VASES PEINTS ET TERRES CUITES
tiaas ngus apprêtions à rendra coinpie ici de cet ouvrage, quand lu mort est venue subitoment frapper H. Dumont. Le vide qu'il laisse Hu miaistëre de l'instruction publîqne où, depuis cinq année), il dirigeait l'enseigoemenl gupërieur, se fera bngtemps sentir. Il avait entrepris une grande et noble tâche, la régéaéraliDD de notre pays par la science. Persuadé qu'une nation qui veut tenir dans le monde un rang honorable ne saurait négliger les fortes études, il avait fait entrer nos facultés daos une voie nouvelle, en y provoquant un zèle général pour la recherche scientiQijue. Il lui restait encore beaucoup ï faire, et, s'il eût vécu, nous eussions vu, sans doute, la plupart de nos grands établissements d'instruction supérieure transformés ' par son heureuse initiative. Hais ce qu'il a
fait subsiste, et les facultés animées d'une vie qui leur était inconnue, les bibliothèques enrichies, les bAtimenIfi réparés ou reconstruits sur de plus vastes plann, les chaires multipliées, de nombreux auditeurs groupés autour d'elles, disent assez que ses eftorta pour répandre et développer en France le goût de la haute culture intellectuelle n'ont point été vains.
— Paicicnla 1 cl IL Patii, Pitmln-Slilot, 1881 , 1883.
kit, GAZETTE DES BEAIIX-ARTS.
H. Oamont n'était pas Mutemeot ua administratear de graod mérite, épris d'am généretue paanoo pour ce qu'il regardait comme uoe œn*re de relàvnmsDt natiooal : c'était eDCora un de dos savaats les plus diatioguéi. Ancien élève de l'ËcoIe normale, où il était entré en 1861, pmnier agr^ d'bisloire, ancien membre de l'École d'Athènes, chargé de différeDles missioDS archéologiques dans les contrées da n(»d de la Grèce, il avait au de bonne heure se faire un nom dans la sciencs. A Lreole et un ans, il comptait d^à parmi les mattros. Docteur depuis 1870 ', connu par divere Iravaui d'érudition et par d'autres, dont les tristes événements de la guerre francoallemande lui avaient fonmi le snjet', il était tout désigné pour organiser à Rome la nouvelle école d'archéologie dont il avait, un des premiers, entrevu Futilité et qu'il fat appelé à diriger en 1873. Deux ans plus tard, cette école qui, josqufr-là, n'avait été qu'une sorte d'annexé de l'Ecole d'Athènes, était assez forte pour vivre indépendante, et H. Dumont passait de Rome i Athènes, où il allait donner aux études archéologiques une nouvelle et bienfaisante impulsion. La création du B»Uelin de corretpottdance hellénique, qui devait mettre l'Eure^ savante en rapport avec les archéologues de l'Orient, celle de la Btbliothiqtu dei Ècolei fnmçai$ei tfAlhitWi et de Home, destinée â publier les principaux mémoires des membres des deux écoles, sont les innovations capitales qui signalèrent sa direction. En 1878, l'École d'Athènes était en bonne voie : H. Dumont revint en France remplir les fouctiona de recteur, d'abord i Grenoble, ensuite à Uontpellier. C'est de Hontpellier que H. Jules Ferry le fit venir, en 1 879, pour lui confier la direction de l'enseignement supérieur. Déjà, à ce moment, il était correspondant de l'Académie des inscriptions : en ISSi, l'Académie, voulant récompenser ses nombreux travaux et cet inbligable dévouement h la science française dont il avait donné tant de preuves en Italie et en Grèce, lui ouvrit définitivement ses portes.
H. Dumont a beaucoup écrit : pour ne parler que de ceux de ses ouvrages qui concernent l'antiquité, épigraphie, archéologie figurée, art chrétien, moonments de l'âge de pierre, il a tout abordé. Hais, parmi ses travaux, ce sont les travaux épigraphiques qui, par le nombre tout au moins, occupent le premier rang'. Il avait aussi de l'art grec un vif sentiment : ayant beaucoup fréquenté les musées d'Athènes, familier avec tous les objets où se révèle ce sens exquis de la beauté qui dislingue les Grecs et particulièrement les Athéniens, il jugeait les œuvres de l'art hellénique avec une grande sûrelé, comme peut seul le faire un esprit qui a longtemps vécu dans une intimité quotidienne atec les monumenls. Sdh mémoire, encore inédit, sur les ba-^ reliefs connus sous le nom de Banquets fanibret, mémoire couronné en 1667 par l'Académie des inscriptions, est plein de remarques ingénieuses et fines sur la plastique grecque et sur les prccédés à la fois si simples et si habiles qui lui étaient propres. Les miroirs Gièrent un moment son attention : il aimait les beaux dessins qu'on y trouve gravés, et dont quelques-uns ont tant d'élégance et de charme *. Hais,
I . Su tbbtet ont pour UUn : De jiliimbeli apud Gracia laitri$, «t £miiI tar la elirmutoçlt dit ardKMii athénltm peiierltun à la ciiii>** Olymplait H tur la lueetâilon da tnaglimU ipUUqutt.
