Rep. par Lagrange et Cloquet, t.I, p
». Rep. par Destrée, p. 168.
peintre. Certes, tous ces ouvrages, et l'on en pourrait citer bien d'autres, sont des morceaux charmants, infiniment gracieux et d'un art tout à fait aimable; seulement, à imiter les peintres, les imagiers perdent peu à peu le sens de la grande sculpture, — pour une Vierge certainement noble comme celle de Notre-Dame de Bruges, pour une Annonciation comme celle de la Madeleine de Tournai, pour des tombeaux comme ceux de Ferry de Gros et des Adorne à Saint-Jacques et à l’église de Jérusalem de Bruges, combien ne sont que de médiocres répliques! — et surtout ils négligent d'observer directement la nature. Bientôt, à la fin du xv° siècle, l'imagerie belge se réduira à peu près à la confection de ces retables, spécialité des « sainteries » de Bruxelles et d'Anvers, et si quelques maîtres excellents se rencontrent encore, tel un Jean Borreman, l’ingénieux sculpteur du Martyre de saint Georges (1493), tel l’auteur du retable de Claude de Villa, au musée de Bruxelles’ la plupart se contenteront de répéter des poncifs d'atelier. Ils les déformeront peu à peu, amollissant les uns, outrant les autres, d’ailleurs parfaitement stériles d’invention malgré leur merveilleuse adresse manuelle, Jusqu'à ce que l’italianisme, qui s’insinuait sourdement parmi eux, se révélât, et que leur art vieilli disparüt, emporté sans peine par l’académisme