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pourquoi uninatia est-il propici-, ot un aulrn perfide?.. Comment ua m^oie ventre a-t-îl pour fruit rîntelligv! et le sot, si rcnfant tient de son père le secret de sa ture? Qui verra l'unité dans tant île milliers il'êtrcs cent mille mouvements -sortant du repos? »
Le Kadi répond (p. 38V ) : » souli , n'aie pas l'esprit obtus. Écoule h ce propos un exemple : c'est de la raf rac fa^on que le trouble des amants résulte du calme de l'aimé. Quand celui-ci reste impassible souslcs cai-esses, les amoureux tremblent comme des feuilles; le rire du bieo-aimé fait jaillir leurs pleurs; sa splendeur fait couler la sueur de leurs risages. Les êtres avec tous leurs modes et toutes leurs quantités s'agitent [par rapporta Dieu] comme l'écume à In surface de la mer qui est ellemême sans quantité [ni mode]. Il n'y a ni contraire ni seuibiable dans l'essence et dans l'acte [de Dieu] ; c'est de lui que [les Cires] revêtent l'existence. Ix contraire donne l'être au contraire ; celui-ci sort de celui-là et jaillit au dehors. Mais le semblable, qu' est-il? Le pareil de son semblable, qu'il soit bon ou mauvais. Comment te semblable ferait-il exister le pareil de lui-môme? S'il y avait deux semblables, i") homme pieux , comment l'un des deux pourrait-il avoir la primauté sur l'autre dans la création? Pour un nombre plus grand que celui des feuilles d'un jardin, il y a contraire et semblable ; maïs le monde est conmie l'écume sur la mer, pour laquelle il n'y a ni pareil ni contraire. Ueconnais-toi dans les girations des vagues qui sont sans mode, car comment la modalité entrerait-elle dans l'essence de la mer ? La
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loiiidrc vibration de ces flots c'est ton âme. Comment pprécier son mode et sa quantité par rapport au tout? » Chaque goutte de cette mer contient une intelliencc particulière (p. 388). une Ame, un corps. Mais intelligence universelle qui anime tout cet Océan, •ar quel moyen la connaître? Elle ne peut Ctre enermée dans aucune catégorie; elle est de la classe les cboseH dont on dit : on ne sait pas. Cependant, ielon l'ordre de la création, l'intelligence et le corps ml licfioin l'un de l'autre et ils se rendent de mutuels iorvices. Aussi l'intelligenco s'adresse au corps et lui m : « Otoi, n'as-tu pas emporté d'odeur de cette mer ,\ la<[uelle toutes choses retournent? » — Le corps s'étonne de cette invitation et répond à Tin tell igence : Il Je ne suis que ton ombre; pourquoi recherches-tu ''amitié d'une ombre, ô âme du tout? n Mais l'intellîi^cncc réplique : Ne t'êtonne pas; il arrive souvent [ue le plus digne serve le moins digne; " là un joleil lumineux fait le service d'un atome comme m esclave; un lion ici courbe la tête devant ime gazelle ; un faucon reploie ses ailes à côté d'une per- Iris... H
.1 Or la vérité, reprend le poMe par la bouche du ladi (p. 392), — et ici va se faire entendre de nouveau i note franchement chrétienne, — or la vérité plonge ans la vérité, et de là soixante-dix ou cent difféînces sortent. Mais je vais te dire comme ta question ■ it vaine, ô soufi; ouvre bien large l'oreille de ton ne : Pour toute blessure qui te vient du ciel, attends
le vctcDient d'honneur. Tu as vu cette peine, regard maintenant cette joie. Le morceau de l'épaule vien avec celui du cou, ô fidèle. Cetui-Ià n'est pas prino (jui te frappe, qui ne distribue à ceux qui le servent II trAncs, ni diadèmes; est prince celui qui te fait da largesses. Tout le monde vaut l'aile d'un mouciieroQ Pour un souniet il y a des faveui^ sans fin. Le mao.vais morceau dans ce collier d'or, c'est ce monde. Vole tout le collier, et reçois le soufflet... sois présent es loi-même, 6 jeune homme, afin qne celui qui t'appor» tera la robe d'honneur te trouve ft la maison; quoi il la remportera en disant : je n'ai trouvé pe^ sonne. i>
