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h gauche, une ruine habilée; sur le devaol une cbarreU« et des paysans. L'ioflueDce des Flamands est très marquée, l'exécution est encore celle d'un habile décorateur, cherchant l'effet par les voies rapides et s'appuyant sur certains procédés de la facture do Teniers. On y reconnult peut-dire les dernières traces de ces habitudes de travail trop pressé, contractées par le jeune peintre lorsqu'il était employé chez un marchand de tableaux à ta grosse du Pont-Neuf. ■ On débitait dans ce teras-li, dit Gersaint, beaucoup de petits portraits et de sujets de dévotion aux marchands de province, qui les achetoient à la douzaine ou ï la grosse. Le peintre chez lequel il venait d'entrer étoit le plus achalandé... Il avoit quelquefois une douzaine de misérables élèves qn'il occupoit comme des manœuvres ; le seul mérite qu'il exigeeit de ses compagnons étoil la prompte exécution... Watteau avoit surtout le talent de rendre si bien son Saint Nicolas, qui éloit un saint qu'on demandoit souvent, qu'on le réservoil particuliërement pour lui : Je xçavoit, me dit-il un jour, mon saùU Nicolas par œw et je me pattois d'original. *
Watteau arrive à son véritable style, au genre qui l'a immortalisé, aux peintures de fàlea galantes, de divertissements champêtres, d'amoureux passe-temps avec un tableau du Nouveau Palais à Potsdam, tes Bergers^, dont la facture rappelle encore Teniers, notamment dans la ligure du vieux musicien, mais où le maître, quoique loin de son apogée, se révèle cependant tout entier avec ses qualités principales : liberté du desi-ia, puissance de la coloration, grâce exquise d'arrangement et auBÂ avec quelques défauts, maladresse de certains mouvements, type d'une convention trop accotée (la tète de femme au museau de sourit), et incurie de la paletle- Ce dernier défaut, qui a pu nuire â la conservation de plus d'une œuvre de Walteau, est relevé avec un eicès de sévérité par te comte de Caylus dans la Nolics si heureusement retrouvée par H. Ed. de GoDCOurt; < il éloit dans l'habitude, dit Caylus, quand il reprenoit un tableau, de le frotter indifféremment d'huile gra.'ise et de repeindre par-dessus. Cet avantage momentané a, par la suite, fait un tort considérable à ses tableaux; à quoi a encore twaucoup contribué une certaine malpropreté de pratique qui a dû faire tourner ses couleurs. Rarement il nettoïait sa palette et étoit souvent plusieurs jours sans la charger. Son pot d'buile grasse, dont il faisoit un si grand usage, étoit rempli d'ordure et de poussière et mêlé de toutes sortes de couleurs qui sortoient de ses pinceaux ï mesure qu'il tes y Irempoit. * Sans prendre au pied de la letire ce rode réquisitoire de Caylus contre ta palette de Walteau, on peut attribuer ii celle négligence, et plus encore ï l'usage de mauvais ingrédients, le lamentable étal da quelques-uns des beaux morceaux du maître.
L'Amour paisible (â l'Exposition) marqua une étape décisive ; il y a progrès partout : dans la conception même du sujet, les personnagaa n'étant plus des bergers de convention ou des comédiens jouant une scène amoureuse, maia hommes el femmes de bonne compagnie, en aimables costumes de fantaiiie, sans perruque ni poudre, s'abandonnant nonchalamment aux charmes de ta vie voluptueuse; progrès dans la gracieuse et juste expression des gestes, dans la fine individualité des tètes, de celle, entre autres, du beau joueur de luth, babillé de rose, qui pourrait Être un portrait idéalisé de Wallean lui-même encore jeune; progrès dans l'aisance fluide d'un pinceau habile è rendre loules les délicatesses des plis menus d'un léger laBetas de soie; progrès enfin dans un fond de parc lait du premier coup à larges traita, non sans un sou-