‹ Gazette du bon ton (volume 2)Chapitre 15 sur 40 · AN TE AU · texte numérisé non relu

AN TE AU

L y a des gens qui ont la hantise du bibelot ancien : théière, tabatière, pot à parfums, etc., etc. Moi, j'ai la hantise du manteau, aussi suis-je au comble de mes désirs, puisque, en cet automne tiède et clair, je ne vois de réellement attirant, dans toute la Mode, que les manteaux.

¥L m'a souvent pris l'idée de faire collection de manteau a Marthe fait collecti.

voyais assez, dans le charme des hautes Jean Lorrain baptisa * le Vestiaire du Souvenir * remplies de ce que j'avais aimé.

1T CI, la cape Louis XV, que nous portons cet hiver, en velours noir, son ampleur rattrapée au-dessous des genoux, et son capuchon simulé autour d'un empiècement rond, non plus gonflant de son relief des épaules que nous voulons de plus en plus dégagées.

J'y vois cette variété incroyable, et pourtant réelle, de gandourahs qui ne sont * ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre», de tous les tissus, de toutes les richesses possibles de broderies ou de fourrures inattendues.

de jouets, et je ;ul des années, le de verre que

I ES demi -manteaux y

grande place, parce que toutes les femmes les portent le jour comme le soir :

brodés à même d'une broderie mate sur un

tissu clair, c'est là ceux qu théâtres; mais les mêmes formes se retrouvent pour le jour, ou bien tout en fourrures, ou bien noirs en velours, avec garniture de putois ou de renard.

Les formes de longs châles, en soie brodée, en velours frappé ou uni, ont cela d'original qu'un rang de fronces les resserre au bas des reins ; d'où un mou vement de volant que ne connaissaient pas nos aïeules, dont ce fut pourtant l'unique vêtement.

Les demi -redingotes en broché d'or sur satin blanc, dont les manches sont formées par un rang de fronces passant au-dessus de la taille, seraient bien jolies à porter, mais

server derrière ma vitrine idéale !

1QANS un compartiment séparé, je garderais

eloppements douillets, spéciaux aux s de jour et aux circonstances plus simples, qui ne veulent que des tissus forts, mais souples à la fois, résistants à la pluie pour les chasses, confortables pour l'auto, et endurants à la poussière du train.

Q)U'ILS sont chic, tous ces derniers, et ^ comme ils caractériseront bien une époque de trépidation et d'occupation.

Les uns, constellés de poches grandes et petites qui ne se voient plus, perdues dans un tartan à mille raies ou à carreaux; les autres unis et clairs, sans autre ornement, que leurs piqûres, comme une livrée de voiture, mais dont la précieuse doublure de zibeline qui les enrichit fait d'eux des petites chambres chaudes!

If-TT les courts, très courts vêtements que nous connûmes, en velours et en soie, sous d'autres noms, et que l'on nous fait aujourd'hui, en fourrures, depuis l'hermine jusqu'à la zibeline en passant par tous les animaux possibles, voire le singe!

Ne croyez-vous pas qu'ils pourraient, eux aussi, avoir une place dans mon musée captivant, où nous aurions plus tard la vision des silhouettes sans hanches, avec ventres arrondis, des étranges femmes de 19 i3- 19 i4?

gl une fleur séchée, un ruban décoloré

éveillent en nous de lumineux souvenirs

auxquels nous sourions avec mélancolie,

avec quel doux plaisir nous nous rappel-

lerions les longues et amples redingotes tail-

dessus d'hommes, à basques ondulé maintenues par un leau de fourrure.

J7LLES marquer époque d< lution absolu dans l'esthétiqu féminine. Ces de leur apparition que date l'abandon total du corset et même de la ceinture. La fi en adoptant cette jaquette, a adopté du même coup d'être fork ou de paraître telle, sans détours; et dans les multitudes de jaquettes à pattes ou à plis, tées dans le dos ou descendues par une basque en sifflet, elle a décidé de paraître alanguie et sans nerfs, son joli corp:

visible sous la fine cheviotte... Ces tout cela que nous rediraient plus tard si nous les recueillions, toutes ces soie:

et ces broderies d'une société disparue dont elles garderont l'âme rutile et ch mante à la fois !

NADA

ndula

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