RAYMOND KŒCHLIN
1. Voir sur les relables le chapitre excellent de M. Destrée. M. Henri Rousseau en à dressé la liste dans ses Notes pour servir à l’histoire de la sculpture en Belgique (Bulletin des commissions d'art et d’archéologie, 1890 à 1895).
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Es eslampes dont je vais parler sont généralement désignées par les marchands dans leurs ventes sous le nom de procédés sur verre. M. Frédéric Henriet, dans son catalogue de
l’œuvre de Ch. Daubigny, les appelle des clchés-glace, et M. Alfred Lebrun, dans son catalogue de l’œuvre de Millet, des héliographies sur verre. L'inventeur Barthélemy Pont, dans ses brevets, se servait des mots : autographies photographiques, héliotypie et les Artésiens, qui l'avaient devancé, disaient tout simplement : dessins sur verre pour photographie. Enfin, si l’on s’en rapportait aux décisions des congrès photographiques de 1889 et 1891, on devrait employer l’expression, Jusqu'à présent inusitée, de photocalques. Comme entre tous ces noms d’une même chose il faut bien en choisir un, je m’en iendrai au premier, qui me paraît, non le meilleur, mais le plus communément en usage. |
Voici en quoi consiste la chose elle-même : on prend une plaque de verre ou de glace sur laquelle on produit, non pas à l’aide de la chambre noire, mais à la main, un dessin par transparences et opacités, analogue à un négatif photographique, et l’on tire ensuite ce dessin sur papier sensible, exactement comme un cliché ordinaire.
On conçoit que les moyens d'obtenir de tels clichés artificiels soient très variés : le principe reste le même, mais les substances qu’on peut appliquer sur le verre sont sans nombre et la façon de les travailler comporte aussi toutes sortes de méthodes.
D. ef
Pratiquement, deux procédés ont été à peu près seuls employés, comme donnant les meilleurs résultats. Le premier consiste à couvrir la plaque de verre d'une couche absolument opaque qu’on raye ensuite avec une pointe comme le vernis d'eau-forte, de manière à mettre le verre à nu. On a soin de donner, autant que possible, à la
surface de cette couche une teinte blanche ou claire, et pour tra-
vailler la planche, on la pose sur une étoffe noire : par suite on voit apparaitre en noir tous les traits de pointe, exactement comme ils viendront sur l’épreuve. Pour le tirage de celle-c1, on place, si l’on veut, le papier sensible face à la couche opaque du cliché, et l’on obtient ainsi toutes les finesses précises du dessin; mais souvent aussi l’on retourne le cliché, le papier étant appliqué contre la face nue du verre, ce qui permet à la lumière d'irradier dans les tailles; ou bien on arrive au même résultat sans inverser l'image, en séparant le cliché du papier par une autre plaque de verre transparent, d'épaisseur appropriée. Les épreuves tirées de la première manière sont souvent un peu maigres. En effet, sur la surface inattaquable et polie du verre, la pointe ne laisse volontiers qu’une taille d'épaisseur constante et fine; on a beau l’émousser conveniblement, la tourner en travaillant, avoir même à sa disposition plusieurs pointes de grosseurs variées et en changer souvent, ces artifices ne sauraient donner l'équivalent des ressources que le eraveur à l’eau-forte trouve dans la morsure, ni de celles que le dessinateur à la plume tire du simple appuiement. En revanche les irradiations du jour à travers les tailles amènent des estompages très particuliers et presque toujours d’un effet heureux quand le cliché n’est pas trop chargé de travaux.
Je n'ai pas indiqué la nature de la couche opaque dont on couvre la glace. Des renseignements qui me sont fournis Je crois pouvoir induire que les opérateurs d'Arras, les premiers en date et, comme on va le voir, les seuls ou peu s’en faut qui nous intéressent, commencèrent par employer des plaques collodionnées puis développées après une exposition à la lumière. Mais une couche de collodion se prête assez mal au travail de la pointe : au lieu de se laisser rayer nettement, elle se déchire. C'est sans doute ce qui les amena à la remplacer par une couche d’encre d'imprimerie étendue au rouleau, puis saupoudrée de céruse afin d'avoir une surface blanche au lieu d’une surface noire.
= Un peu plus tard, et spontanément, on peut le croire, la même idée de faire des dessins sur verre pour les imprimer photographiquement vint aussi à l'esprit d’un sieur Barthélemy Pont, demeurant à Paris, qui prit pour cela un brevet le 28 novembre 1854, et y fit deux certificats d’addition, le dernier en date du 24 novembre 1855. Sa couche opaque était formée de collodion seulement, après l'avoir au début sensibilisée et développée comme les opérateurs artésiens, il finit par trouver un autre moyen de former dans l'épaisseur de la