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peu, sans y être identique, à celle de l'accident dans la substance. Il se peut, au reste, (jue cette théorie assex uhscure des modes en Dieu s'6claipcisse , si on la compare avec la théorie alesandrlne des hypostases.
Pour prouver réternitc des attributs, et plus spécialement de la parole de Dieu, Achari emploie un argument que nous i-elrouvons chez Gazali : l'ordre divin, dit-il, est ou éternel ou produit. S'il est produit, il doit l'êti-e ou dans l'essence de Dieu, ou dans un lieu ou non dans un lieu. Il est ahsurde qu'il soit produit dans son essence, car celle-ci serait le lieu des choses produites; absurde qu'il soit produit dans un lieu, car ce lieu le serait luî-mémc par un ordre ; absurde enfin qu'il ne soit produit dans aucun lieu, car cela est inintelligible; donc il est éternel, et ainsi en est-il de tous les attributs de Dieu.
La question du libre arbitre de l'homme donne lieu dans l'école aus considérations suivantes. L'homme sent, dit l'imam Achari, de lui-même la différence entre les mouvements instinctifs comme ceux de crainte et de répulsion, et les mouvements libres et volontaires. Ces derniers se produisent sous la décision de l'homme, et conformément à son libre choLv. Ce qui, au point de vue moral, est considéré comme étant l'acte de l'homme, c'est ce qui est décidé par lui ; c'est cela qui lui est attnhué [mo/clasab). Mais, d'autre part, la puissance humaine ne peut avoir d'influence sur la production des actions ; parce que tout ce qui est produit lest par un décret unique qui est au-dessus de la distinction de substance
LA. THtoLOGIE AVANT GAZALI.
et traccident. Si la décisslon de rhomiup pouvait influencer ce décret diviii créateur, elle pourrait influencer la production de toute chose, aussi I>icn celle Hescouleui's, des saveurs et des odeurs, que celle des substances et des corps ; et l'on en arriverait à dire ([u'elle est capable de créer les cîeux et la terre. Il faut donc croire ijuc Mcu a disposé ses actes de fai^on à faire arriver les choses selon les décisions de la puissance humaine ; et qu'ainsi l'acte se produit tpiand l'homme le veut, et se renouvelle ou s'entretient à son gré. Cet acte est mie créature de Dieu; mais il est attribué à l'homme; — Hjstème assez subtil c[oi fait songer à celui de l'harmonie préétablie.
Le KAdi Bakilàni, faisant usage de sa théorie des modes, s'est écarté de la doctrine d'.\chai'i. Il est vrai, a-t'H dit, la puissance humaine ne crée pas; mais il n'y a pas dans l'acte uniquement la création; outre la création ou la production, îl y a la substance et l'accident, il y a que la substance est dans un lîcu, qu'elle est passible d'accident, il y a que l'accident est couleur, saveur, odeur, etc. Toutes ces choses sont des modes, eu sus de la pure existence. Or, pourquoi la puissance humaine, tout en étant incapable de produire l'existence, ne pourrait-elle pas influencer les modes, par exemple, sans créer le mouvement, décider si celui-ci sera de se lever ou de s'asseoir? Cette sorte d'influence s'appelle " le mode propre »; c'est un des côtés par lesquels peut être envisagé l'acte dans sa dépendance de la puissance humaine, et ce point de vue est capital.
car c'est en co sens que l'homme se rend digne de récoi pense ou de chfttinicnt. — Les Mntazclites, ajoute BâkilAni, ont admis que la seule existence ne comporte ni récnmpense ni cliAtiment, et que le bien et le mal sont des qualités essentielles en sus de l'asistence. Pourquoi, si ceux-ci admettent deux qualités ou modes, no pourrais-je pas en admettre dans la relation de l'acte à la puissance de l'homme?
L'opinion de l'imam el-Haraméïn sur cette grave question me parait se rapprocher de celle de Farabi '. Chahrastani dit qu'il l'a prise aux sag'es métaphysiciens, — sans doute aux Philosophes, — et introduite dans le Kalam. Cet imam n'aime pas les modes qui ne sont susceptibles ni d'être ni de non-^tre. Une puissance sans effet est pour lui une négation de puissance; mettre une influence dans un mode, pour lui, ne se comprend pas. Il dit donc : l'acte suppose la puissance, ici celle de l'homme; cette puissance a l)esoin d'une autre cause, dont elle dépend comme l'acte dépend d'elle; cette cause en appelle une nouvelle, et ainsi de suite, et l'on aboutit par là à tout faire dépendre de la cause des causes, qui est Dieu.
L'école d'Achari est atomiste, môme pour le temps. Le temps se divise en instants élémentaires, l'a accident ne dure pas deux instants; la substance même ne dure que parce que Dieu la fait durer, en y produisant des accidents: il faut ainsi qu'il y ait de la part de Dieu tme