3. Ln âhbiUiéi aux avaBI-poiIa, dani lu Hnue in Deux Matdtt <15 juriei 1871) ; L'Alion tous le rrçimt pi-ussien depait ta halaille de Warlli, IHi. (1" Juin 1ST1) ; La Propagande pruateiuu «i Alioee, tbM.(ISjuia imi).
. 3. Va de H* principiu ooniKai, VEisai tur l'rphibie attùpu, S Toluinu, Paria, Didal, ISTS-IS, «it UDS remiiquibla iluds d'SpiRTaphie. Ciloni encore, parmi %rm mim lr»T»jji ipigriphiqae» : /ntcHplJrnu céramiqua dt lu Grtte, diiu ta> Arettlvn dei miiidiiii tcirriii/fuci (ISÏt); Faaitt iponymiqiin d'Athènei (18T4I i InterlpIUnu ri nonuinmlj jI^uih di la Thrace (Itns), «c.
4. Voj. l'articl* Intilulé Mli-eln gi-eci ornêi de figuita au liait, diDi 1m jVunumm» t/ff piMi/t
de toutes les maaifestationB de l'art od Grèce, c'éiait la céramique qui lui paraissait le plus digne d'ioUrët : il appréciait comme elles lo méritent ces gracieuses GguriDes dont les Bépultnresde la Grèce et de l'Asie Mineure ont roumi, dans cesderniâres années, de si norobreax spécimens; ilavait an véritable enlhousiasme pour ceslécvthes blancs d'Atbâufs dans la décoration desquels on retrouve quelques-unes des traditions de la grande peinture altiqne. Depuis longtemps il méditait un travail d'ensemble sur les diiïéfeotes cérainiquee des pays grecs. 11 en avait commencé, il y a trois ans, la publication : c'est le livre qu'il laisse ioacbevé et dont nous voudrions dire ici quelques (rots.
CjB livre, les lecteurs de la Gazelle le connaissent déjà. H. Dumont le leur annon-
çait dans deux articles publiés en 1873 et 4874 soud le titre suivant : Votes peints de la Grèce propre '. A la niAme époque, il in.'éraii danfi le Journal des Savanls un travail plus étendu', dans lequel il traçait Ips grandes li|ines de l'ouvrage qu'il s'apprêtait è composer. Il n'a pu fairo paraître dn cet ouvrage que deux fiacicules; le troisiâme allait voir le jour, quand la mort est venue brusquement y mettre obstacle. Ces
par tAtiociaUi» pour i'tnamrajniuiif da iluda grtequa tn Prantt (1873). Il r*adni( eneor*. pour ltr<
complet, ^satlenu giud aonibn d'irtiolM pablidi dui la Remu aTthiotiçf^ut, dcu U GiaiOt areliëoli^ifuf, dint 1< Bullriln il i'kcoie fruKfaiie d'Alhino, dau le 0iJliliii ilt ti>mifioiidanci Aellniffiu, Mc.
I. Gaxelle dei Zlmiuc-jlrlt.S» ptriode, I. VIII, p, III, ei i. IX, p. ii\. Ce ne iodi pu IhhuIi ulicln que II. Damant lit dannAi * li Gaittlt. Voyet tuniaVIll, p. Ki, le compta landu qui ports ce tilis i Va HOuvnu rficlIsnnoJK i'archiolotit |il l'asit du Dielionaaire dei aHtiquilà ffrnf uci tt roMifnri de UM. Dminberg el Suiflio), st. miim» tolums, p. 471). l'ennDiics du Guldi de U. Emile lumbert, llinérain d* i'UHtM, Vojei encore, tome XI, p. -115, l'article intitula : Lti aunUaça di Miui* du Laimri.
!. Jaurnat dti nairtli, 1S7S-73.
deux premières livraisona sont consacrées tout entières b l'étude des céramiqDes primiiÎTes.
