‹ GazaliChapitre 84 sur 102 · SUR LES POÈTES MYSTIQUES PËBSAXS · texte numérisé non relu

SUR LES POÈTES MYSTIQUES PËBSAXS

ligaré dans i< le chemin tic la recherclie ", si nous avons réussi à " lever les voiles » des langages étrangei-s, si du point où nous sommes placé et avec nos habitudes d'esprit, nous avons su comprendre des hommes nourris dans d'autres croyances, qui sont morts dans d'autres temps et ont vécu sous d'autres cieux, si, atome, nous avons pu refléter des races et des siècles, qu'il nous soîl permis de conclure par ces mots :

Le plus grand mouvement que décrit cette histoire philosophique de l'islam, est la lutte entre deux tendances : l'une, tenant surtout à l'intelligence, qui rend l'homme sensible aux joies de l'esprit au point qu'il en néglige In morale, lui donne de la hardiesse pour scruter les mystères, le pousse à chercher Dieu hors de luimôme dans le monde et le conduit au panthéisme ; l'autre qui est davantage du ressort du cœur, et selon laquelle l'honmie, après avoir désigné le mystère au moyen de quelques dogmes, respecte sun impénétrabilité, abdique l'orgueil de l'esprit; puis, rentrant en lui-même, tûche d'y retrouver Dieu partaniorale. De ces deux tendances, la première est paloune, la seconde chrétienne. Nous avons vu que c'est à la seconde qu'est restée la victoire. Naguère nous admirions la puissance intellectuelle des Pliilosophes de l'islam : ces Philosophes ont préparé le langage scolastîquo qui, usité par le christianismr, lui a permis d'achever son dogme et d'en parfaire l'expression. Dans ce volume-cî nous avons éprouvé de l'intérêt, pour les mystiques de l'islam, parce qu'ils ont demandé à la religion de Jésus la nution et le sentiment

de queltpies-unesdf SCS plus chères vertus, D'une part donc l'islam a donué au christianisme un mode de philosopher, fruit (lu génie naturel de ses enfants ; de l'aulir, il lui a emprunte un idéal moral qui ne pouvait 6trc connu que par dos voies surnaturelles. 11 y eut donc, entre les deux religions, une double relation; et cette douille relation est un double hommage que rislaniisme rend à la crok. Aussi nous qui, chrétien, avons cependant tenu à fonder ces études sur le principe de la plus ligoureusc impartialité, qui n'avons au préalable ni jugé ni classé aucune personne nî aucune Ihcsc, éprouvonsnous au moment de déposer la plume une gran<le joie : celle de constater qu'entendant travailler pour la vérité pui-c, nous avons en définitive tiavaillé pour le christianisme, élargi le champ de son action dans l'histoire, fait mieux sentir l'efficacité de son iniluencc, montré le triomphe de son esjirit au delà même de ses frontières, et par là quelque peu conU'ibué à sa gloire.

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