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Chahrastani, p. G5 et suiv

LA THÉOLOOIE AVANT OAULt. 31

lÉkalliiii. les tlemiers venus, qui eureat lavantaffe. Mais ce par quoi les deux écoles diffèrent vraimenl, t'est par le cceur. L'une tend au dogme et h l'ortholoxie, J'autre s'en joue ou peut-être s'en raille. L'une î soumet, l'autre se rend libre. C'est une disposition Horale d'humilité et de foi qui caractériae l'école Qotékallini, et par là elle est di^b d'avoir enpendré îa^ali. chez qui l'intensité du sentiment moral ost un «ractère prédominant. Les premifrcs lignes du livre ! ïa déclaration d'Acharï montrent bien en lui cette Ësposilion humble '. Il y glorifie le Dieu n devant la Agesse de qui les sceptiques restent court, à qui B savants obéissent bon gré mal gré » ; il implore son lardon « en connaissant ses péchés et reconnaissant les erreurs >'. l'n mot de lui, cité au sujet d'un cominentairc du Coran, est assez topique dans le même kens. Il composa ce commentaire pour répondre à un lOtre qu'avait publié Djobbfly; t'était aloi-s une couhune de composer des commentaires du Coran, et el- Sindi le Philosophe, quoique peu préparé, semble-l-il, ic* genre de travail, en avait rédigé un ^. Répondant i celai de Djobbily, Acliari dit : n It composa un conimentaire du Coran en sens opposé de la révélation divine et eu langue du village de Djobba, bien difTénatede la langue sainte du Coran; il u'y a mentionné Aucune tradition sur l'autorité des anciens; mais il s'est ^poyésursa propre inspiration et sur celle de Satan, n

Ce reproche marque bien une i-éaction, au nom de la tradition historique et de la foi, contre les libertés estrt^mes que les Motazùlites avaient prises , tant pour le fond que pour la forme, avec la parole révélée.

Les questions, d'un intérêt philosophique, auxquelles nous faisions allusion tout à l'heure comme ayant été traitées pnr les Molékallini, à la suite des Motazélites, sont, à côté des questions plus spécialement religieuses , de la ci-éation du Coran et de la vue de Dieu dans l'autre monde, celles des qualités ou attributs de Dieu, de la liberté de l'homme, de la substance et de l'accident, puis celles de la constitution de la matière, de la divisibilité à l'infini et de l'infinitude. Voici quelques mots sur ces divers problèmes.

La parole de Dieu, selon Achari, est étemelle ; mais l'expression de cette parole par des mots et par des lettres n'en est que la démonsiralipn proposée à l'homme et est créée. Dieu , selon lui, sera vu dans l'autre monde ^lar les élus ; c'est le sentiment orthodoxe ; maïs je doute que sur ce point l'orthodoKie soit d'accord avec le Coran qui, à l'interpréter de la façon la plus directe, paraît enseigner que Dieu est trop majestueux pour être vu; sur un auti-c point, Achari me semble s'être mis en conlradiciion avec le Coran, quoiqu'il s'appuie sur lui : c'est lorsqu'il nie l'éternité des peines de l'enfer. Conformément aux expressions du texte révélé, il admet que Dieu a des mains , des pieds, un trône; mais que ce sont 14 choses non matérielles et dont il est impossible de préciser la description.

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Altou Ilâohim cl-Djolihfly, se distinguait l-ii rela de la plupart des Motazi^litcs qui niaient les adribnfs divins et les réduisaient à de purs mots, avait admis en Dieu des modes', cjui ne sont ni ue sont pas, et qui ne peuvent être connus qu'avec l'essence divine. Ces modes remplaçaient pour lui les qualités qui sont. Achai'i critiqua cette théorie. La différence qu'il y a entre les deux expressions savant, puissant, entendues de Dieu, est, dit-il, une différence ou de nom, ou de mode ou de qualité. Ce n'est pas une simple différence de nom, car rintelUgence juge bien qu'il y a là deux conceptions distincte)*; ce n'est pas une différence de mode, car affirmerun mode qui n'est ni n'est pas, est affirmer un moyen terme entre l'être et le non-ètre, ce qui est absurde. Il faut donc admettre des qualités subsistant par l'essence divine, qui ne sont ni Dieu ni autre chose que Dieu.

B&kilAui a nié qu'il y eût contradiction k supposer des modes intermédiaires entre l'être et le non-étrc. Il a admis ces modes.ct, en outre, les qualité», comme des abstractions subsistant en Dieu; et il a dit: le mode, tel que l'a compris Abou HècliîmDjobbAy, est ce que nous appelons proprement qualité ; nous posons en plus un mode qui fait exister la qualité. Le mode ici est donc à peu près la qualité ou attribut en puissance, et il se trouve suspendu entre l'être et le non-être un peu &la manière des idées générales. La qualité a une sorte d'existence dans l'essence de Dieu qui ressemble un

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