M. FRANÇOIS DE CUREL
Armes : d'azur au lion d'or, armé et lampassé de gueules. Parfois on ajoute : accosté à senestre d'un senestrochère de carnation tenant une balance d'argent et sortant d'une nuée au naturel, chargée d'une étoile d'argent.
Avec une discrétion que les sots prennent pour de l'indifférence, AI. de Ciirel porte le talent le pliu viril qui soit au théâtre et l'honneur d'un vieux nom, an titre parfaitement authentique.
C'est une histoire longue de huit siècles que celle de cette famille dépossédée de sa terre en 1248 et depuis lors attachée à la défense de son nom, à la conservation de l'honneur sauf, à ta protestation contre une famille riche et puissante, jusqu'au jour où une branche du vieil arbre refleurit dans la
richedde d'une alliance et Donne le /mil âavouréfix et rare D'un homme De génie.
Cent ans bannière, cent ans civière était un Dicton appliqué jaDid à la noblesse pauvre maid vraie Des province*) françaidej. Il /enroule Délicatement autour Du bel écu porté par le<> Curel.
Le fief De Curel, prié De Joinville en Champagne, jtir lej confina De l'ancien Duché De Bar, appartenait Dèd le XIII' jiecle à la famille qui en porte le nom « De temp.i immémorial ».
Aprèd la septième cro'uaDe, Gauthier De Curel revint avec un tel mal D'impécunio- ■tilé qu'il Dut venDre ja terre au dieur Delahaye, baron Dca Salled. De mainj en main.), château et nom payèrent au XVII' jiecle à une famille Hennequin, qui prit le nom par-Deddiu le marché et tinlqranD état.
Réfugiéj Dand un petit fief avec re'jiDence à GonDrecourt, en Barroid, le<> vra'u Curel ne négligèrent jama'u — et cela penDanl Des diècled — Défaire iiucrire Daiu lej actej et lej contrats : « ancien seigneur de Curel ».
En 1785, le 22 août exactement, la Cour Dej comptée et ayDej reconnut lej droite Des anciens deigneurd De Curel contre lej Hennequin Deveniu marqu'u D ' Hecquevilly, comtej De Villermont, comte j De Curel, grands louvelieré et coiueillerj D'Etat.
Entre tempj la ville De GonDrecourt avait été ruinée, effacée prejque, par lej guerreé. Jean De Curel et Deux De jedfild étaient mortj, tuéj à la guerre Danj le même combat. Un autre fild, Pierre, avait perDu jej biend et dej parchemiiu. Il vivait pauvrement maij noblement à Branvillerj. Pour lui et pour jonfild, en 1660 et 1722, le Duc De Lorraine Donna Dej lettred De « confirmation Dand da nobledde », avec preaved jujqu'à Gauthier De Curel, compagnon De Joinville.
La fortune De la maidon De Curel de releva verd la fin Du XVIII' diècle par l'alliance Du colonel Françotd De Curel avec Aille De Baillivy. En ijSo, lafamille acheta et redtaura un vieil hôtel a Metz et, le 11 juin 181g, le roi Louid XVIII conféra aux Curel le titre héréditaire De vicomte.
L'auteur Dramatique, non marié, chef De nom et D'armed, a Deux frèred et une jœur, /Time De Aloudlier. Pour ceux que l'hérédité intéredde, ajoutond que da granD'mere était née Lynam, D'une ancienne famille anglaide.
Led autred allianced Ded vra'u Curel Jont Daiu lej maidond De GonDrecourt, Dej Armo'uej, De Stainville, De Marley, De Sérocourt, De Tournid, De Cho'ueul, De Mitry, De Baillivy, De Faultrier, De Pinteville, De MonlgaillarD, De IVenDel, De Carrey, De JUoiulier. Tel ejt l 'arbre généalogique qui de reflète Dand le miroir Dejjieclej.
JeandeBONNEFON.
iviera... Riviera. .. Azur, palmiers-plumeaux, malades, anglais, allemands, italiens, baccara... Riviera, rêve des concierges et séjour de faux riches... Balcon de France ouvert sur l'Orient vermeil... Porte fleurie de l'Italie... Attrape-princes et gobe-grisettes créé pour Louis Blanc, Gunzbourg et Negresco, salut!... Salut de Cannes à Menton, de Boulouris à Vintimille... Voici venir chez vous l'aventure du monde, du demimonde et des hors-classe : grands-ducs ou pince-monseigneur.
Salut a Cannes couchée comme une chatte sur sa plage gomme-gutte où le polo met une tache d'émeraude, tachée elle-même par la flanelle blanche et la barbe classique du grand-duc Michel, par le norlfock grisaille de M. Pierre Lafitte rougissant aux politesses du russe, pinçant les lèvres lorsque M. Asquith réussit un plus beau lancé que lui.
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Salut au Cap où dramaturge Kistemaekers, à Antibes où mélodise Gustave Charpentier.
