‹ Gazette des beaux-artsChapitre 4 sur 148 · EICORDO 109'. SUR LA DÉCORATION DE LA MAISON · texte numérisé non relu

EICORDO 109'. SUR LA DÉCORATION DE LA MAISON

Je sais qu'aocunes fois vous vous metlez à raisonner sar la Uçaa dont les seigoeurset lesgraods gentilshommes, riches, nohies el pompeux, pour ne pas dire gonflés de vent, se plaisent i décorer leurs palais, leurs maisons et surtout leurs salles et cabinets, d'ornements variés et dilTérents, i^hacuD suivant son humeur et sa r^nlaisie ; d'où vient que lea uns choisissent comme décoration des instruments de musique, orgues, clavecins, monocordes, [isatlér ions, dolcimeie, baldote' et autres semblables; les autres, des Inth^ des violes, violons, lyres, flûtes, cornets, trompettes, cornemuses, dianoni^, trombones et autres. Certes, je recommande cette décoration, parce que les instruments charment les oreilles et récréent les esprits; comme le dit Platon, ils rappellent l'harmonie qui naît des mouvements des corps céipstes. Davantage ils plaisent ani yeux, quand ils sont travaillés avec soin par la main de maîtres excellents et îdgénieui, tels que Loremo de Pavie ou Basliano de Vérone.

lia plus ancienne collection d'instruments dn musique que je connaisse est celle de Jacques Duchié, qui demeurait & Paris, rue des Protivaires, dans les premières années du xv* siècle. II avait dans son hôtel, dît Guillebert de Metz *, n une salle remplie de toutes manières d'instruments, harpes, orgues, vielles, guitpmes, psalterions et autres, desqueiz ledit maistre Jacques sçavoit jouer de tous i>. Du temps de Ludovic le More, les recueils de ce genre étaient très à la mode dans le Milanais. Le duc, grand mélomane comme on sait, il quaïe molto «t dUetiara del mono délia lira, fit venir à sa cour Léonard de Vinci pour l'entendre jouer de la lyre, et l'artiste apporta celle qu'il avait fabriquée lui-même : n Elle était d'argent pour une grande pariie, et de la Torme d'une tête de cheval, chose bizarre et nouvelle, pour donner au son plus d'éclat et de portée*». C'est encore à Milan que Gafori publie sa Practira tmitiiœ (1496) et son Harmonia musicorum instrumentorum, dédiée à Grolier (1518).

Les musées publics et les cabinets d'amateurs conservent quelques instruments de musique du xvr siècle, qui proviennent sans doute d'anciennes collections, comme la viole élégamment sculptée de mon ami le baron Davîllier, qu'il a léguée, je crois, au Conservatoire, et le violon de faïence de Palissy, spécimen unique appartenant à M. Alfred André.

Plusieurs instruments portent encore le nom du luthier qui les a fabriqués; Lorenzo de Pavie et Bastiano de Vérone me sont inconnus.

<. Le dotdmelo m'est inconnu : la baldosa est une sorte de rioloo. t. Dianone, probablement corde chasse.

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