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PREMIER ARTICLE

OCATI

C'est avec le même respect des registres qui reçurent la déclaration de sa venue au monde qu’il ajouta plus tard à ses prénoms de James Abbott le nom de sa mère : Mac Neill.

Whistler est né très probablement, le10 juillet 1834, à Lowell, Massachusetts, nous dit M. Th. Duret, son biographe habituel?, qui a pris sur ce point des informations minutieuses. Il est né aussi à Boston, mais il est né surtout à Baltimore. Car c'était le lieu de naissance qu'il s'était définitivement choisi et il admettait: que chacun avait parfaitement le droit de corriger ou de modifier son état civil.

Il était fils du major Whistler, ingénieur distingué, qui avait

1. À propos de l'exposition de l'œuvre du maître, qui s'ouvrira le 6 mai à

l'École des Beaux-Arts.

2, Th. Duret, Histoire de J. Mc N. Whistler et de son œuvre, Paris, Floury, 1904, in-40, — V. aussi, du même auteur, James Whistler (Gazette des Beaux-Arts,

débuté dans l’arme du génie ; il fut lui-même orienté dans la même voie et dirigé sur l’école de West-Point.

Cet esprit d'indépendance et de fantaisie dont nous venons de relever un premier témoignage ne lui permit guère, comme on pense, de s’accommoder de la discipline militaire. Il dut quitter l'École, comme il quitta ensuite le bureau de la Marine, à Washington, où, employé au service cartographique, il griffonnait des petits croquis dans le goût de Gavarni ou de Raffet sur les coins des planches qui lui étaient confiées.

Sa vocation étant indubitablement manifestée, il fut envoyé à Paris. C'était sur la fin de 1855.

Il entra à l'atelier de Gleyre, qui était alors, avec celui de Couture, le plus célèbre. C'était l’ancien atelier de Delaroche, qui passa ensuite à Gérôme. Whistler n’y fut pas un élève très assidu. Mais, à-cette époque de mœurs encore candides et primitives, il était toujours d'usage pour les jeunes peintres d'aller au Louvre. On ne craignait pas d'y tuer le germe de son originalité future et l’on avait la simplicité de croire qu’on ne pouvait mieux apprendre ou perfectionner son métier que devant les grands aïeux. On y voyait quotidiennement Bonvin, Manet, Bracquemond, Legros, Fantin, en ne parlant que de ces jeunes insurgés que les jurys officiels allaient mettre bientôt au ban de l’école. Pour la plupart d’entre eux, c'est au Louvre que la connaissance se fit. Fantin m'a raconté luimême comment il y connut Whistler. Il remarquait depuis quelque temps un jeune homme, de mise assez excentrique, la tête éveillée, ornée d’une belle et longue chevelure frisée et couverte d’un large chapeau plat, — telle que nous la montre son propre portrait', — qui allait et venait dans les galeries. Il était en train de le prendre en grippe. Un beau jour, tandis qu'il travaillait, le jeune homme au grand chapeau se campa tranquillement derrière son escabeau et marqua avec quelque chaleur son admiration pour la copie. On causa, on discuta, la connaissance fut vite faite et les deux jeunes gens devinrent bientôt les deux meilleurs amis du monde.

Cette liaison fut de quelque intérêt pour Fantin, à qui Whistler, aux heures difficiles des débuts, rendit d'utiles services ; elle fut de grande importance pour Whistler, en ce sens que cette amitié, qui fut longtemps une intimité absolue, eut une notable influence sur son talent en formation.

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