— " Comment se fait-il, repart le soufi (p. 397), que ce monde, sur lequel le sourcil de la mîséricordtt veille éternellement, produise en chaque instant i espèce de mal? Parmi les fleurs, ne produit-il pas 1 épines? La nuit n' éteint-elle pas le flambeau du jourl L'hiver ne dérobe-t-il pas au.\ regards la vae da jardins luxuriants? La coupe de la santé n'est-elle ] ftlée par la pierre de la fièvre?... On dirait que générosité du créateur a été affaiblie par quelqitl défaut, que quelque chose est venu porter le troQid dans sa bonté, n
Lorsque le Kadi eut entendu ■■ la question vaine : du soufi, pour parler comme le commentateur (p, &i6) il lui proposa d'abord un apologue, puis, lui repn chant sa sottise, il lui répondit en ces termes (p. 398) fl Tu es un soufi à la pauvre figure; ton i
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telligcnce est creuse comme le K de l'alphabet roufique... (p. 416). soufi, ne regarde pas ces changements de la fortune qui dépendent de la rotation de la sphère; ne considère pas ces privations des biens de la vie, ces famines, ces craintes et ces convulsions. Considère que ce monde avec toutes ses misères est mortel et indigne de tes soins. Sache que c'est une faveur que l'infortune, une vengeance du ciel que la possession de Balkh ou de Merw. Cet Abrahara-ci « (le patriarche) n'a pas fui devant le danger, et il a été sauvé du feu préparc pour lui; cet Abraham-là (Ibrahim, fils d'Edhcni) a fui devant la gloire mondaine, et il a été consumii par le feu de l'amour divin. merveille de la diversité des voies de Dieu! Ce sont des traces qui se croisent sur la route de la recherche mystique... »
Mais le soufi, non satisfait, réplique (p, 418) : « Ce Dieu auquel on se contie, n'eûf-il pas pu faire que nos passions fussent tout profit sans perte? Celui qui change en feu la plante et l'arbre, eût pu faire aussi que les choses fussent incapables de nuire. Celui qui tire la rose de l'épine, eût pu faire que cet hiver fût un printemps. Celui qui soustrait le cyprès à la caducité des feuilles eût pu changer en allégresse le chagrin. Celui qui tire l'être du non-étre et Irj fait subsister, quel défaut peut-il avoir? Celui qui donne à la poussière une ftme et la fait vivre, s'il ne tuait pas ce corps qu'il a formé, quel dommage en ressentirait-il? Ou quel inconvénient en eùt-il résulté pour lui, s'il avait
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permis, dans sa inuiiifiocncc, i[ue le but do la ^^c fùl atteint sans coinbal, en rendant impossible la tentatinii de l'Ame faible et la révolte du maudit? "
Le Kadi répond (p. i21) : <• S'il n'y avait pas de pr^ cepte amer, s'il n'y avait pas de choses bonnes et de choses pénibles, de pierres et de perles, s'il n'y avait pas d'âme animale et trompeuse, de démon, de passions perverses, de quel nom alors et de quel surnom le Roi appellerait-il ses serviteurs, û efIronté?Comnient diraitil : tu es patient ou tu es doux? Comment dirait-il : lu es brave ou tu es sage? Comment se trouverait-il des hommes patients, généreux, charitables, s'il n'y avail ni tentation ni démon maudît? Rusteni et Ilamzali les braves seraient identiques à un lâche. La science et Is sagesse seraient illusoires et s'évanouiraient. Lascience et la sagesse sont préparées pour servir durant la route; mais il n'y aurait point de route, puisque tout chemin serait également bon selon ta philosophie. Pour cette taverne de la nature où l'eau est saumâtrc, tu Toudrai* dévaster les deux mondes. Mais je sais que tu es pui et que tu ne me poses ces questions qu'à cause du valgaire. Apprends donc enfin que toute injustice et toutf affliction en ce monde est légère au prix de l'éloignément et de l'insouciance a l'égard de Dieu, car ces choses-là passent, celle-ci ne passe pas. A celui-là l'empire, dont l'âme est éveillée. »
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Si, étant arrivé, après de nombreuses « stations », an terme de notre longue route, nous ne nous sommes point