortaine mesure. Il ne se serait pas enfermé des journées entières et durant des mois dans une chapoUe étroite ou dans la chambre exiguë d'un minaret, s'il n'avait goûté dans ces retraites des jouissances intérieures. Il déclare foi-mellemcnt avoir eu des extases, mieux que cela, les avoir cherchées; il dit s'ôtre trouvé longtemps gêné par les besoins extérieurs, par le souci de sa famille, que pourtant il paraissait avoir quelque peu négligée; enfin il aftiniie qu'après dix années d'exercice il était arrivé non seulement à connaître l'extase, mais à avoir des révélations qu'il lui serait, assure-t-il, impossible de décrire'.

Peut-être pourtant GaziiU ne fut-il pas spécialement doué par rapport aux autres grands mystiques. 11 ne parait pas qu'il ai! connu la suite de ces états que tout à l'heure Avicenne nous décrivait avec d'autant plus d'assurance qu'il ne les avait pas lui-même éprouvés. Je ne sache pas qu'il ait rien écrit de bien formol sur cette théorie des stations mystiques. Il n'a d'ailleurs pas une réputation de thaumaturge; la légende n'a point mis autour de sa figure cette auréole merveilleuse dont elle a entouré un HcU&dj ou un Bestàmi. Nous dirions, pour parler comme certains savants de notre temps, qu'il dut être relativement pauvre en dons psychiques. Il peut donc passer pour un exemple de mystique, fort grand au reste, mais en qui les facultés intellectuelles dépassèrent malgré tout les facultés émo-

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