SaoB vouloir, an moins dèa le débat, assigner aux monnnieDls qu'il passe en revue aucune date précise, H. Dnmont reconnall que les vases les plus andens amenés 6 la lumière par les découvertes pins ou mains récentes de l'archéologie peuvent être répartis en un certain nombre de groupes. Ceux qui appartiennent évidemment à la pins haute antiquité Eoot ceux que H. Schliemann a trouvés dan^ la Troade, I Hissarlik. Ces formes grossières, qui essayent paifois de reproduire la Ggure humaine, ces procédés de f«brication tout rudimentaires, l'eilréme simplicité de l'omementalioD, qui consiste en traits, en lignes ondulées, en cercles, en points, en tresses, dénotent l'industrie d'un peuple enfant et répondent k nn état de civilisation encore barbare. Les vases de Saotorin, dus aux fouilles successives faites dans celte Ile par HH. Fouqné et Gorceii, marquent déjà un progrësconsidérable. Les formes sont plus gracieuses, la décoration est plus riche : de larges rubans, des volutes s'étalent sur la panse des vases; des végétaux, feuilles ou Qeurs, en ornent le poartour; des animaux, oiseaux ou quadrupèdes, s'y poursuivent au vol ou i la course. Ce n'est pas encore de l'art, mais on aperçoit déjï, dans ces informes dessins, une certaine recherche et un réel effort pour imiter U nature. Avec les vases d'Ialysos, dans l'Ile de Rhodes, commence pour l'histoire des céramiques helléniques une nouvelle période : les formes se diversifient, les ornements se compliquent. Ani lignes, aux bandes parallèles, aux feuillages, déjk rencontrés sur les vases de Santorin, rosis traités ici avec plus de liberté, s'ajoute la pieuvre, dont les Oeiibles tentacules fournissent un très heureux motif de décoration. Hais les vases qui présentent les ornements les plus vsriés et les plus somptueux, s'il etl permis d'employer cette épilhèle en parlant de l'art élémeiH taire de ces temps reculés, sont les vases dont plusieurs fragmentsont été découverts par H. Schliemann à Hycènes, dans les fouilles heureuses qu'il y a faites en 4876-77. Si ces fragments sont peu nombreux, les objets trouvés à côté d'eux, ustensiles d'or et d'argent, feuilles d'or repousfées, appliquée, boutons, etc., permettent de se faire une idée très exacte de la manière dont les artistoi mycénéens entendaient, à cette époque lointaine, roroemenlalion, au seas le plus général du mot. Cette ornementation est d'une richesse extraordinaire : comme celle des poteries d'Ialysos, avec laquelle elle a plus d'uo rapport, elle a recours aux ornements géométriques et aux feuillages, mais les animaux s'y voient en plus grand nombre que sur les vases rhodiens : outre la pieuvre, on y distinguo le papillon, le cerf, le lion, l'aigle, la cbouelte, le griffon, le sphinx, le poisson, quelques combats d'animaux, parfois même la figure humaine. Nous sommes Ib, ï n'en pas douter, en présence d'une civilisation déjà très avancée ; cette fécondité d'imagination, cette sûrelé de main dans l'exécution des motifs décoratifs même les plus complexes, supposent une longue période d'élaboraiion et de perfectioonemenU succwsifs, et justifient l'élonnement des archéologues, k la première apparition de ces curieux monuments : ils prirent l'art de Hycènes pour un art de décadence'.
Il est clair qu'entre ces anciennes poteries et les beaux vases & fond noir et k figures rouges que nous admirons dans les principales collections européennes, la dif-
I. An gtuapa da lljttan m ralUcbant itroflemanl qualqan objati lrouT«i mt la mSma lem]» en Attlqoe ptèi du Tillaga da Sp»t«. miia qui appaitieDneol tridammeot i une diiliulioD plu» tAmpIs eoeota : Ui UmoigneDt d'une inOaaDca oriaolal* (lèi marquée, laOuanc* qua toD ne eoniUls i HjciiiM
féreDM est grande. La décoration rnSme des objets de Hycëoes semble barbare, quand on 1> compare aux scènes qui se déroalent autour des grandes amphores du cap Kolias, ou h ces gracieux tableaux fixés par un trait léger sur la couverte blanche des lécythes d'Athènes. Les procédés d'ornemealation des céramiques primitives n'inléressenl pourtant pas la seule archéologie : ils louchent de très prés à l'histoire de l'art, et les analyser dans le détail, comme l'a fait H. Dumont, c'est étudier le sentiment artistique chez des peuples dont nous ne savons k peu près rien, mais dont nous pouvons, grâce aux monuments céramiques qu'ils aous ont laissés, nous Qgurer, dans une certaine mesure, la civilisation et l'industrie. 11 est curieux de suivre les trauN-
(Tjpa ucieD d'AtbinM.)
formations qu'ont subies, d'un groupe h l'autre, les principes de la décoration, et de voir par quels degrés on a passé des simples lignes tracées à la pointe sur les vases d'Hissarlik aux enroulements ingénieux, aux rosaces, aux animaux représentés, ï l'aide de la couleur ou au repoussé, sur les antiquités de Hycéaes. Or les artistes dont l'inexpérience ou l'expérience relative a su décorer ces divers objets sont les ancêtres de ceux dont les savantes peintures nous charment, quand nous les rencontrons sur les vases altt;]ues du iv* siècle, sur ceux de la Sicile ou de l'Italie méridionale. Entre ces produits d'un art qui tâtonne et cherche sa voie et ceux de la céramique parvenue k la pleine possession de tous ses moyens d'expression, il a dA y avoir une série d'efforts succeâsifs, une suite de progrès non interrompus. Essayer de retrouver les anneaux de cette chaîne, marquer les étapes de cette marche lente, mais continue, vers la perfection, n'est-ce pas écrire un chapitre de l'histoire de l'art.
