Moulée au musée de Bruxelles
2, Cloquet, Quelques nouveaux documents sur l’art à Tournai, p. 15 (Extrait du Bull. de la Soc. hist. de Tournai) et Maeterlinck, Roger van der Weyden et les imagiers de Tournai, Mémoire couronné par l’Académie royale de Belgique, 1900), in-8°.
Et c’est là qu'il en faut venir, à cette constatation qui nous semble se dégager évidemment de notre étude : à savoir, le caractère profondément différent de la sculpture belge, telle que nous la montrent les monuments subsistants, et de la sculpture de l’école de Dijon. Dans le réalisme hésitant et terre à terre des imagiers de Tournai ou de Haekendover, rien ne se sent du lyrisme, exubérant dans sa vérilé profonde, d’un Jean de Marville ou d’un Claus Sluter; aucun morceau ne l’annonce en Belgique dans les monuments antérieurs, aucun n’y fait songer dans ceux qui sont contemporains. Les origines de l’école de Dijon, après notre enquête, nous apparaissent plus que Jamais comme une énigme, et les maitres du portail de la Chartreuse et du Puits de Moïse, comme isolés dans l’art du pays dont ils sont sortis. Et s'ils sont sans attache avec le passé, de même ils demeurent étrangers à la suite du développement de l’école de sculpture belge. Tandis que, rapidement, l’art de Dijon se répandait en France et qu à côté de l’art proprement francais dont la tradition se continua à travers tout le xv‘ siècle, il essaimait de toutes
a parts avec Jacques Morel, Le Moiturier et et à jant d'autres, les Belges continuaient leur
MILIEU DU XV° SIÈCLE métier de sculpture bourgeoise, sans se
soucier, semble-t-il, de ce qui se passait dans cette Bourgogne à laquelle ils étaient politiquement unis.
Ce n’est pas, à la vérité, qu'avec quelque recherche on ne trouve en Belgique certains morceaux du xv° siècle dans la manière dijonnaise. Le plus important est l’ancienne décoration du portail de la tour de l’hôtel de ville de Bruxelles, déposée nous ne savons pourquoi, et transportée au musée communal; et il est d'autant plus intéressant qu'il est moins pur de style et que les plus étranges disparales s’y rencontrent. L’exubérance des lourdes draperies de ces Prophètes est bien dijonnaise et l’acuité d'observation, la violence
(Musée communal, Bruxelles.)
1. Nous rappelons que M. Pit, dans l'introduction de son Cutalogue des sculptures du musée d'Amsterdam, paru tandis que ces articles s'imprimaient, en a proposé une solution : il estime que c’est en Allemagne et en Hollande que se trouveraient les origines de l’art de Sluter.
de vie qui éclate dans celui qui, les jambes croisées, l’écritoire au côté, écrit sur son phylactère, décèle un imagier élevé à la même école que les auteurs des pleurants de Dijon ou de Bourges; au contraire certaines têtes toutes traditionnelles semblent remonter jusqu à Beauneveu; le tailleur brabançon de ces figures ne s'était qu à moitié accommodé au style de Sluter et de Claus de Werve, et ses incertitudes expliquent sans doute la date tardive de son œuvre, car la première pierre de la tour qu'elle décorait ne fut pas posée avant 1443-1444", Quant aux autres morceaux, à ces soubassements de tombeau x en pierre de Tournai ornés de pleurants en demi-relief, comme