Salut à Nice, à Nizza-la-Bella, traîtresse comme une Italienne, chaude à midi, froide le soir... Nice où mourut Paul Déroulède, où rêve Maeterlink, où tangue tout Deauville, tout Biarritz et tout Munich.
Nice ! La «promenade des Anglais» et le champignon marin de la jetéepromenade, ornés de palmiers de zinc, modèle Samaritaine, et rappelant les bords les moins fleuris de notre Seine. Nice et le baccara., Nice et le casino...
Mais Nice a Negresco.
Ce qu'est Cornuché pour Deauville, Marquet pour Ostende, Boulant pour Biarritz; ce que fut Vatel pour la cour et Montjarret pour Félix I 01 , Negresco l'est pour Nice. Il a dressé dans l'azur bleu un palace de pierres blanches, à colonnades, à loggias, à vérandas. Comme le New-Métropolitan de New-York aménagea une piscine dans son hall, piscine où se trempèrent, avec les corps, les plus gros diamants du Nouveau-Monde, Negresco fit construire une rotonde, à l'architrave d'or et de marbre, aux colonnes accouplées, au péristyle noyé d'ombre, et toute dallée de mosaïque rose et ambrée, où tangue mieux que sur un transatlantique la belle société toute seule.
Sous le péristyle sont assis des noms, dont les per- V^ 3 " sonnes
daignent point sacrifier de leur dignité à la danse qu'ils ne suivent
que des yeux et du cœur. LL. AA. le prince et la princesse de Saxe- Mcinigen, sévères; le prince Fironz, plus sévère; la princesse Rospigliosi, multicolore et non moins élégante; le prince Paul Liwoff; le prince Nicolas Radziwill, amateur d'art et de plastique ; le prince Mourowsky, le prince Eristoff, le prince Bariatiiisky, les grands alliés ; une grande Française : la princesse de la Tour d'Auvergne ; un grand Français : le duc de la Trémoille; lord et lady Airedale, le comte et la comtesse d'Arlincourt, le
comte Paul Csekonics, le comte Zamoisky, la comtesse de la Garrie, lord et ladie Paget, le baron et la baronne de Radowitz, le marquis et la marquise de Dion, le baron Max de Goldschmidt-Rothschild, le baron et la baronne de Rœder, l'Honorable Lloyd George, très assuré; S. E. N. Raffalowich, S. E. N. Boulatzell, M. et Mme de Lesseps, MM. Deutscb de la Meurthe, Garros, René Barrier, Franck Jay Gould, Hennessy, Cinzano, Brodsky, Sgouta, de Montascheff (Joseph), Alexis Chadiroff, Albert Nahmias, S. S. Schoubine, Georges de Porto-Riche, René Fauchois, D. Sol, Pierre Kraemer-Taylor et toute la foule des anonymes.
Et dans le ring... plus encore; mais ne nommons personne sinon Louise Balthy qui met son nez dans les oreilles de son danseur, et la vieille comtesse de B... ses soixante-dix ans dans les bras de pauvres jeunes gens.
Et dans quels costumes danse-t-on ! . . .
Finie la Perse, finie la Chine. La mode est à Venise : tricornes sur chevelures poudrées, décolletés larges, tailles pincées; on revient au corset et aux épaules nues; mais sur ces épaules, un manteau. On danse en manteau!... Manteaux légers, de satin, et droits, sans empiècement; manteaux à la Chlorise, bouffant et en «revenez-y » ; manteau Vv^atteau, coupé court et de biais; le manteau de Lucile est plus vénitien : col haut pris bas derrière, et godets droits, tout noir; et, si on l'entr'ouvre, un galon noir et blanc: l'enterrement à Venise... du Luxembourg, quoi!
^ Mais voici Beaulieu où règne la baronne qui, jalousant les lauriers mouilles de Mme du Gast ou le ruban rouge de Mlle Dutrieu, pense noyer tout son cœur dans l'implacable bleue...
Le long de la Corniche d'Or, on tourne, on va, bouffant de la poussière, du pétrole et de la fleur d'oranger. Ce n'est pas l'auto qui monte ou qui descend, c'est la mer qui semble être un plateau mobile, tel on en vit dans les fêtes forâmes, et qui tourne sur un invisible et gigantesque pivot, qui tourne ; et c est sur terre, quand on va un peu vite, que l'on apprend le mal de mer. Enfin voici Monaco, La Condamine, Monte-Carie, perché sur son rocher comme un Monsalvat de l'or, Monte-Carie qui semble construit en cartonpâte rose et bleu, Monte-Carie et Gunzbourg, le tir aux pigeons, et l'autre pigeonnière : le casino...
Monte-Carie qu'on fuit lorsqu'on a pu le fuir, les roses de Menton, Menton et ses roses, des voiles rouges dans le ciel bleu, une langue musicale qui chante aux oreilles et les énerve comme un cri de cigale, un ciel plus bleu encore, et la pente : l'Italie...
Michel Georges-Michel.