et ces étad«8, sridea en apparence, n'oni-ellei pas, quand on en aperfoit neUement le but, un pea de U poésia qui s'attache, en tontes choses, i la recherche de» origines et des mystérieuses filiations qui relient les différentes époques de l'humaniié T
Un des grands mérites de H. Dumont est d'ar«ir commencé par eumîner les co% leclions d'Hi^sarlik, de Santorin, d'Ialvîos et de Mfcènes an point de vue purement archéologique, sans se préoccuper de l'époque probable à laquelle il convient de rapporter cbacuoe d'elles. Il allait pourtant essayer de les daler. C'est ce que fait U. Dumont i la fin du premier làiciculo de son livre. Il y est aidé par la connaissaitce q«e nous avons de la date approximative du grand cataclysme qui bouleversa l'ile de Santorin et lui donna la forme qu'on lui voit aujourd'hui. Ce cataclysme eut lieu vers le ivi* siècle avant ootre in. Or les vases de Santorin sont antérieurs à ce cataclysme. Le zvi* siècle serait donc la date la plus basss qu'on pourrait leur assigner, tandis que les vases d'IIissarlik , plus anciens, nous reporteraient peul-èlre jusqu'au XX* siècle. Quant aux poteries d'Ialysos etdeHycènes, elles s'éclie Ion nera lent entre le XIV* et le iif siècle. Ce n'est là, comme on voit, qu'une chronologie relative, maia fi l'on songe que l'histoire grecque ne commence qu'an ix* on an vin* siècle et qne l'étude de l'art grec le plus ancien ne permet guère de remonter plus haut, on comprendra l'intérêt de ces recherches, qui ôlent à la légende, pour lee donner i l'histoire, près de dix gitcles entiers.
D'autres groupes de vuses apparaissent, dans l'histoire de la céramique, avant les vases de l'époqun classique. H. Dumont les étudie dans le second fascicule de son ouvrage, où il passe en revue les poteries des tle.<, ornées de rubans horizontaux, d'échiquiers, de croix aux extrémités recourbées, etc., et les polrries les plus anciennes d' Athènes, qui tantdt reproduisent le style géométrique dans toute sa pureté, tantôt y associent la Ggure humaine. C'est dans ce fascicule également que se trouve unnGne analyse de la décoration orientale telle qu'elle s'offre à nous sur divers objets provenant de la vallée du Tigre et de l'Euphrate, des bords du golfe Persique, de la Phéiticie, de l'Asie Mineure, de Chypre, etc., et dont les ornements rappellent ceux de plusieurs séries de vases.
Continuant ainsi i suivre te déveteppemenl progressif de rornementation et des formes, notant les parentés des divers groupes entre eux, analysant les influences exercéeeou subies, H. Dumont fût arrivé ft l'élude des produits céramiques qui ont une véritabte valeur d'art; il eût été amené & nous perler des diSérentes fabriques de la belle époque et des sdmirables peintures qui en sont sorties '. Quelques-unes des planches déjk publiéesconticnnent la reproduction d'un certain nombre de ces peintures. U. Chaplain les a rendues avec une scrupuleuse exactitude et le vif sentiment qu'il a de la beauté grecque. Le commentaire en eût paru plus tard, mais on peut dès maintenant les admirer et se faire, par elles, une idée de la perfection qu'atteignit, en Grèce, l'art de décorer les vases. La gracieuse figure reproduite plus haut et représentant un personnage, probablement Orphée, jouant de la lyre, montre l'habileté des artistes anciens à saisir le naturel de certaines attitudes. Assis sur un rocher et por* tant le costume thrace, la tête légèrement inclinée vers son instrument, comme pour mieux percevoir les sons qui s'en écliEçpent, le poète tient de li main gauche sa lyre, tandis que de la main droite il en frappe les cordes avec une sorte d'archet. Le vase béotien sur lequel est peint ce motif nous montre encore, à droite et à gauche du
mubiciea, deux femmra en hubit guerrier qui te regardent el l'écoutent, pendaDtitu'uoe troisième, assise à l'écart, tourne vers lui la tète et semble jouir avec une espèce de recueillement des doux accents qu'il Tait enl^^udre.
Les dessins même tracés d'une main négligente ont souvent, sur les vases grecs, UD grand charme. Témoin cette scène où l'on voit Aphrodite purlée par un cygoe aux ailes étendues et précédée d'un Ëros ailé qui tient de la main droite un alabastron, A droita, un éphèbe assis sur uo rocher regarde fuir le couple dirin. Lege^te gracieux de la déesse, qui d'une main retient son écbarpe enQée par le vent, tandis que de
HyipTii im lécrtbiu Mh^aieii.)
l'autre elle guide son aérienne monture, l'élan léger de l'Amour, la calme attitude du jeune Nomme assis Torment nn ensemble de lignes harmonieuses et de discrètes indications qui enchanleiit le regard.
Les scènes de g)'né[;ée sont fréquentes sur los vases d'Atliènes. Colle qui est reproduite quelques pages plus haut se trouve sur une œi>ochaë à figures rouges de beau style. Elle représ'tnte deui femmes occupées, dans l'intérieur de la maison, ii lavur des vêtements. L'une d'elles, velue d'un costume brodé, se courbe pour répandre sur des éioffes qu'on aperçoit à terre le contenu d'un vase qu'elle tient de la main droite. L'autre, debout, place les vêlements lavés et plies avec suin sur une sorte de îécliuir suspendu au plafond par des cordes. Un enfanl se tient à gauche, faisant pendant a un grand siège sur lequel sont étalés de riches li^isus. Les Athéniens aimaient ces repré^eniations familières, dont ils corrigeaient la vulgarité par cette grâce qu'ils mellaieul à toute chose et qui rehaussait leurs moindres actions.
Mais les plus belles peinlures de vaseg sonl celles de ces lécylhes qai représenteot ordiDairement des scènes fuDéraires, et dont l'ouvrage de H. Dament contient deux spécimens d'une grande perfection '. Sur l'un est Ggurée la loileile funèbre. Sur l'auLie, 00 voit la scène de la déposition du mort dans le lombeau. Au pied d'une stèle surmontée d'une touffe do feuillage, deux génies ailés, l'un bariiu, l'autre imberbe, soutiennent lo corps d'une jeune femme ï demi enveloppée dans on ample manteau. A droite de la stèle, un éphèbe coiffé d'un pélase regarde la scène en élevant la main gauche. Le calme des personnages, la sérénité do leurs traits, l'attitude même de la morte, qui semble respirer encore, mais dont le regard, perdu dans une sorte de contemplation, a l'air d'errer à travers de vagueg espaces, donnent à ce tableau on caractère saisissant de grandeur recueillie. L'idéa de la mort, discrètement indiquée par la présence de la Stèle reléguée au second plan, n'est pas ce qui domine dans cette scène- Ce qu'on y sent plutôt, c'est la vie supérieure d'un monde lout idéal, éloigné des souCTrances et des laideurs du monde réel.
Telles sont quelques-unes des représenlations sur lesquelles H. Dumont eût insisté, s'il eût pu terminer son ouvrage. Dans l'élude de ces scènes qui intéressent l'art autant que l'archéologie, sa pénétration, sa Unesse et ce sentiment intime qu'il avait de lu beauté des formes grecques eussent aisément trouvé è s'exercer. Les amis de l'antiquité ne peuvent qu'amèrement regretter la latale interruption de ce beau livre. Nous aurions atteint notre but, si nous avions réussi ï inspirer les mômes regrets aux amis de l'art.
PASL aiHAao.
diiu U Qatlti, » pitiods, t. IZ, p. 118,
If, RMirlxur •>■ ch«r. vêtant : LOUIS OOSRB.
luij. — Imp. A. l
Nous avons tenté d'esquisser légèrement l'aspect et l'expression des édifices principaux qu'on a groupés en vue d'un grand ensemble. Il en est d'isolés, dont l'importance n'est pas moindre et qui méritent assurément qu'on s'y arrête. Tout d'abord, nous devons parler de l'Ëcote des Beaux-Arts et de ta Bourse, par H. Hansen. Gomme nous te disions au début, ce maître a tteaucoup construit à Vienne. Or nous retrouvons dans la plupart de ses œuvres une préoccupation de l'antiquité qui l'encourage à certaines audaces heu" reuses de coloration. Dans cette École des Beaux-Arts, H. Hansen a essayé de colorer les façades en mariant aux tons chauds de la terre cuite les peintures décoratives et les ors. Sur deux étages de soubassement se superposent, trop également peutrétre, deux autres étages ornés de pilastres ioniques et corinttiiens et de nombreux ornements en terre cuite rapportés. Dans les entre-colonnements, des baies cintrées sont alternativement ouvertes ou bouchées, en forme de niches décorées de figures
1. Voy. Gazette du Beaux-Arts, S* période, t. XXX, p. l« et 460. XXX. — 1* p£mode. m
peintes sur food d'or ou décorées de copies en terre cuite des plus belles statues antiques.
Ces réductions A une même échelle des modèles de la sculpture an-
(UW. TuidwiilUl M s
tique ont le défaut de rapetisser un Hercule aux proportions d'une Vénus et, par suite, d'annuler le caractère propre à chacune de ces statues. Nous regrettons aussi ces fausses baies transformées en niches. Ce parti
L'ARCHITECTUBE MODERNE A VIENNE. ii83
manque de franchise. Puisque l'architecte avait besoia de pleins aux étages supérieurs, autant valait tes accuser fraDchement par des tnimeaiu. 11 y a là manque d'harmonie entre les distributions intérieures et les façades. D'antre part, la lourdeur des masses carrées et un peu plates du monument est plutôt augmentée qu'atténuée par des détails beaucoup trop fins et secs d'exécution. A l'intérieur, les salles et les
[UU. VndMnall «t Slccudtbnrg, urcbiUcIca. |
galeries qui renferment les collections manquent d'ampleur et de lumière. Aussi, tout en voulant mettre dans son œuvre la pureté de style qui convient assurément à une école, H. Hansen a-t-U plutôt rencontré, malgré ses essais de coloration*, une sorte de froideur qui est, certes, éloignée des grâces nobles et souples de l'art grec dont il enseigne le culte dans cette école.
Si entières que soient ses préférences, M. Hansen s'en est cependant
t . Sur la façade postérieure, certains panneaux ou busses baies sont ornés de figures peintes dans le style pompéien. Hais la brutalité du climat ne lee e pas épargnées, malgré la saillie do la corniche, et dans quel(]ues anoËes il ne restera de ces décorations que des taches indécises.
kik GAZETTE DES BEAUX-ARTS.
quelque peu départi dans la nouvelle Bourse qu'il a construite avec H. Tielz à la suite d'un concours restreint.
Dans cet édifice, qui présente un carré presque parfait de 100 mètres environ de côté, la sévérité des ordres dorique et corinthien, que M. Hansen a élevés en façade sur le Schottenring, est tempérée par une interposition d'arcades à l'italienne et par des loges ouvertes en arrière que décorent d'abondants reliefs eu stuc.
L'influence de l'architecture vénitienne, à la fln du xv' siècle, est également manifeste sur les façades latérales du monument. Bien que l'accord ne soit pas complet entre les différents emprunts faits par H. Hansen à l'Antiquité et à la Renaissance, l'ensemhle est assurément décoratif et offre de beaux morceaux. La grande salle intérieure de 50 mètres sur 26 mètres est d'un grand eflet. Elle s'allonge en forme de basilique entourée de deux étages d'arcades répétant l'ordonnance de la façade. Sa hauteur totale est de 22 mètres sous plafond à caissons ome-
Nous ne pourrions détailler les nombreux travaux de M. Hansen à Vienne. Citons néanmoins : l'École protestante; l'Église grecque du rite oriental ; le Conservatoire, avec sa grande salle de concerts ; le Musée d'armes. Ce musée fait partie do colossal ensemble de bâtiments qui constituent l'Arsenal. Cet arsenM gigantesque, qui couvre 33 hectares de terrain, est une des grandes entreprises réalisées à Vienne. Il enferme, dans une enceinte rectangulaire de casernes, des b&Uments de toutes sortes : magasins, ateliers, dépôts, fabrique d'armes, fonderie de canons, salles d'essais, usine à gaz, église, etc. ; il est en état do pourvoir à l'équipement et à l'armement de toute l'armée autrichienne. Cinq architectes ont été chargés de la direction de ces immenses travaux. Tous les bâtiments enveloppants ont été construits par Vandemûll et Siccardsburg; l'Église et les établissements techniques par Forster; le Musée d'armes par Forster et Hansen, bientôt seul par suite de la mort de Forster. Ce musée, qui renferme une collection intéressante d'armes anciennes et de glorieux trophées, est isolé au milieu de l'arsenal etconstitue un monument à part en style romano-byzantin. A l'intérieur, les marbres, les stucs, les ors, les peintures ornementales, les compositions allégoriques sont prodigués. Un grand escalier, précédé d'un riche vestibule, conduit au premier étage dans une grande salle de 23 inètres de hauteur, sur plan carré, surmontée d'une coupole. A droite et à gauche s'étendent deux grandes galeries terminées aux extrémités par des salles en retour d'équerre. Comme on le voit, la décoration a été prodiguée dans ce musée qui est une des curiosités de Vienne. Mus ce qu'il est surtout inté-
L'ARCHITECTURE MODERNE A VIENNE. h^S
ressant de constater, c'est la part faite à l'art dans ces constructions, qui pourraient ne prétendre qu'à l'utile sans souci des formes apparentes. En effet, le musée n'est pas seul ici une œuvre d'architecture; les différents bâtiments de ce vaste arsenal, ses casernes enveloppantes, ses hauts pavillons carrés construits en briques, couronnés de créneaux et de mâchicoulis, offrent un ensemble de puissante tournure moyen âge.
II en est d'ailleurs ainsi de la plupart des ëdiRces utilitaires élevés récemment à Vienne. Ceux qui par leur destination sembleraient comporter le moins d'ornementation sont encore des monuments dont le rAle décoratif est cherché. Peu À peu, au contraire, en France, soit insuffisance de crédits, soit entraînement vers le rationalisme, !a simple construction apparente supplante trop souvent, en bien des cas, les formes architecturales. Certes, nous honorons trop l'architecture vraie, pour ne pas nous féliciter d'un retour vers les principes qui, depuis l'antiquité jusqu'au moyen âge, consacrent l'alliance intime de la construction avec le décor. Hais croit-on avoir fait suiBsamment œuvre d'architecte en accentuant simplement la pierre, la brique, le bois ou le fer mis en
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œuvre? N'y a-t-il pas au-dessus du constructeur l'artiste qui doit réaliser la poésie des formes, et suflîra-t-il d'un agencement méthodique de matériaux pour donner au spectateur la sensation du beau? Nous oublions trop aisément aujourd'hui que l'arcfaitecte doit aussi se préoccuper de la noblesse des proportions, de l'élégance des lignes, du charme des détails, de rbarmonie des colorations. Nous renonçons légtremént à nos vieilles qualités d'invention, nous répudions la libre inspiration, pour nous asservir au réalisme de la matière. Gardons-nous de cet excès, nous y perdrions bien vite ces qualités géniales qui font la séduction de notre architecture française depuis les premiers temps du moyen âge jusqu'à la fin du xrni* siècle.
Ce n'est pas que nous fassions cas, plus qu'il ne convient, du décor quelquefois excessif des nouveaux édifices de Vienne. Nous avons dit ce qu'il vaut souvent, en parlant des constructions privées de cette ville ; mais nous savons reconnaître aussi le méritoire effort fait par les architectes viennois, pour donner tout au moins à leurs œuvres des qualités d'aspect et ne pas se montrer indignes des radieux modèles qu'ils vont, de l'autre côté des monts, demander à l'Italie de la Renaissance.
Nous voudrions encore parler du salon de société {Cursalon) construit par M. J. Garben au Stadt-Park, de l'hôtel du commandant général par le professeur Doderer, de l'Académie de commerce par Fellner, du Cercle des artistes par Weber, de l'Hôtel de la société autrichienne des architectes et ingénieurs par 0. Thienemann, du bel hôtel de la Banque nationale par Ferstel, des hôpitaux considérables nouvellement créés, des gares immenses et, en particulier, de la gare du Sud, bien étudiée par l'architecte Flattich, etc.; mais nous devons nous limiter, sous peine de fatiguer, par des répétitions constantes, le lecteur qui a bien voulu nous suivre jusqu'ici.
Nous aurions aussi à faire connaître les nouveaux théâtres de Vienne. Nous dirons seulement quelques mots de l'Opéra impérial. On le connaît, à l'étranger, surtout par l'éloge pompeux qui en a été fait ; mais à les Viennois le vantent au dehors, k Vienne, ils ne lui ont pas ménagé les critiques. Les architectes du monument, HH. Vandemal! et Siccardsburg, y ont succombé'.
4 . VanderDUII et Siccardsburg avaient obtenu le premier prix dans le concours ouvert pour la conatruclion d'un nouvel Opéra. Hais c'est à la faveur dont jouissait Siccardsburg auprès de personnages influents qu'ils obLinrenl l'eiécuiion des travaux. Vanderniill s'occupa parliculiè rement de la partie artistique. Travailleur assidu, il était d'un caractère niisanlbrope, iuaccessible à toutes relations amicales ou mondaines. Les deux architectes furent vivemeot affectés du reproche (ait à leur façade principale,
Ed vérité, œs architectes eussent dCt montrer plus de caractère; tout artiste doit faire d'nntant meilleur marché de la critiqua qu'il sait davan-
tage ce qu'elle vaut, le plus souvent. Leur œuvre ne méritait ni cet excès
d'être trop enterrée et comme écrasée par les maisons voisines. VaDderallU ne résista pas k ces critiques; il se pendit dans un accès de spleen et, quelques mois après, le
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de louanges ni cet excès d'attaques. Ce que l'on peut dire véritablement, c'est que le résultat ne répond pas à l'eObrt. A l'extérieur, les suriaces plates enveloppent l'édifice d'un même motif d'arcatures petit d'échelle, mesquin de détails. La loge ouverte en façade sur le Ring ne rachète pas la monotonie des façades latérales. Aucune silhouette accentuée, aucun grand parti dans l'ensemble. Le plan, très inspiré par celui de l'Opéra de Gb. Garnier, qui lui est antérienr, ne répète que ses divisions, moins l'ampleur monumentale des dimensions et la puissance audacieuse du décor. Certes, nous y trouvons des détails recherchés et soignés, mats plus encore des intentions que des réalisations. La salle de 21" x 26~,80 et d'un décor très clair, est certainement la meilleure partie de l'édifice. Cependant, la superposition presque verticale de quatre étages de loges, à la mode italienne, et la hauteur considérable des balustrades d'appui se prêtent mal au déploiement des toilettes. Hus le public viennois, très passionné de musique, vient là plutôt pour écouter que pour se montrer. Aussi, dès le lever du rideau, le gaz est-il baissé pour concentrer sur la scène toute l'attention des spectateurs. Dans les bonnes dispositions des galeries supérieures, nous retrouvons une influence évidente de l'excellent parti adopté pour la salle du théâtre du Cbàtelet, à Paris, par notre regretté confrère Davioud. Mais nous ne voulons pas entrer dans le détail de l'ornementation ; nous aurions trop à dire sur ce sujet. Bfieux vaut ne pas étudier cette salle en architecte et ne la considérer que comme auditeur. Son acoustique est excellente et, à ce titre, on doit se déclarer satisfait : ce n'est pas un petit éloge. Aussi pourrons-nous résumer notre opinion sur le théâtre de Vienne en disant que c'est une œuvre médiocre comme architecture, mais qui, en tant que dispositions spéciales, semble atteindre le but proposé'.
Nous ne saurions terminer cette étude de l'architecture â Vienne depuis une vingtaine d'années sans mentionner les travaux exécutés là> bas par quelqu^-uQS de nos compatriotes. C'est ainsi que M. Deslailleur vient de construire pour U. le baron Albert de Rothschild un h6tel important en style Louis XIV, sur la vote dite Uen Gasse, qui longe les jardins du palais Schwarzenberg et du palais du Belvédère. Plus près encore du Palais, M. Girette, qui fut & Paris un des meilleurs auxiliaires
1t juin 1868, Siccardsburg dont la santé était depuis longtemps ébranlée, moanit. Le chagrin de la perte de son ami d'enbnce, avec lequel il avait toujours collaboré, contribua à sa mort. Les arcbitectea G. Gugitz et J. Slorck furent cbargés de terminer les travaux de l'Opéra, qui fut inauguré le 95 mai 4869.
<l . La ventilation et le chauffage ii vapeur, disposés d'après le système du doclenr C. Bohm, sont particulièrement remarquables.
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de M. Garnier à l'Opéra, & coDslruit un hfttel considérable pour le baron Natbanielde Rothschild. Gomnieiicé en 1S72, cet hôtel est aujourd'hui terminé. En 1880, M. Girette en avait laissé l'achèvement aux soins de HH. Bauqué et Pio, qui avaient été jusque-là ses collaborateurs. Cet h6tel avec ses dépendances et les quelques verdures qui l'encadrent, occupe un rectangle de 23,000 mètres. Bien qu'en bordure sur There^num Gasse, il présente du câté du jardin sa principale façade en style Renaissance. A l'extrémité de la terrasse, qui lui sert de piédestal, s'élève une fontaine monumentale adossée, ornée de bas-reliefs et de figures d'enfants en pierre et d'un groupe central en bronze par M. Henri Cbapu *. Nous n'avons pas besoin de faire valoir l'œuvre de notre éminent statuaire, les croquis qu'il a bien voulu nous communiquer seront plus éloquents que toute description. Ce qu'ils ne disent pas, c'est l'excellence de l'effet généra], dont tout l'honneur revient au maître qui a composé lui^néme toute la partie ornementale de celte fontaine avec le concours du sculpteur Ghédeville, tout dernièrement, et bien jeune, enlevé par la mort àses travaux.
A l'intérieur de l'hôtel, les appartements sont nombreux et témoignent de tout l'éclectisme du propriétaire. Les quinze salons rappellent les différents styles français des xvii* et XTin* siècles et renferment, entre autres, de beaux fragments du ch&teau de Bercy. La grande salle à manger est décorée de quatre panneaux de Prud'hon et d'une frise du même peintre*.
La grande salle, destinée à recevoir les objets les plus précieux de la collection du baron Nathaniel de Rothschild, a 17 mètres de long sur 10 mèti'es de large. Elle est de style Renaissance'.
Tels sont, dans leur eusemble, les monuments, les constructions de toute sorte, qui ont renouvelé la physionomie de Vienne et ont constitué une nouvelle ville à côté de l'ancienne. Nous avons constaté de la part du gouvernement, de la municipalité, des particuliers, une stdte d'efforts considérables pour que les résultats fussent dignes de la capitale de l'empire. Tant d'efforts n'ont pas été vains, et la nouvelle ville offre à l'étranger une succession de monuments et de constructions grandioses d'un caractère très décoratif. Mais, en terminant, nous devons
4. A l'eitrémité des pelouses, le mâmeariULe a sculpté uo grand vaee oroemental d'un excellent effet perspectif.
1. Les cartons de ces panneaux et de cette Trise appartiennent actuellement à Hc le duc d'Aumaie.
3. En dehors de Vienne, MH. Bauqué et Pio élèvent en ee moment, pour M. N. de Rothsctiild, les nombreux bâtiments d'un vaste établissement horticole dont l'organiMtioQ sera, paralt<il, exceptionnelle.
nous demander si de cette grande accumulation d'édifices, érigés en une période de temps si restreinte, il ne devrait pas se dégager un aspect d'ensemble plus caractéristique de nos besoins et de nos aspirations modernes. C'est le Moyen âge, c'est la Renaissance, c'est le XTin* siècle qui out inspiré directement toutes ces formes. Dans deux ou trois cents ans, alors que le temps aura fait son œuvre d'harmonie, le voyageur à Vienne aura peine à distinguer les œuvres présentes de celles du passé ; la génération actuelle n'aura pas laissé sur son passage sa marque personnelle.